Th. de Ferreira. Thèse Paris, 4892, obs,. I
servation T de sa thèse inaugurale un goutteux « dont le coude droit est rouge et gonflé; la pression sur l’olécrâne éveille de la douleur ». L’épicondyleet l’épitrochlée sont à peine sensibles. Plus loin, il ajoute : « le coude exécute des mouvements de flexion, mais la pression
sur le bec de l'olécrâne amène une vive douleur ».
Etiologie et pathogénie.— Pouzet fait remarquer que les tophus sont plus fréquemment signalés dans les bourses séreuses sous-cutanées que dans les bourses séreuses tendineuses, bien qu’ils existent aussi dans ces dernières. Il estime que cela provient peut-être de ce que, dans les bourses séreuses des tendons, ils passent souvent inaperçus, y étant généralement moins volumineux, isolés, indolents, plus profonds.
Garrod (1) constate aussi que les différentes bourses séreuses sont lrès sujettes à s’enflammer chez les goutteux et qu’elles peuvent rester distendues même après que l'inflammation aiguë s'est dissipée. « La bourse séreuseolécrânienne est surtout prédisposée à se laisser distendre de la sorte dit-il ; fréquemment on rencontre ses parois épaissies, et, dans son intérieur on sent comme de pelils noyaux très consistants ; dans certains cax, à la suite d'attaques répélées, elle acquiert un volume considérable. » Il revient encore plus loin (p. 110) sur ce sujet
pour faire remarquer que l’on rencontre très fréquem-
1 bPouzet. Loco cilato.
2. Garrod. Traité de la goutte. Trad. Olivier, Annot, Charcot, 1867, p. 92 et 110.
ment des collections d’urate de soude dans la bourse séreuse olécrânienne. 3
Pour H. Rendu (1), parmi les bourses séreuses souscutanées qu'’alteint ordinairement la goutte, la bourse séreuse rétro-olécrânienne viendrait au troisième rang par ordre de fréquence.
Avant elle et en première ligne viendraient les bourses séreuses qui entourent le gros orteil el les têtes des métatarsiens ; eu seconde ligne la bourse séreuse du calcanéum. Mais elle serait plus fréquemment lésée que la bourse séreuse prérotulienne et beaucoup plus souvent que les bourses séreuses qui entourent l’ischion et le grand trochanler.
Sydenham (2) n’avait pas été sans s’apercevoir aussi que la bourse séreuse rétro-olécrânienne est un lieu propice aux manifestations goulteuses : « Dans quelques cas, dit-il, la malière morbifique se jette sur les coudes et y forme une Llumeur blanchâtre, qui est presque de la grosseur d’un œuf el qui s’enflimme et rougit peu à peu. »
Pourquoi la bourse séreuse rétro-olécrânienne est-elle le siège si fréquent de manifestations morbides chez les goulteux ?
« Une lésion produite en un point du corps n’agit pas seulement en provoquant le développement de la goutte, mais encore en déterminant le siège de l’affection locale. »
Ainsi parle Garrod (3). Sendamon (4) est du même
4. H. Rendu. Dict. sc. encyclop. méd. Art. Goutte. 2. Sydenham. De podagra et hydrope. Londres 1683. 3. Garrod. Loco citato, p. 325.