Lacoste (loco citato
4, Martin. Th. Paris, 1885, p. 7 el suiv.
sent inaperçues et amènent pourtant la suppuration des bourses séreuses.
Il y a évidemment des cas dans lesquels les Iymphangites ne se manifestent pas d'une façon éclatante et peuvent cependant porter un principe septique à une distance plus ou moins éloignée de son point de départ.
Le fait est incontestable pour certaines adénites. A la suite d’une piqüre d’un doigt survient parfois une adénite axillaire sans aucun signe révélant la lymphangite intermédiaire. Ce qui se passe pour les ganglions peut se passer, sans doute, pour la bourse séreuse rétro-olécrânienne (1).
D'autre part, nous voyons dans une observation de Lacosle (2) se produire plusieurs petits abcès le long du cubitus, là où nous avons pu constater dans nos dissections de nombreuses lacunes de tissu cellulaire, arrivant chez quelques sujets à une dimension presque suffisante pour qu'on puisse leur donner le nom de bourses séreuses. | |
Si l’on peut rééditer une jolie comparaison de M. le: professeur Panas, nous dirons que la trainée lymphangitique est une traînée de poudre, reliant entre elles plusieurs poudrières, qui sont les minuscules bourses séreuses, et arrivant enfin à la poudrière centrale, qui est
la bourse séreuse rétro-olécrânienne.
{. Chassaignac. Traité de la suppural Observalion, p.538. 3. Lacoste. Th. Paris, 1883, p. 50.
Ogservarion VIT (inédite).
Nous avons eu l’occasion d'observer à l'hôpital Cochin, au cours de la consultation publique (service du D' Th. Anger), le cas d’une fillette de 4 ans environ, qui Vaccinée aux deux bras, audessous et un peu en arrière de l'insertion inférieure du deltoïde, présenta au coude droit en arrièré de l’olécrâne une tumeur pour laquelle sa mère la conduisit à la consultation de l'hôpital Cochin, afin d’être renseignée sur la nature et le degré de gravité de cette affection.
La tumeur, du volume d’une noisette, rouge, chaude, douloureuse, fluctuante, ressemblait absolument à un abcès et siégeait manifestement dans la bourse séreuse rétro-olécrânienne. Les trois petites plaies faites par la lancette du vaccinateur étaient douloureuses, entourées d’une large auréole, rouge, légèrement saillante, et semblaient assez vivement enflammées. Les ganglions axillaires étaient tuméfiés. On ne voyait pas de traînées lymphangitiques, nettement dessinées, aller des piqûres vaccinales à J’aisselle ni au coude.
Mais entre les petites plaies et la bourse séreuse rétro-olécrânienne les téguments étaient rouges d’une façon uniforme.
Le membre n’était pas très gonflé, mais était chaud, et sensible à la pression.
Les piqûres du bras opposé otfraient le même aspect ; les ganglions axillaires de ce côté étaient également gonflés, mais la bourse séreuse rétro-olécrânienne gauche était indemne.
Etat général. — Malaise, agitation, courbature, fièvre.
Sur le refus de la mère de laisser l’enfant à l'hôpital, la tumeur est largement ouverte au bistouri, avec toutes les précautions
antiseptiques ; il en sort du pus en petite quantité, et un peu de
sang, provenant de la section des petits vaisseaux de la parol enflammée.
Lavage à l'eau phéniquée de la cavité.
Pansement humide.
L'enfant est ramenée le lendemain dans la salle. La nuit a été bonne : l'enfant a dormi ; le bras n’est plus douloureux ni chaud ; plus de fièvre.
Le pansement est renouvelé.
L'enfant revient deux jours après.
La plaie est cicatrisée. Pansement sec.
Les piqûres vaccinales sont desséchées et couvertes d’une croûte noirâtre.
Les ganglions axillaires ne sont plus tuméfiés.
Cette observation nous a semblé intéressante, parce qu'elle présente un cas de lymphangite descendante ou récurrente ; les lymphatiques se sont enflammés entre la plaie et la bourse séreuse rétro-olécrânienne, tandis qu’ils ont été peu atteints entre la plaie et les ganglions axillaires. Ceux-ci cependant se sont tuméfiés et étaient légèrement douloureux.
Dans l'observation de Vilcoq dont nous donnous l’analyse au chapitre bursite pyohémique, nous voyons également une bourse séreuse rétro-olécrânienne s’enflammer à la suite d’une vaccination, mais, dans ce cas, l'affection élait généralisée, car il y eut des abcès multiples dans divers points du corps.
Si nous passons aux Cas de lymphangite consécutive à une inflammation de la bourse séreuse rétro-olécrânienne nous en trouvons un cas remarquable dans l’observalion suivante :
ù Ogservarion VIII
(Péan, Lec. clin. chir., 1890, p. 490).
Hygroma olécrânien droit suppuré ; poussées répétées de lymphan-
gite tronculaire. Guérison.
B..., 52 ans, corroyeur, entre le 28 octobre 1882, salle Sainte- Marthe, n. 6. Hygroma professionnel au coude droit, celui-ci portant sur un instrument dont se servent les corroyeurs.
Deux ou trois fois déjà il a eu à ce niveau des poussées aiguës qui se sont terminées par résolution. Huit jours avant son entrée à l'hôpital il se fait une nouvelle poussée.
État actuel. — Tuméfaction considérable de la région ; la peau est chaude et rouge, très douloureuse ; l'enflure occupe une partie de l’avant-bras et du bras. Incision cruciale : issue du pus. On panse à l’eau phéniquée ; élévation; compression oualée.
A trois reprises il se fait des poussées de lymphangite le long du bord interne du bras jusqu'aux ganglions de l’aisselle ; chaque fois il y a ua peu de fièvre, et après chaque poussée la résolution n’est pas complète, # reste un cylindre dur et douloureux le long des troncs lymphatiques.
10 novembre. — Poussée plus forte que les autres; 1l semble qu’il va s’y faire un abcès, frictions à l'onguent napolitain.
25, — Amélioration, diminution de la tuméfaction : il resta un cordon induré du volume du petit doigt qui ne remonte pas tout à fait jusqu’à l’aisselle.
28, — Le cordon n'a plus que le volume d’une grosse plume.
30. — Il a disparu complètement, el le 2 décembre, le malade, guéri, part pour Vincennes.
Intéressant par la répétition de ces poussées de lymphangites qui occupent les troncs, et laissant après elles des indurations à
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résolution lente. Il est difficile d’en donner la cause. La plaie du coude marchait normalement et ne présentait rien de spécial.
Le malade n’était ni diabétique ni albuminurique. Comme phénomènes pathologiques concomitants il ne présentait que quelques signes d’alcoolisme et des symptômes de tuberculose pulmonaire en voie d'évolution (petits craquements au sommet droit).
Parfois, auprès de l’hygroma suppuré, il se forme nn autre abcès, sans qu’il y ait pour cela phlegmon, ni lymphangite proprement dite : dans un point voisin de l’hygroma le tissu cellulaire suppure à son tour, et l’on a, à côté l’un de l’autre, deux abcès, pour ainsi dire, ne communiquant pas l’un avec l’autre, particularité dont il faut se préoccuper pour le traitement.
Lamourdedieu (loco citato, p.25), donne une observation dans laquelle il se produisit un deuxième abcès (1). |
Ce deuxième abcès, apparu au-dessous de l’hygroma suppuré primitif, nous semble devoir être localisé dans la petite bourse séreuse, presque constante, située au-dessous de la bourse séreuse sous-cutanée rétro-olécrânienne, et communiquant parfois avec celle-ci par une ouverture plus ou moins large, parfois
en étant complètement isolée par une couche de tissu cellulaire.
3 Bursites Diathésiques.
BURSITE RHUMATISMALE,
Gooch, Camper, Bell, Monro, Herwig, Rosenmuller, Koch, Brodie, J, Cloquet, Huberson, Bielkiewicz, Bérard et Denonvilliers, Kœberlé, Chassaigna: (2), Pineau