SR ONE
Opservarion XXIIL (inédite).
Meunier, Marie, 17 ans, fabricante de perruques de poupées.
Antécédents personnels. — N'a jamais fait aucune maladie. Réglée à 14 ans. |
Antécédents héréditaires. — Parents vivants et bien portants.
Entre le 4 novembre 1889 à l’hôpital Saint-Antoine, dans le service du D° Gingeot.
Depuis une huitaine de jours la malade se plaignait de lassitude, de douleurs musculaires, d’inappétence, de vertiges,
Il y a deux jours elle a ressenti quelques frissons, de la céphalalgie violente, des douleurs à ja nuque, des bourdonnements d'oreilles qui augmentent quand elle s’assied dans son lit.
Hier elle a eu des épistaxis peu abondantes.
État actuel. — La langue est pâteuse, l'anorexie complèle, la
* malade se trouve dans un étal de prostration assez marquée,
Quelques râles sibilants de congestion bronchique, disséminés, Times se:
5, 6, 7, 8 novembre. — La fièvre est subcontinue. La tempé-
des pustules un nombre considérable de ces microbes. — Rendu (France médicale, 1885) les trouve dans une pleurésie et attribue le premier un pouvoir pyogénique au bacille d'Eberth. — Fraenkel (Za semaine médicale, 27 avril 1887) le rencontre dans une tumeur abdominale et couclue que le bacille d’'Eberth peut produire du pus. — Roux et Vinay (Province médicale, 1888). Ebermaier (Deutsche Archiv. et Klin. m:d., 1888, p. 140). — Achalme (Soc. biol., 21 juin 1890). —- Gilbert et Girode (Soc. biol., 27 déc. 1890). — Raymond. (Soc. méd. hop., 20 fév. 1890). — Panas (Ve Congrès chir., 30 mars 1891. — Péan et Cornil (Bull. acad. méd. Paris, 1 avril 1891. — Gasser, arrivent aux mêmes conclusions. Il en est de mème de Pein ,
Th. Paris, 1891.
rature du soir est plus élevée que celle du matin, et le 8 novembre atteint 390,7.
9 novembre. — Taches rosées lenticulaires, sur le ventre et la poitrine. Insomnies, rêvasseries, somnolence, prostration de la malade. 3
Langue sèche et rôtie. Diarrhée; selles fétides, fréquentes, gargouillements dans la fosse iliaque droite. Urines rares, foncées, traces abondantes d’albumine.
Rate volumineuse. T. s. 39°,8.
10. — Même élat. Au coude droit, en arrière de l’olécrâne, une tumeur arrondie, fluctuante, s’est produite ; la peau est normale à ce niveau, mais légèrement rouge. :
11. — Même état. La tumeur a augmenté et est du volume d’une noix.
12. — Même état général. Au coude gauche, en arrière de l’olécrâne, apparaît une lumeur semblable à la précédente.
13. — Les tumeurs rétro-olécrâniennes sont peu douloureuses, mais la peau rougit ; la flucluation est très manifeste. La malade n'a ni angine, ni hémorrhoïdes, ses téguments externes et ses muqueuses sont intactes. Elle n’a subi aucun traumatisme. Sa profession ne nécessite aucun frottement des coudes.
14. — La tumeur rétro-olécrânienne droite, menaçant de percer, est ouverte.
Le pus, recueilli avec pureté, est examiné par le professeur Cornil, qui y reconnaît la présence du bacille typhique.