‹ De La Blennorrhagie et de Son TraitementChapitre 10 sur 49 · DESCRIPTION · texte numérisé non relu

DESCRIPTION

La blennorrhagie est une maladie connue, à périodes et à complications bien décrites, et à plusieurs reprises exposées de main de maître. Ce n’est donc | pas une description complète que je veux tenter ici à nouveau.

Au point de vue du traitement et de Vappréciation des statistiques, il n’en est pas moins important de s’entendre sur certains points. [Il est entendu, il est classique de décrire à la blennorrhagie quatre périodes. Début, état, décroissance, chronicité lorsqu'il y a lieu.

Il est inutile d’essayer de fixer un nombre de jours réglé à chacune de ces périodes, et chacun à vu des chaudepisses coulant depuis deux jours, et qui déjà, par l’abondance de l’écoulement et par l'intensité des douleurs, en étaieni à la période d’acuité.

Il n’en est pas moins vrai, que j'ai vu des malades

dont la première goutte datait déjà de quatre jours

et chez lesquels, l’affection n’en était encoré qu'à l’état abortil.

.Ilest donc bon de s’entendre et de savoir ce que nous considérons comme le début de luréthrite blennorrhagique.

Diday décrit deux débuts à la maladie. Le premier, ne dure guère que quelques heures, c’est la période où l’écoulement est muqueux, non encore jaunâtre, à peine lui permet-il une légère teinte blanche. Il n’y à pas encore de douleur, pas même de sensation de chaleur en urinant! C’est la seule période où il consente à tenter l’abortion.

Puis, vient le second début ; l’urine commence à chauffer en passant, la verge semble plus pesante, et l'érection plus facile, écoulement est blanchâtre ou blanc jaunâtre, les lèvres du méat ne sont pas gonflées, mais rouges et luisantes, il est déjà trop tard.

Pour nous, le début de la maladie, sans tenir compte des jours, s’étend jusqu’au moment ou la sécrétion est jaunâtre et abondante, où les lèvres du méat sont gonflées, et où il y a déjà de la douleur en urinant. Jusqu'à ce moment, nous considérons que la maladie est dans sa phase de répression, dans sa phase passible de labortion. Cette période peut durer, un, deux, trois et même quatre jours, Mais

déjà le quatrième jour, il est bien rare que la maladie n’ait pas changé de période.

Le microscope peut encore nous rendre de grands services, et je crois que la description du pus blennorrhagique doit entrer pour un peu dans la description de la maladie. En ellet dans les premières heures de l’écoulement on ne trouvait dans la sécrétion que des cellules épithéliales, puis des globules de pus plus ou moins nombrëux mêlés aux cellules. C'est toujours le début.

Mais voilà que l'écoulement augmente considérablement,qu’il devient jaune et que le méat est gonflé, rouge et luisant. La fosse naviculaire est sensible au toucher et les urines causent une véritable cuisson. Le pus chatouillant les lèvres du méat amène de fréquentes demi-érections.

A ce moment si l’on examine le pus, On en voit les globules tassés les uns sur les autres, leurs noyaux sont si pressés, qu'on ne voit plus les limites des globules eux mêmes qui d’ailleurs, ont un proto- | plasma mal coloré. Les gonocoques se présentent comme des masses libres au milieu des noyaux, et il faut une grande habitude et une grande attention pour reconnaître qu'ils sont intra-cellulaires, (voir

fig. 111), et d’ailleurs un certain nombre sont libres

et proviennent de globules rompus, ceux-là sont en amas moins considérables.

C’est la période aiguë, la période d’ascension la plus difficile à guérir, et qu’il vaut mieux ne pas traiter immédiatement par les lavages. La maladie progresse ainsi, plus ou moins suivant les sujets et aussi suivant l'édition de la maladie, une première atteinte étant toujours plus douloureuse que les suivantes. #

Puis vers le quinzième ou le vingt-unième jour le malade s’aperçoit qu’il a moins de douleurs en urinant et surtout que la nuit a été plus calme et moins troublée parles érections, le mieux est peu sensible mais le malade le perçoit quand même.

C’est le moment ou un repos absolu, et quelques bains, auront le plus d'influence sur l'amélioration de tous les symptômes. En quelques jours, mais irrégulièrement, les symptômes s’amendent. C’est la période aiguë encore, mais la période aiguë descendante. L’écoulement est abondant, les douleurs vives, les érections fatiguantes, mais chacun de ces symptômes est moins fort que les jours précédents.

C’est à ce moment qu’on peut faire le traitement de la période aiguë avec plus de chance de succès

et dont j'ai donné plus loin le tableau,

Que doit-on comprendre par période sub aiguë.

Ce n’est pas pour nous la cessation de toute douleur

et la presque disparition de l’écoulement. Sans doute à cette période la guérison est facile, mais on peut aussi considérer que la maladie est subaiguë, lorsque écoulement est redevenu jaune clair ou blanc jaunâtre, lorsque la douleur de la miction est considérablement diminuée et n’est plutôt plus qu’une gène, lorsque les nuits se passent presque sans érection, ou qu’en tout cas ces érections cessent facilement et n’ont pas la persistance désespérante des jours précédents. Quand ces symptômes sont établis depuis quelques jours, on peut sans crainte entreprendre le traitement de la période subaigue.

A ce moment les noyaux sont moins nombreux dans les globules de pus, le protoplasma se colore plus facilement et les gonocoques moins nombreux sont plus franchement intra-cellulaires.

Quand depuis des semaines il n’y a plus de douleur et presque plus d’écoulement, la maladie est chronique.

On a fait ici des catégories spéciaies, on dit suivant l’abondance de l’écoulement,qu’il y a ou chaudepisse chronique, ou goutte militaire ou suintement, et

lon semble considérer ces choses comme différentes.

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[ci encore, le microscope doit dire le dernier mot, et ce n’est pas sur la quantité plus ou moins grande de sécrétion que doivent se baser le diagnostic et la description, mais bien sur sa constitution bactéorologique. Si petite que soit la quantité d'écoulement; si la sécrétion renterme des gonocoques, il faut dire qu'il ya blennorrhagie et traiter en conséquence.

S'il n’y a que des microbes secondaires avec des globules de pus, c’est à une uréthrite secondaire que l’on a afaire.

S'il n’y a au contraire que des cellules épithéliales rares, du mucus formant traînées dans le champ microscopique, 1l est clair, qu’il n’y a là qu’un étatanormal, mais aseptique aussi, qui relève d’autres causes que de l'infection et dont le traitement n’entre pas

dans le cadre de cette thèse.

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