a pneumonie suit son cours
Température 39,
L'albumine est moins abondante dans les urines.
Les coudes sont légèrement douloureux.
On constate l'existence d’un hygroma rétro-olécrâaien, bien déterminé, de chaque côté.
29 novembre. — Température 36°,9.
On incise les deux bourses rétro-olécrâniennes : issue de pus fluide. Pansement hurnide.
Examen bactériologique : le pneumocoque est isolé et cullivé.
30 novembre. — Les hygromas sont en voie de guérison. Température 37°,6.
11 n’existe plus d’albuminre dans les urines. Le malade demande à manger et va bien.
8 décembre. — Le malade part, guéri de sa pneumonie, fort amaigri.
Les hygromas sont guéris, la cicatrisation des incisions est faite. Le malade conserve un pansement sec ; pas d’arthrite. Les mouvements du coude sont aisés.
Le malade n’éprouve de la douleur qu’à la suite d’une forte pression sur l’olécrâne.
Delord 32
Dans cetle observation nous voyons le cas d’une pneumonie, aiguë, franche, nettement caractérisée.
L’agitation et le délire du malade sont dus en grande partie à l'alcoolisme. Le quatrième jour de la maladie il se produit deux foyers de suppuration. C’est encore l'alcoolisme qui est intervenu ici pour donner à la pneumonie un caractèreinfectieux (Netter).
Nous remarquons que la suppuration se produit dans deux points symétriques, et qu’elle se limite aux bourses séreuses rétro-olécrânienne. Pourquoi cette localisation ?
I n'y a à invoquer ni traumatisme professionnel ni traumatisme accidentel ancien ou récent. Sans doute le frottement des coudes sur les draps du lit, au cours de l’agitation du malade, a suffi pour désigner à la pneumonie un «€ locus minoris resislentiæ ».
Il n’y a pas ici à songer à la pyohémie : aucun autre organe n’a suppuré.
Il y a eu de lPalbumine dans les urines, mais l’ensemble des symptômes n'a pas présenté de gravité : or, dans la pyohémie consécutive à la pneumonie la mort est la règle.
Avons-nous ici une suppuration due à une de ces infections secondaires sur lesquelles à tant insisté le professeur Jaccoud ?
Non, car ces infeclions secondaires se produisent surtout dans les cas d’hépalisation grise : dans le cas présent cette forme de la pneumonie ne s’est pas présentée.
De plus le pneumocoque est signalé dans le pus des bourses séreuses rétro-olécrâniennes.
IL est vrai que cetle suppuration pourrait être mixte,
et d’autres micro-organismes auraient pu s'associer au pneumocoque. L'observation est incomplèle à ce point de vue : elle signale la présence du pneumocoque, sans dire explicitement s'il existait seul ou accompagné d’autres
microbes.
G. — BURSITE TYPHOÏDE.
On sait que dans le courant de la fièvre typhoïde, ou à son déclin, ou encore au cours de la convalescence: de cette maladie, il se produit parfois des suppurations dans divers points du corps, particulièrement dans le Lissu cellulaire sous-cutané.
Celle suppuration se produit souveut aussi dans Îles bourses séreuses synoviales, tendineuses, sous-cutanées.
On trouve quelque cas assez rares, disséminés dans la littérature médicale, où cette suppuration s’est produite dans la bourse séreuse rétro-olécränienne.
Castelneau et Ducrest (1), signalent dans une observation de fièvre typhoïlle, une fluctuation au niveau de cette région, fluctuation absolument superficielle, « ne paraissant avoir aucun rapport avec l'arliculation. » Cet épanchement disparut peu à peu et la collection ne s’ouvrit pas.
Le D' A. Robin (2), publie en 1881, une observation de fièvre typhoïde au cours de laquelle il se produisit, entre
autres manifestations purulentes, un gonflement avec rou-
4. Castelneau et Ducrest. Mém. Acad, méd., 1864. T. EI. 9. À. Robin. Gaz. mêd. Paris, 1881, n. 40, p. 559 et suiv.
geur, douleur, au niveau de la bourse séreuse rétro-olècrânienne, mais sans que larticulation fut atteinte, et sans que les mouvements du coude fussent douloureux. Puis, le gonflement de la bourse séreuse rétro-olécrânienne s’ulcéra spontanément et donna issue à une grande quantité de pus séreux, jaune, mal lié. »
A l’autopsie, on trouva du pus dans les bourses séreuses rétro-olécrâniennes des coudes droit et gauche.
Nous avons eu également l'occasion d'observer un cas de suppuration des deux bourses séreuses rétro-olécrâniennes dans le cours d’une fièvre typhoïde, mais sans qu'il se soit produit aucune autre manifestation purulente dans d’aulres organes. |
À quoi sont dues ces suppurations ?
Dans le cours de la fièvre typhoïde, il peut se produire une infection purulente, mais alors, un grand nombre d'organes deviennent le siège de suppuration, les symptômes généraux sont très graves, et la mort survient habituellement.
Il peul aussi survenir une infection secondaire, alors que l'organisme épuisé par la maladie, donne une prise facile aux divers microbes de la suppuration.
Mais, on a reconnu que le bacille typhique peut avoir une action pyogénique.
« Le bacille typhique, outre la classique dothiénentérie, peut déterminer les affections les plus diverses, en lésant des organes qu’on ne voit atteints qu’accidentellement (Gasser) (1). »
1. Gasser. Th. doct. Paris, 1890. Nombre d'auteurs ont constaté cette action pyogénique, — Hanot (1881. Arch. méd.) signale dans