‹ De la Blennorragie Chronique De la ProstateChapitre 14 sur 24 · A ER · texte numérisé non relu

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la stase veineuse et augmentation de la circulation artérielle ; résultats bien propres à aider la résorption des exsudats restant encore dans la glande. Ce second but que l’on s'efforce d'atteindre est obtenu, soit par des frictions rectales analogues à celles dont nous parlions plus haut, bien que moins énergiques, soit par l’électrisation, recommandée par Chéron et Moreau-Wolf, Tripier, etc...,et que l’on pratiquera à l’aide de l’appareil de Hogge, ou en se servant du doigtier de Fraundenberg. Cette méthode a l'inconvénient de nécessiter des instruments spéciaux et ne semble pas donner des résultats supérieurs à ceux que l’on peut obtenir par un massage bien fait. Pour cette raison, pensant qu'il faut toujours rechercher la plus grande simplicité, nous avons préféré le massage digital que nous avons pratiqué chez tous les malades dont nous rapportons plus loin les observations, et dont nous allons rapidement décrire le manuel opératoire. |

Le malade est placé sur une table « à quatre pattes » > il a les coudes appuyés sur le plan de la table et se baisse autant qu’il peut. Le médecin, après avoir protégé son index par un doigtier en caoutchouc qu’il enduit de vaseline boriquée ou d’une pommade analogue, l’introduit dans le rectum, la face palmaire en bas.

On commence alors les frictions en allant, comme nous l’avons dit, de la périphérie au centre, et en insistant particulièrement sur les points plus hypertrophiés et plus douloureux, ou plus indurés; l'énergie des frictions est limitée par la sensibilité de l’organe et l’intensité de la douleur témoignée par le malade. La durée du massage est d'environ trois ou quatre minutes; cette

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durée est toujours suffisante et d’ailleurs, augmentée, rendrait le massage insupportable. Cette pratique est, on le voit, des plus simples et ne nécessite aucune installation spéciale, pas plus qu'aucun des instruments qu’on a créés pour remplacer le doigt du chirurgien, et dont le plus connu est celui de Felecki.

L'indication première du traitement est remplie; il importe maintenant, en suivant toujours les données cliniques, de ne pas oublier l’urètre, dont l’inflammation accompagne toujours celle de la prostate.

Depuis longtemps, on s’est préoccupé de la façon de cautériser l’urètre postérieur chroniquement enflammé, proposant dans ce but des méthodes et des instrumentations diverses.

Les sels de cuivre, la potasse caustique eurent leur heure de succès; mais le nitrate d’argent s’est très rapidement acquis la préférence des cliniciens ; c’est suivant l’heureuse expression de Guyon « l’ami des muqueuses ».

Pour le porter au niveau de l’urètre postérieur, on eut d’abord recours à de longues bougies enduites de l’agent médicamenteux ; puis, à ce procédé évidemment primitif, succéda l'emploi d’une bougie près du bec de laquelle s’ouvrait une petite cavité destinée à renfermer le caustique que l’on portait exactement, pensait-on, au niveau du point malade. Chaque auteur se faisant un point d'honneur d’avoir son porte-caustiques, nous voyons successivement apparaître les modèles de Hunter, Mercier, Segalas, Lallemant. M. Rochet présente, le 7 mai 1894, à la Société nationale de Médecine, un nouveau porte-crayon permettant de porter le caustique

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dans tous les points-de l’urètre prostatique, sans crainte

- pour l'intégrité des parois du canal.

Malgré tous ces perfectionnements, l'emploi des caustiques solides n’est pas. d’un usage très répandu ; en 1867, Guyon a communiqué à la Société de chirurgie sa méthode de cautérisation directe de l'urètre postérieur par le nitrate d'argent liquide porté à ce niveau à l’aide de la sonde à boule olivaire, et la vogue immense qu’elle eut en ce moment persiste encore.

Ces instillations assurent, en effet, d’une façon aussi parfaite que possible, la cautérisation de l’urètre prostatique sans léser ses parois; des expériences pratiquées par Casper (1) sur des chiens et des lapins, il résulte que la solution de nitrate d'argent à 1/50 ne provoque pas dans l’urètre d’eschares, et qu'il ne se produit pas de modifications ayant pour résultat la rétraction cicatricielle de la muqueuse ou de la sousmuqueuse.

Le nitrate d'argent porté dans l’urètre postérieur agit peut-être aussi sur la prostate elle-même, car, ainsi que le fait remarquer Finger (2), le massage peut faire pénétrer l’instillation dans les orifices des canaux excréteurs de la prostate débarrassés des sécrétions qui les obstruaient. |

Les craintes inspirées par les instillations tant aux médecins qu'aux malades ne nous semblent donc pas très justifiées. Les résultats fâcheux qui ont pu suivre

(1) Casrer. — Monatsber. der Krankh. d. Harn und Sex Appar. 18098. vol. II

(2) FixGEr. Wiener medicin, Wochensch, 1895, p. 838,

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parfois l'emploi du nitrate d'argent paraissent surtout. imputables à des solutions trop concentrées. Quant aux douleurs, il est très facile de les supprimer en pratiquant, chez les malades nerveux ou timorés, l’anesthésie préalable à la cocaïne que l’on porte dans l’urètre prostatique de la même façon que le nitrate d'argent. On instille, par exemple, 2 centimètres cubes d’une solution de chlorhydrate de cocaïne à 1/100, et 3 ou 4 minutes après, on pratique l'instillation de nitrate d’argent de la façon suivante.

On utilise l’instrumentation bien simple et bien connue de Guyon. Une sonde à boule olivaire de calibre moyen (n° 15 ou 16) préalablement huilée est introduite dans Furètre et poussée doucementet lentement, jusqu’à ce que les doigts conducteurs perçoivent un léger ressaut ; la sonde est en place, la boule olivaire se trouve dans l’urètre prostatique. Au pavillon de la sonde, on adapte alors une seringue d’une contenance de 2 ou 4 centimètres cubes, que l’on a remplie d’une solution de nitrate d'argent ; le piston est progressivement enfoncé et l’urètre prostatique reçoit la quantité de caustique voulue. Ceci fait, on retire la sonde et on recommande au malade de rester au repos, couché si possible, et de n'uriner qu'après environ une demi-heure, à moins de douleur trop forte ; nous avons vu d’ailleurs le moyen d'empêcher ces douleurs.

Deux points sont à préciser : le titre de la solution de nitrate, et la quantité qui doit être instillée. Fréquemment on se sert d’une solution à 1/20, dont on instille quelques goutes, X à XII dans lurètre postérieur ; c'est cette manière de faire qui a certainement valu aux

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