Péan. Leg. clin. chir., p
2, Nélaton, Chassaignac (loco citato). — Jamain et Terrier, Pathol. chirurg. — Pineau. Th. Paris, 1866, n. 117. — Lacoste. Th. Paris, 1883. — Lamourdedieu. Th. Montpellier, 1868, p. 20,21 et suiv. « De Phygroma ». —Turrel. Th. Paris, 1844, n. 71,p. 17. « De l’Angéioleucite ». — Péan. Clin. chir. 1890, p. 490.
Delora 16
Nous avons eu nous-même l’occasion d'observer un cas de bursite rétro-olécrânienne, à la suite d’une vaccination qui avait amené une lymphangite descendante, ou
récurrente (1).
Tous ces auteurs ont constaté des rapports très nets entre l’inflammation de la bourse séreuse rétro-olécrànienne et celle des lymphatiques.
L'inflammation simple de la bourse séreuse rétroolécrânienne donne lieu à une Iymphangite qui évolue indépendamment de l’affection qui l'a amenée, et inversement, souvent une lymphangite du bras ou de lavantbras amène une suppuration d’une bourse séreuse rétroolécrânienne. :
1. — Lymphangite à la suite de bursite rétro-olécränienne. — Sous l'influence d'un état général mauvais, alcoolique, diabétique, une inflammation de la bourse séreuse rétroolécrânienne, qui serait de peu d'importance chez tout autre, donnera lieu à de la suppuration, presque toujours avec symptômes généraux (frisson, céphalalgie, température, langue sèche, courbature, malaise), parfois sourdement, et l'ouverture de la poche seule apprendra seulement la nature purulente du contenu.
Il en sera de même chez un porteur de bourse séreuse rétro-olécrânienne enflammée chroniquement. Même dans ce cas les causes pourront encore être plus légères
(Pineau).
1. Nous classons la bursite furonculaire dans la bursite lymphangitique. De l’avis de Chassaignac le furoncle est seulement le point
de départ de la Iymphangite.
Souvent alors survient une lymphangite des vaisseaux lymphaliques en communication avec la bourse séreuse rétro-olécrânienne enflammée.
La bourse séreuse rétro-olécränienne devient le point de départ de traïînées lymphangitiques, Soit ascendante, soit descendante (récurrente de Velpeau).
Ce phénomène n’a rien d'étonnant, la bourse séreuse rétro-olécrânienne n'étant, à vrai dire, qu’une cavité lymphatique.
Dans le cas de lymphangite ascendante les réseaux de la partie inférieure du membre restent indemnes, la peau devient normale ; l’avant-bras ne présente aucune augmentation de volume.
Le bras, en revanche, offre des traïînées rouges, parfois très peu accentuées, parfois nombreuses et larges, montant jusqu’au niveau de l'insertion du V deltoïdien. On ne suit pas d'ordinaire les cordons lymphatiques augmentés de volume. Les ganglions de l’aisselle grossissent et deviennent douloureux. 2
Ces traînées lymphangitiques et ces ganglions ne suppurent pas d'ordinaire. Ils le font par exception.-Lorsqu'on ouvre la bourse séreuse rétro-olécrânienne suppurée les symptômes de lymphangile disparaissent. Si le pus ne s’est pas encore formé dans la bourse, et qu’il ne doive pas se former, la lymphangite peut même disparaitre en même temps que la bursite et sans que la cavité soit ouverle.
Dans cette variété les Iymphatiques profonds sont rarement pris. C’est pourquoi on n’a pas la sensation de cordons durs et qu’il n'y a pas d'abcès en chapelets, qui sur-
vieunent fréquemment lorsque le tissu cellulaire participe à l’inflammation.
Par exception, les gros troncs lymphatiques peuvent être pris (Obs. Péan n. VII p. 125).
Une inflammation de la bourse séreuse rétro-olécrâänienne peut aussi être le point de départ d’une Iymphangite descendante ou récurrente (Velpeau).
IT. —— Bursite rétro-olécrânienne à la suite de lymphangite. — Toule inflammation des téguments du membre supérieur peut amener une bursite rétro-olécränienne suppurée. Pariois cette suppuration de la bourse séreuse rétro-olécrânienne succédera directement à la lymphangile, parfois elle sera précédée d’abcès, qui se seront formés sur le trajet des lymphaiiques.
Lorsque la suppuration ne se produit que dans la bourse séreuse rélro-olécrânienne, il y a peu de symplômes qui indiquent cette manifestation morbide. La bourse séreuse rétro-olécrânienne augmente de volume, se gonfle, prend une forme ovoïde, de la grosseur d’un œuf de pigeon; elle est douloureuse à Ja pression. La peau à ce niveau est rouge.
Il se produit parfois des phénomènes généraux (malaise, céphalalgie, courbature, fièvre, langue sèche).
Comment, par quel mécanisme, l’inflammation de la bourse séreuse rétro-olécrânienne se produit-elle à la suite de lymphangite ?
On peut faire trois hypothèses :
1° Il y a propagation directe de l’inflammation des vaisseaux lymphatiques à la bourse séreuse rétro-olécrânienne, dans laquelle ils s'aboucheraient.
AA 2° Ou bien la périlymphangite se propagerait à la bourse séreuse rétro-olécrânienne à travers la paroi celluleuse qui l'entoure, par voisinage, par contiguité. La périlymphangite peut s'étendre et arriver jusqu’à la bourse séreuse rétro-olécrânienne, qui n’est en somme qu’une vaste lacune siluée au milieu du tissu cellulaire. 3° Ou bien un abcès lymphatique se produirait dans le voisinage de la bourse séreuse rétro-olécrânienne, et s'ouvrirait dans sa cavité (1).
Dans la plupart des cas, c’est à la suite de lymphangite réticulaire que se produisent les bursites rétro-olécrâniennes lymphangitiques. Elles peuvent aussi se produire à la suite de iymphangite profonde.
Ces lymphangites superficielles ou profondes que l’on voit suivies bientôt d'une suppuration de la bourse. séreuse rétro-olécränienne, surviennent généralement à la suite d’une excoriation, d'une blessure de la main ou de l'avant-bras ou même du bras. Elle peuvent survenir à la suite d’une simple contusion du membre supérieur, sans solution de contiguité des téguments (2).
D’après Lacoste (3), la lymphangite peut avoir disparu lorsqu'apparait la suppuration de la bourse séreuse rétroolécrâänienne.
D’après Martin (4) il existe des lympbangiles qui pas-
4. Verneuil Bullet. academ. méd., 2e série, t. VII, 1878, p. 1056.
2. V. Observ. Lacoste, Th. Paris, 1883, p. 49et suiv., observ. Chassaignac. Traité de L1 suppuration, p. 538.