‹ De la Blennorragie Chronique De la ProstateChapitre 5 sur 24 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique

Ce n’est qu’au début du xix® siècle que l’on commence à acquérir quelques notions sérieuses sur la prostatite chronique : au xvui° siècle, elle est à peu près totalement inconnue.

Ce n’est pas cependant que les auteurs plus anciens

.n’en aient fait aucune mention dans leur écrits ; dès le

xive et xv° siècle, dans les descriptions de la « maladie

vénérienne » on peut retrouver bien des signes des

urétro-cystites et des prostatites chroniques (Wood,Guy Chauliac, Paracelse) En 1643, Germain Usay, de Toulouse, dans son traité de la maladie vénérienne, émet l’idée qu’ « un ferment pénétrant dans le conduit de la verge peut pénétrer jusqu'aux prostates et parastrates et y causer une inflammation et acrimonie. » Mais toutes ces données ne sont que très vagues, car, à cette époque, on ne connaît pas encore la blennorragie

AU

que l’on confond avec la syphilis sous le titre commun de « maladie vénérienne. »

I faut arriver jusqu’à la fin du xvinr siècle pour voir, avec les travaux de Hunter, se débrouiller cette question jusque là si complexe. 24;

Au commencement du xix° siècle, Swediaur (1) étudie les divers liquides émis par le canal et distingue la prostatorrée de la spermatorrée.

En 1815, Lagneau étudie les complications de la blennorragie etfait une place importante aux prostatites.

En 1838, Verdier, dans sa thèse, étudie la prostatite chronique et le premier en établit l’anatomie pathologique, d’après un certain nombre d’autopsies ; mais certains des cas qu'il décrit semblent être plutôt des hypertrophies de la prostate, que de véritables prostatites chroniques.

Velpeau en 1842, Béraud en 1857, Civiale en 1858, répétent les descriptions de Verdier.

La forme aigué et l’abcès sont dans ces descriptions et dans les suivantes bien individualisées , mais la forme chronique n’est pas nettement attribuée à sa véritable cause, et rentre encore dans les manifestations des diathèses arthritique et scrofuleuse.

Malgré toutes ces publications, la question n’a cependant pas fait de grands progrès, si bien qu'en 1880, Campenon peut écrire dans le Dictionnaire de Jaccoud « L'histoire de la prostatite chronique est encore tout entière à faire. »

Cette histoire s'établit et se précise enfin sous

(1) SWEDIAUR, — Traité des maladies vénériennes, 1800.

l’influence de l’école de Guyon, en France, de Thompson, en Angleterre (1881) de Watson, en Amérique (1885), de Finger, en Allemagne (1883). L’anatomie pathologique, les symptômes, le diagnostic de la prostatite chronique sont d’ores et déjà bien connus; le traitement va dès lors attirer à peu près à lui seul l'attention des cliniciens qui s’occuperont de cette question.

Déjà quelques indications thérapeutiques avaient été données par Chéron et Moreau-Wolf (1), qui étudient le traitement par l'électricité, par Foltz (2), qui signale les bons résultats donnés par les lavements froids, par Diday qui pose les règles de la méthode des lavages.

Mais le véritable traitement rationnel est de date beaucoup plus récente. Thure-Brandt le premier en 1881 indique le massage de la prostate.

Le 17 mars 1892, Ebermann lit à la société de médecine de Saint-Pétersbourg une intéressante communication sur le massage de la prostate.

Schlifka (3), en 1893 rapporte 4 observations de malades atteints de prostatite chronique améliorés parce traitement.

Felecki (4), en 1895, publie un travail sur le traitement de la prostatite chronique par le massage ; Rosenberg (5) en 1896, écrit un article sur le même sujet.

En 1899, Aubry (6), fait une excellente thèse sur le

(1) Moreau-Wozr et CHÉRON. — Des services que peuvent rendre les courants électriques dans l’engorgement de la prostate, 1869.

(2) Fourz. —Lyon Médical, 1875.

(3) ScauirLKkA. — Wiener médicinische Wéchenschrifs, 1893.

(4) FeLeckr. — Centralblatt fin Harn und sex. Org. 1895.

(5) RoseNBeRG. — Centralblatt fin Harn und sex. Org. 18906. (6) Voir observations.

a Te.

massage de la prostate qu'il employe, ilest vrai, dans des “cas très différents (postatites subaigües et chroniques, hypertrophie de la prostate).

En 1900, au Congrès urologique, Hogge (de Liège) préconise le traitement de la prostatite chronique par le massage. Au même congrès, Castan (de Béziers) rapporte deux observations de prostatites chroniques guéries par ce traitement.

En 1901enfin, le Docteur Carle, (1) chef de clinique à l’Antiquaille pose d’une façon très précise les règles du traitement de la prostatite chronique par le massage de la prostate, '

(1) D' Carre. — Du traitement de la Goutte militaire. Lyon Médical 1°* et 8 décembre 1901,

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