Bénard. Dissertation théorique et pratique sur la fièvre
quarte. Thèse de Paris, 1804.
2. « Avec la quarte, dit A Treille, on posséderait une sorte de
que les anciens avaient bien étudié son type, lequel, comme nous le montrerons bientôt, doit être choisi pour aborder l’étude des fièvres intermittentes.
Malheureusement, les notions dont nous avons parlé précédemment devaient se perdre. Des théories et des idées nouvelles ailaient surgiret éclipser complètement les œuvres du passé.
Avec les guerres d'Afrique, différentes publications médicales se font jour. La majorité des médecins militaires voit dans toutes les fièvres intermittentes un danger constant, immédiat ou éloigné. La cachexie paludéenne prend corps. Les travaux qui paraissent dans la seconde moitié du xrx° siècle ne font que renforcer cette conception nouvelle,
Ici l’on peut se demander pourquoi les principes si nettement posés par les anciens étaient tombés en désuétude. La raison est bien simple : c’est que les
observateurs n’avaient pas eu soin de se replacer dans
préservatif puissant, de talisman, contre les infections les plus redoutables. — En raison donc de cette innocuité et de ces qualités merveilleuses, c’est elle qu’il faut choisir de préférence pour faire l’épreuve des médicaments proposés pour remplacer le sulfate de quinine. La tierce et la quotidienne sont loin de convenir aussi bien, car elles se jugulent fréquemment d’elles-mêmes; « elles vous claquent souvent dans la main », pour employer une expression un peu triviale sans doute, mais passée dans le langage courant: le germe pyrétogène étant incapable de répéter longtemps ses efforts s’il opère tous les jours ou tous les deux jours, tandis que l’évolution seulement tridienne semble admirablement convenir à sa longévité. » Du chlorhydro-sulfate de quinine dans la fièvre intermittente. Communicalion au Congrès de Médecine de Bordeaux, 1895.
des conditions identiques à celles de leurs devanciers et que l’on avait perdu complètement de vue la littérature médicale antérieure au xvrr° siècle. Il n'en était plus question dans l:s traités classiques. La découverte de la quinine et son application thérapeutique avaient, en
même temps que la crainte de l’intermittence, si bien
hypnotisé les praticiens, qu’on s’empressait de couper toute fièvre que l’on pouvait ou d’essayer de la couper
par le remède spécifique. La thermométrie, qui ne fut
appliquée que tardivement, n’était pas non plus d’une
rigueur assez grande. |
Les prises de température, faites d’une manière insuffisante, n’apportaient pas, dans l'étude des fièvres, toute la précision indispensable.
Dès lors, on était incapable de distinguer les véritables qualités des fièvres intermittentes parfaites et de les séparer de celles qui n'étaient pas justiciables de la médication.
Que fallait-il done pour réaliser à nouveau le tableau clinique tracé par les anciens? Se remettre dans des conditions absolument identiques. Et, puisque, depuis eux, on comptait cette précieuse conquête, le thermomètre, il fallait en user largement etméthodiquement. En outre, il était nécessaire, pour l’étude nouvelle, de joindre à un esprit scientifique les principes de l’observation la plus rigoureuse.
C'est en 1893 seulement, que certaines de ces notions de littérature médicale ancienne ont été retrouvées par
A. Treille.
Mais déjà, en 1891, dans un mémoire à l'académie de
médecine; en 1892, dans un autre mémoire à la société
médicale des hôpitaux, il avait signalé la parfaite innoc uité des fièvres intermittentes en général, et celle de 1 a quarte en particulier.
Répétant ce qu’il avait antérieurement indiqué dans divers travaux, il disait : « Livrées à elles-mêmes et exemples de complications elles (ces fièvres) ne produisent pas l’état appelé cachexie palustre (4). »
Les observations suivantes viennent à l’appui de ce précepte de l’antiquité que Les fièvres intermittentes par-
faites sont exemptes de danger.
1. A. Treille, Mémoire lu à la Société médicale des hôpitaux, 17 juin 1892, in La fièvre quarle devant la société médicale des hôpitaux. Paris, 1907.
Dans le même mémoire, A. Treille rapportait la déclaration qui lui avait été faite en Kabylie par des indigènes: « La thaoula thamtalith — c’est ainsi qu'ils appellent la fièvre quarte, — est une maladie dans laquelle la fièvre revient tous les trois jours. Elle peut durer deux ou trois ans, mais le ventre n’enfle pas. » Loc. cit. p.19: