MAO
N'a-t-on pas vu des ascites diminuer ou disparaître, tout au moins momentanément, dans le cours d’une diarrhée intense et rebelle (Hayem).
L’aspect du foie, des reins, de ces organes habituellement gorgés de liquide, montre que les tissus de l'organisme desséchés ont prit, du liquide partout où ils en ont trouvé une réserve. =
La bourse séreuse rétro-olécrânienne en contenait : elle à dû céder à ce pressant appel, et abandonner au torrent circulatoire, devenu boueux, visqueux et brunâtre, la petite quantité de sérosité qu’elle renfermait.
E. Gelez (1) (1844) semble avoir fait allusion à des cas analogues quand il dit : « Lorsque l’eau manque dans l’économie, comme dans certaines affections graves, le choléra, où le sang a perdu la plus grande partie de son sérum et de sa fluidité (Magendie), les kysteuses (séreuses) sont à sec, en même lemps les absorplions sont également en perte d’activité, de leur côté, comme de celui des muqueuses, qui né laissent plus pénétrer les médicaments et les rendent par cela même inertes. Dans l'état sain, normal, au contraire, le fluide se reproduit après un temps assez court. Après son évacuation, il abonde de
nouveau. »
F. — BURSITE SCORBUTIQUE.
Le scorbut, affection générale, atteint l'organisme
entier, mais, comme les diathèses {goulte, rhumalisme,
1. E. Gelez. Histoire générale des membranes séreuses el syno-
viales. Bourses muqueuses et kystes. Paris, 184, p. 113.
etc.) profite du moindre traumatisme pour porler son action particulière sur le point lésé. On voit, en eflet, le scorbut localiser de préférence ses manifestalions sur les a loci minoris resistentiæ. »
Il existe entre le scorbut et les diathèses une grande analogie, dit Ferra (1), et l’on connaît l'influence de ces dernières sur les « loci minoris resistentiæ ». Legroux (2), Cejka, Laveran (3), constatent que les manifestations scorbutiques se produisent aux points les plus exposés au lraumalisme et à la fatigue.
La bourse séreuse rétro-olécrânienne est éminemment
un « locus minoris resislentiæ. »
Cependant lès localisations scorbutiques dans celte
cavité ont été rarement signalées.
Néanmoins, dès 1855, Vidal de Cassis fait observer que « .… Une partie des abcès froids appartiennent à cette catégorie (transformation du sang en pus), surtout ceux qui surviennent chez les individus offrant quelques symptômes de scorbut. Les abcès des bôurses muqueuses peuvent avoir celte origine. »
Manoba (5) assure qu’il se produit des extravasations
sanguines dans les bourses séreuses qui engaînent les tendons (1856).