CAS
Les doses de mercure ayant été fortes l’empoisonnement aura pu se produire rapidement; le traitement n’ayant pas été suffisamment prolongé la lésion bursale n'aura pas eu le temps de disparaître.
Il n’est donc pas impossible que, dans ces conditions, malgré le traitement spécifique, la tumeur syphilitique existe encore (1).
La découverte de la tumeur de la bourse coïncidant avec l'apparition de symptômes d'intoxication par abus du mercure aura pu induire en erreur certains observateurs.
Nous n’émettons évidemment qu'une hypothèse, car il est impossible de discuter et d'analyser les cas d’hygro-. mas mercuriels signalés par Borsieri, Brodie, G. Bennel- Lucas, elc.., puisqu'ils n’en ont pas donné d'observations détaillées, et se sont contentés de constater le fait. Mais cette hypothèse nous semble plausible, et explique comment cette affection, notée comme relativement fréquente autrefois, ne se retrouve plus aujourd’hui.
E. — BURSITE CHOLÉRIQUE.
Nous n'avons pas à signaler, au cours du choléra, d'épanchement séreux, hématique ou suppuré dans la bourse séreuse rétro-olécrânienne, mais un état spécial
de la séreuse bursale, dû sans doute, non à des micro-
1. D'ailleurs, nous pensons que pour produire un bon résultat, il faut associer au mercure (dans les bursites tertiaires) l'iodure de potassium, ce que ne faisaient pas ceux qui ont signalé l'existence d'hygromas mercuriels.
organismes, mais à la raréfaction des liquides du corps : sérum du sang, de la lymphe, etc. (1).
La peau qui recouvre la région olécrânienne est normale d'aspect, de couleur, d’élaslicité, d'épaisseur.
Lorsque la bourse séreuse rélro-olécrânienne est disséquée et ouverte, on conslale qu’il n'existe plus la moindre trace de liquide à l’intérieur de la bourse : le liquide est remplacé par une sorte de mucilage rose ou orangé, à demi transparent, tremblottant, poisseux, analogue à de la gelée de pomme, étendu en couche mince sur les parois de la bourse séreuse, auxquels il adhère.
On enlève celte gelée au moyen d’un lavage; la cavité de la bourse séreuse apparaît au-dessous rouge, avec un piqueté plus sombre par places. Les petits vaisseaux qui traversent la bourse séreuse, rampent sur sa paroi pro-
fonde ou sur les cloisons, semblent thrombosés.
Nous croyons devoir rapporler aussi le fait singulier suivant :
Un menuisier de 50 ans, porteur d’une bourse séreuse rétro-olécrânienne droite fort dilatée par un épanchement séreux, chronique, constituant nne tumeur fluctuante, indolore, du volume d’un demi-œuf de poule, entre à l'hôpital avec les premiers symptômes du cho-
léra,
4. Nous devons les détails suivants à notre excellent ami Île D: Blair, alors interne à l’hôpilal du Hävre. Sur notre prière il procéda à l'examen des bourses séreuses rétro-olécräniennes d’un cer= tain nombre de sujets, morts du choléra, pendant la dernière épi-
démie.
Delord DA
Après cinq jours de vomissements et de diarrhée excessivement abondante (selles riziformes), de crampes douloureuses, de soif ardente, le malade succombe.
À l’autopsie, tous les tissus sont exsangues : le foie, les reins paraissent absolument secs. La petite quantité de sang contenue dans les vaisseaux, dans le cœur, est visqueuse, brunâtre, prise en caillots mous et noirs.
La muqueuse intestinale (intestin grêle) est pâle, avec par places une teinte hortensia. Çà et là quelques ecchymoses.
La tumeur du coude droit s’est à peu près complètement affaissée, ouverte, elle ne donne pas lieu à un écoulement de sérosite.
L’épanchement a disparu. Les parois de la bourse séreuse rétro-olécrânienne ne sont pas Lrès épaissies, mais rougeâtres à leur face interne, réunies les unes aux autres par des brides fibreuses, recouverles d'une légère couche de gelée, ambrée, translucide, gluante, analogue à de la gelée de coings.
Cette disparition presque subite de l’épanchement séreux contenu dans la bourse séreuse rétro-olécrânienne est due évidemment au dessèchement des tissus, spoliés de leurs éléments aqueux par les pertes incessantes que lui ont fait éprouver les déjections alvines et les vomissementis.
l’ailleurs, cette petite hydropisie bursale ne peut-elle pas être comparée à une hydropisie quelconque, à une ascite, par exemple. Or, un des moyens les plus énergi-
ques de traitement de l’hydropisie consiste dans l'emploi des purgatifs. à