AVANT-PROPOS
La blennorrhagie est peut-être la plus fréquente -de toutes les maladies ; et le nombre de publications qui la concernent est immense. Dans les dernières, qui sont déjà nombreuses, on a agité et traité la question des lavages antiseptiques.
Cela n’a pas suffi à nous décourager du choix de notre sujet. Bien au contraire, nous en avons été comme entraîné à exposer de nouveau cette question qui nous a toujours intéressé et que nous avons étudiée avec la plus grande attention dans le cours de nos études spéciales.
De naissance encore récente, la question bactériologique a pris un énorme développement sous leffort de travailleurs ardents, tant en France qu’à l’étranger. Certains points, qui à un moment parurent élucidés, sont redevenus douteux par de nouvelles recherches. Nous avons exposé cette question dans son ensemble parce qu’elle possède avec le traitement un rapport intime. Pendant qu’on s’acharnait à
la question bactériologique, le traitement qui en
découle naturellement, était négligé et relégué à un plan secondaire.
Ici même, à Paris, dans les différents services hos- pitaliers, on confie aux infirmiers le soin de faire les lavages, quand ce n’est pas aux malades eux-mêmes qu’on s’en rapporte. Les malades, d’une classe tout à fait inférieure, ne peuvent être suivis, et 1l en résulte un certain relâchement dans lattention qu’on devrait porter au traitement et surtout dans sa mise en pratique.
Aussi les résultats sont-ils peu satisfaisants et voyons-nous tous les jours nombre de malades arriver à Necker avec un écoulement devenu chronique après avoir subi, dans d’autres services, de nombreux lavages antiseptiques. Nous ne parlons pas de ceux qui viennent à la suite d’autres traitements.
Avons-nous besoin de dire que nos résultats sont tout différents, et qu’ils tiennent à certaines manières de procéder, à certaines règles, surtout, qui doivent nous guider dans la conduite du traitement, et que nous nous sommes efforcé d'exposer ici ?
C’est là ce qui nous a conduit à publier ce travail que nous avons fait avec tout le soin dont nous sommes capable et qui, nous l’espérons, pourra être
utile ; c’est là notre vœu le plus cher.
Avant de commencer ce travail, qu’il nous soit permis de dire: qu’étranger sur cette terre de France qui fut celle de nos pères, nous avons senti plus vivement encore les marques d’intérêt que nous avons reçues. Et nous sommes heureux de profiter de cette occasion pour témoigner de notre reconnaissance envers cette faculté de Paris, pour les connais-
sances que nous lui devrons.
Nous avons souvent profité d’une manière anonyme, des enseignements des meilleurs maîtres ;
leurs noms ne seront pas oubliés.
Mais si notre gratitude est acquise à tous nos maîtres, notre reconnaissance s’adresse plus particulièrement à ceux que nous avons le mieux connus
M. le docteur Reclus, qui nous à guidé dans nos études de clinique chirurgicale et qui durant tout le temps de notre séjour à Paris nous a toujours témoigné un intérêt sincère, sera l’objet de notre recon-
naissance éternelle.
M. le professeur Guyon qui nous a offert avec tant d’obligeance les richesses de son service et nous a donné toutes les facilités d’y travailler ; qui durant nos études spéciales s’est efforcé de nous Inculquer
l'esprit méthodique et scientifique qui le caracté-
sent a droit à toute notre reconnaissance et nous sommes heureux de lui en offrir le témoignage.
M. le docteur Péan s’est toujours montré heureux .de nous être utile et nous avons trouvé en lui un maître sympathique autant que précieux ; qu’il soit assuré de nos meilleurs sentiments de reconnais-
sance.
M. le docteur Janet a bien voulu nous guider dans
nos travaux de la clinique de Necker et nous a donné ses dernières observations inédites ; nous sommes heureux de lui offrir nos remerciements sincères ainsi qu'à M. le docteur Hallé pour les conseils qu’il nous a donnés et pour la gracieuseté avec laquelle il a mis son laboratoire à notre disposition.
Que M. le professeur Guyon accepte nos remercie ments sincères pour l'honneur qu’il nous a fait en
acceptant la présidence de cette thèse.