De locis minoris resistentiæ
arthritique du sujet nous portait d’abord à ce diagnostic. D'autre part le pseudo-rhumatisme blennhorrhagique est presque toujours mono-articulaire. Ici presque toutes les articulalions ont été prises.
Dans les cas très rares où le pseudo-rhumatisme blennorrhagique est poly-articulaire les petites articulations sont, en général, épargnées : dans notre observation les doigts et les orteils ont été touchés.
Le gonflement de la bursite blennorrhagique est incolore d'habitude et excessivement douloureux.
Chez T. le gonflement était rosé et la pression, au niveau de la bourse séreuse rétro-olécrânienne, bien que douloureuse, élait supportable.
De plus, l’arthrite et la bursite blennorrhagiques sont remarquables par leur fixité : il ne s’agit pas d'une fluxion articulaire plus ou moins fugace comme dans le rhumatisme franc ; même alors que l’affection doit frapper plusieurs points, celui qui est atteint au début fixe le mal jusqu’à la fin (4).
Or, chez notre malade, la fluxion a été essentiellement fugace et mobile, quittant les genoux pour se porter aux coudes, et abandonnant ceux-ci pour gagner les hanches et les épaules, puis délaissant les grandes articulations pour les pelites, cessant enfin dans toutes les jointures pour occuper exclusivement la bourse séreuse rétro-olé-
crânienne.
Remarquons aussi que la bursite blennorrhagique a
1. Dieulafoy. Pathol. int. T. IT, p. 678. — Fournier. Art. Blennorrhagie in dict. mêd. el chir. et Annales de dermatologie, 1869. T. I.
une longue durée. Dans notre observation la bursite a duré seulement sept jours. | Dans la bursite blennorrhagique, même après la guérison, la bourse séreuse demeure encore longtemps douloureuse à la pression. Chez notre malade la pression ne produit plus aucune douleur au niveau de la bourse séreuse rétro-olécrânienne à partir du septième jour.
Enfin, il est bon d'observer que si la bursite blennorrhagique n’est pas rare, elle se localise très rarement dans la bourse séreuse rétro-olécrânienne, au point qu’il
nous a été difficile d’en trouver des observalions soit à l'hôpital, soit dans la littérature médicale.
De ce qui précède nous avons cru pouvoir conclure que nous nous trouvions en présence d’un rhumatisme franc, à manifestations articulaires, qui, vers son déclin, a abandonné toutes les articulations, pour se fixer pendant quelques jours sur une bourse séreuse sous-cutanée désignée
à cet effet par un traumalisme léger, récent.
B. — BURSITE GOUTTEUSE.
Historique. — Parmi les auteurs qui se sont occupés des maladies des bourses séreuses sous-cutanées, presque tous ceux qui ont signalé les affections rhumatismales de ces petites cavités closes n’ont pas omis de rappeler les manifestations morbides qui s’y produisent dans la goutte.
{. Fournier. Loco cilalo.
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Gooch, Camper paraissent les avoir connues. Bell, Monro, Herwig, Rosenmuller, Koch, Bielkiewicz, Bérardet, Denonvilliers, Kœberlé, Chassaignac, Pineau les mentionnent.
Cruveilhier, Rendu, Labadie-Lagrave et Jaccoud, Garrod, Trélat, Nancrède, signalent des manifestations goutteuses au niveau de la bourse séreuse rétro-olécrânienne (1).
Duplay (1891), rappelle que : « Chez les goutteux invélérés des dépôls de matière tophacée infiltrent les parois et remplissent la cavité. Je me rappelle, dit-il, avoir opéré un malade qui présentait des tophus sur différentes parties du corps et qui avait un hygroma olécrânien. Ce dernier était rempli de matière crayeuse, enflammé, ulcéré et fournissait un abondant écoulement de pus ».
Déjà en 1878, dans une « Etude clinique sur deux cas de goutte », P. Pouzet (2) publiait une longue observation dans laquelle était décrit un cas superbe de tophus de la bourse séreuse rétro-olécrânienne gauche. |
En 1892, Th. de Ferreira (3) nous montre dans l’ob-
4. Cruveilhier. Atlas d'anatomie patholog. Maladies des articulations (Goutte) p. 2 (1828). — Rendu. Dict. encyclopéd. Sciences méd. Art. Goulle, 1884. — Labadie-Lagrave et Jaccoud. Nouveau dict. méd. et chir., 1872. Art. Goutte, p. 574. — Garrod. Traité de la goutte (1862). — Trélat. Gaz. Hop., 1882, p. 618. — Nancrède. Encyclop. internal. 1884. Affect. des bourses séreuses.