Amodru. Thèse Paris
EXPÉRIENCE. IT. — Une solution de prussiate de potasse est injectée dans la bourse séreuse rétro-olécrànienne droite d’un cadavre (adulte masculin, 50 ans environ, bourse séreuse rétro-olécrânienne, très développée, pas d’épaississement ni de proliférations morbides dans la cavité). Cinq minutes après l'injection le contact avec le perchlorure de fer produit la teinte bleue caractéristique.
FxPÉRIENCE [V.— Une solution de prussiate de potasse est injectée dans la bourse séreuse rétro-olécrânienne gauche du même cadavre.
On touch: immédiatement avec du perchlorure de fer ; la teinte bleue ne se produit pas. Au bout d’une minute, teinte azurée presque imperceptible. Au bout de deux minutes la teinte est très nette.
ExPÉRIENCE V. — Une solulion d'acide acétique au 1/10 est injectee dans la bourse séreuse rélro-olécrâänienne droite d’un cadavre (sexe masculin, adulle, bourse séreuse bien développée, saine). Au boul de cinq minutes on touche la paroi externe avec de la teinture de Tournesol qui rougit immcdiatement.
ExP£RIENCE VI. — Dans la bourse séreuse rétro-olécrânienne gauche du même cadavre, on injecte de la teinture d'iode. On applique sur la paroi externe de la bourse séreuse un fragment d’amidon.
Au bout de huit minutes le fragment d’amidon présente la teinte bleue caractéristique de l’action de l’iode sur l’amidon.
Expérience VII. — Une solution ammoniacale de car-
min, 60 grammes, est injectée dans le Lissu cellulaire sous-
CODES cutané de la région postérieure du coude, à cinq centimètres au dessus de l'insertion tricipitale, sur un sujet masculin, 40 ans.
Le lendemain, ouverture de la bourse séreuse rétroolécrânienne. Le tissu cellulaire environnant est coloré en rouge, et la bourse séreuse rétro-olécrânienne l’est également.
À l’inlérieure de la bourse séreuse rétro-olécrânienne une petite quantité de liquide rouge.
Rien dans l'articulation du coude.
De ce qui précède, nous croyons pouvoir conclure que la bourse séreuse est perméable aux liquides, venant du dehors vers sa cavilé, où allant de sa cavité vers le dehors.
On pourrait expliquer ainsi la facilité avec laquelle la suppuration de la bourse séreuse rélro-olécrânienue est suivie de phlegmon du membre.
On pourrait se rendre compte aussi du fait singulier suivant dont nous devons la communication à M. le D' Félizet (1), médecin de l'hôpital Tenon :
Un vieillard, tombe sur le moignon de l’ésaule et se fait une fracture du col chirurgical de l’humérus : abolition des mouvements volontaires du bras, dépression au dessous de l’acromion, crépitalion étendue et manifeste ; pas d’ecchymose.
Le coud: n’a pas été contus ; il ne présente ni ecch yrose, ni douleur, ni gonflement.
1. L'obsrvation n’a pas été retrouvée et nous sommes obligés de nous bo ner à donner la communication orale que nous devons à l’obligeance de M. le Dr Félizet,
Réduction de la fracture, écharpe fixant le bras au tronc et soulevant légèrement le coude.
Le lendemain ecchymose à la partie interne du bras.
Les jours suivants, l'ecchymose est très étendue et a envahi les parties antérieure, interne et postérieure du bras. |
Quinze jours après l’accident l’ecchymose du bras a à peu près disparu; l’avant-bras est à son tour ecchymosé, mais à la partie postérieure du coude, au niveau de la face postérieure de l'olécrâne, une tumeur arrondie, fluctuante, indolore, spontanément, peu douloureuse à la pression, occupe exactement le siège de la bourse séreuse rétro-olécrânienne.
Cette tumeur atteint le volume d’une noix. L’articulation du coude n’est pas douloureuse.
Le coude n'ayant pas été contus, il n’y a que la fracture et l’ecchymose consécutive qui puisse être la cause de cet épanchement dans la bourse séreuse rétro-olécrânienne.
Nous pensons que le sang épanché au milieu du tissu. cellulaire, dans toute l’élendue de l’ecchymose, a fourni, par lrangsudation sa partie la plus liquide, qui a passé à travers les parois de la bourse séreuse rétro-olécrânienne.
Ce liquide a peut-être légèrement irrité la bourse séreuse rétro-olécrânienne qui à son tour a fourni un épanchement séreux, ce qui explique la douleur légère à la pression que présentait la bourse. N°: serail-ce pas quel-que chose d’analogue aux arthrites traumatiques du genou survenant à à suite de fractures du fémur, et que
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Berger et Gosselin expliquent aussi par une irritation de la synoviale, due au sang épanché, et infiltré dans la cavité arliculaire ?
Dans notre cas le cal était déjà formé, que l’épanchement de la bourse séreuse rétro-olécrânienne n’avait pas encore disparu complètement. |
Ce fait nous a paru fort intéressant au point de vue physiologique, car il tend à prouver la perméabilité de la bourse séreuse rétro-olécrânienne aux liquides, au point de vue pathologique, car il offre une complication curieuse des fractures de l’humérus, une bursite rétroolécrânienne séreuse, par traumatisme à distance.
Perméable aux liquides, la bourse séreuse rétro-olécrânienne ne semble pas chose bizarre, très perméable aux gaz.
L'air semble assez lenlement absorbé par elle. Des bourses séreuses rétro-olécrâäniennes que nous avions insufflées étaient retrouvées par nous, le lendemain, pleines d’air et paraissaient offrir un volume presque égal à celui de la veille. Nous avons répété l’expérience avec du gaz à éclairage. Celui-ci nous a paru absorbé plus lentement encore.
VII. — Régénération de la bourse séreuse rétro-olécränienne. — Velpeau semble avoir été le premier à démontrer qu’une cavité close, ayant élé supprimée par soudure de ses parois, finira par se reproduire si les organes voisins jouissent d'assez de mobilité pour continuer leurs mouvements. Il a vu des exemples de régénération de la
bourse séreuse rétro-olécrânienne (1). « Qu’une mala-