‹ De la Bourse Sérieuse: Rétro-Olécranienne Sous-Cutanée et de ses MaladiesChapitre 9 sur 97 · SUJETS ADULTES · texte numérisé non relu

SUJETS ADULTES

Nous avons employé différents procédés pour étudier l'anatomie de la bourse séreuse rétro-olécrânienne.

La manière la plus simple, la plus prompte, consiste à inciser la peau sur la partie la plus saillante de lolécrâne, à couper d’un seul coup, et perpendiculairement à la surface, tous les tissus ; à pincer, attirer, écarter les deux lèvres de l’incision : la bourse séreuse béante laisse apercevoir ses parois anfractueuses.

Ce procédé le plus expéditif expose à faire prendre du tissu cellulaire lâche pour la bourse elle-même, plus ou moins cloisonnée, et, de plus, ne permet pas l'insuflation.

Il est préférable de disséquer, couche par couche, la peau, le fascia superficialis qui la double, eu dédolsant, jusqu’à ce qu'on arrive sur la bourse, qu’on peut alors insufler, pour en mieux apprécier la surface et le contour : puis on l’ouvre.

Au lieu d'insufler la bourse, on peut y injecter une

substance liquide, mais facilement solidifiable, cire, para-

sos

phine, blanc de baleine, qu’on liquéfie par la chaleur et qu'on laisse refroidir une fois injectée.

On peut encore y couler du plâtre délayé dans l'eau. Celui-ci se moule admirablement dans la cavité et en prend tous les détails.

Enfin, on recourra avantageusement à la congélation du membre à éludier. Il acquiert ainsi la dureté du marbre et permet d'exécuter à la scie des coupes verticales, horizontales, obliques, qui ont la clarté des planches d'un atlas, avec l'exactitude en plus.

Nous avons appliqué ces divers procédés, contrôlant les uns au moyen des autres, et c’est le résultat de ces

préparations que nous relatons ici.

N° 1. — Homme adulte.

Dissection et insufflation.

Coude droit. — Peau épaisse, peu extensible. Surface inégale, rugueuse, plissée en ares de cercle au-dessus de l’olécrâne.

Incision cutanée horizontale à deux centimètres au-dessus du coude. Seconde incision parallèle à deux centimètres au-dessous du coude. Troisième incision, verlicale, abaissée perpendiculairement du milieu de la première sur le milieu de la seconde.

Dissection de la peau, du tissu cellulaire sous-cutané, dépourvu de graisse et du fascia superficialis.

Au-dessous du fascia superficialis deux bourses séreuses sous-cutanée : l’une rétro-olécrânienne, l’autre sus-olécrânienne.

A. — Bourse séreuse sus-olécränienne. — Médiane, uniloculaire, distincte, nette, séparée de la bourse rétro-olécrânienne par une petite cloison de tissu cellulaire.

Delord 3

Lisse à l’intérieur. à

Forme ovoïde, plus large à son extrémité inférieure qu'à son extrémité supérieure.

» Grand diamètre vertical, sept millimètres, petit diamètre horizontal, cinq millimètres.

Situation. — Placée au-dessous du fascia superficialis, transparent, lamelleux, difficile à distinguer du tissu cellulaire. Elle repose sur l’aponévrose qui recouvre le tendon du triceps.

Limite supérieure. — 8 millimètres au-dessus de l'insertion du triceps.

Limite inférieure, — Ce point d'insertion lui-même.

B. — Bourse rétro-olécränienne. — Médiane, uniloculaire, distincte, nette, séparée de la précédente par une mince cloison mentionnée plus haut. Sa paroi profonde (la bourse une fois incisée), présente le dessin d’un grillage, par suite de travées fibreuses qui se coupent presque à angle droit; sa paroi superficielle est lisse et moins épaisse.

S'ilualion. — Au-dessous du fascia superficialis assez épais et opaque ; au-dessus de l’olécrâne, dont elle semble séparée seulement par le périoste car, malgré une dissection attentive, il est impossible de distinguer, entre la bourse séreuse et l'os, trace de l’aponévrose d’enveloppe, qui s’est amincie progressivement et considérablement, à mesure qu’elle s’approchait de la bourse séreuse, au point de ne plus se rencontrer sur la saillie médiane de l’olécrâne.

Forme ovoïde, plus large à l'extrémité supérieure qu’à l’extrémilé inférieure. Grand diamètre vertical, 2 centimètres, petit diamètre horizontal, 1 centimètre 1/2.

Elle ne recouvre pas complètement la face postérieure de l’olécrâne.

Limite supérieure : insertion du triceps sur l’olécrâne.

Au-dessous de la bourse sous-olécrânienne tissu lacuneux, lâche,

to

renfermant de petites cavités, logeant à peine une {ête d’épingle. Coude gauche. — Résultats identiques, sauf que la bourse

sus-olécrânienne n'existe pas et que la bourse rétro-olécrânienne est triloculaire.

N° 2.— Homme adulte.

Dissection el insufflation.

Coude droit. — Bourse séreuse sus-olécrânienne identique à celle du coude droit du sujet précédent, mais communiquant avec la bourse séreuse rétro-olécrânienne par une étroite ouverture donnant à peine passage à un fin stylet ou à une aiguille à tricoler,

La bourse séreuse rétro-olécrânienne, médiane, uniloculaire, distincte, séparée de la précédente par une mince cloison, presque transparente, percée d'un lrou, a des parois épaisses formées par le tissu cellulaire ambiant très condensé.

La bourse incisée contient peu de liquide incolore, filant: Sa paroi supérieure est ratlachée à l'inférieure par de petites colonnes fibreuses, ressemblant un peu (sauf la couleur qui est blanc nâcré) aux colonnes charnues du cœur.

La paroi profonde est plus épaisse que la superficielle.

Situation. — Entre le fascia superficialis, épais, opaque, et l'olécrâne, dont elle n’est séparée que par le périoste.

Pas de vestige apparent d’aponévrose entre elle et le périoste.

Forme. — Généralement ovoïde ; mais le pourtour est irrégulier ; il s'avance en pointe vers le côté interne du coude (gouttière épitrochléenne), en sorte que Je diamètre horizontal de la bourse pris en ce point est sensiblement égal au diamètre ver-

tical, c’est-à-dire 2 centimètres.

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