‹ De La Cachexie PaludéenneChapitre 12 sur 47 · SAVE · texte numérisé non relu

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J'étais alors en très mauvaise condition physique. J'avais renoncé complètement à l'hygiène qui m'avait si bien réussi jusqu'alors pour entretenir ma santé : équitation, chasse.

Pour terminer mon livre de l’Epédition de Kabylie orientale

et du Hodna, auquel je travaillais depuis le commencement de l’année, j'avais pris la résolution de ne plus prendre aucune distraction. Je me couchais à 1 heure du matin ; je me levais à 4 heures. C'était affaiblir mon terrain de la manière la plus déraisonnable et ouvrir la porte à toutes les causes nocives. Les seules intermissions étaient le temps consacré à la visite des spahis malades ou de leurs familles, les repas, et le soir une petite promenade avec les deux autres officiers de la smala, le long de la séguia ou canal d'irrigation, amenant avec l’eau des alluvions qui se déposaient sur ses bords, surtout après les pluies d’orages. C’est quelques jours après un orage que je fus atteint de fièvre parfaite, seul du cadre des officiers, ayant, pour les raisons indiquées,donné une prise facile aux germes nés de l’alluvion. + : Mon premier accès de fièvre se produisit le 20 août 1873 aux environs du déjeuner. J'étais alors très affaibli par le surmenage. Je dus interrompre d’abord mon service, puis, pour diverses autres raisons, je me déterminai à donner ma démission, et à aller me fixer à Constantine, où je continuai à avoir de temps à autre des accès.

Le dernier survint le 24 août 1874. Je n'en ai jamais eu d’autres depuis et n’en aurai pas, la fièvre parfaite, suivant la Juste observation d’Hippocrate et de Galien, n'ayant qu'une durée normale d’une année.

Naturellement, je ne connaissais pas la fièvre intermittente

parfaite comme je la connais aujourd’hui. Je n’attachais pas à

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son observation la même importance que maintenant. Tout ce que J'en savais alors c’est que, par une dose convenable,on coupait les accès pour un certain temps au moins. J'ai le regret de ne pas avoir pris exactement mon observation, de ne pas avoir cultivé ma fièvre comme je le ferais aujourd’hui pour donner, par mon exemple, la notion précise de son entière innocuité, même de l’hyperthermie considérée bien à tort comme redoutable.

Tout ce que je puis dire c’est que je faisais d’instinct le traitement occasionnel auquel je me suis arrêté définitivement en 1891. Je prenais généralement aux rechutesune dose de 1 gramme un peu après le début des accès et j'en ‘étais débarrassé pour quelque temps. Je ne fis aucun traitement préventif, ni par la quinine ni par le quinquina.

Jamais ma rate ne fut douloureuse, jamais elle ne présenta de tuméfaction. Au cours de l’hiver 1873-1874 elle fut percutée par M. le Médecin Principal Vital, qui avait été mon chef à l’hôpital militaire de Constantine. Il la trouva absolument normale.

Depuis cette fièvre parfaite, quoique j'aie eu de la dyspepsie intestinale surtout, d’origine arthritique, des grippes de cause abdominale, un typhus exanthématique en 1890, je n’ai jamais

rien ressenti du côté de la rate.

OgsErvarion Il (Recueillie par M. le Dr Maurice Bourlier, alors interne du service et due à son obligeance.) (/nédite.) Fièvre quarle datant de plusieurs mots. Six accès enregistrés: deux trailés par la méthode de A. Treilie. Rate normale. S. B..., âgée de 53 ans, entre le 22 février 1895 à l’hôpital ‘de Mustapha (Alger), salle Harvey. Il est atteint d’une fièvre

quarte sur les débuts de laquelle on n’a pas de renseignements précis, mais qui remonte au moins à l’automne.

Son poids est de 65 kilos.

Son foie, sur la ligne verticale, mesure 8 centimètres, et la rate 7 centimètres ; elle est donc absolument normale,

22 février : Accès quarte avec maximum de 40°4 à 4 heures du soir. Expectation,

25 février : Nouvel accès quarte avec maximum de 40°6 à 4 heures du soir. Expectation.

28 février: Accès quarte avec maximum de 4068 à 3 heures du soir. Expectation.

3 mars : Accès quarte débutant vers midi. A ce moment le thermomètre marquant 38&, administration de la dose faible de 0 gr. 25 de chlorhydrate de quinine.

L’accès,conformément au principe posé par A. Treille, suit son cours comme si de rien n’était.

Maximum de température à 2 heures : 4008. Apyrexie consécutive à type impair de quarante et ua jours. “

14 avril : Rechute vers 5 h. 1/2 du soir. Macs 4004 à. 7 heures.

17 avril: Nouvel accès quarte au début duquel à 4 heures du soir on donne une dose de 0 gr. 25 de chlorhydrate de quinine. Continuation de l’accès. Maximum 40°4 à 5 heures du soir.

Le malade sort de l'hôpital le 30 mai, c’est-à-dire quarantetrois jours après, sans avoir plus présenté un seul accès, sans que l’on ait, bien entendu, noté un changement dans la rate,

qui n'avait cessé d’être normale, et sans aucun signe dé cachexie.

OsservATIONIL

(Communiquée par M. le D A. Treille.) (/nédite.)

Fièvre quotidienne parfaite. Fxpectation. Vingt-cinq accès conséculifs enregistrés. Administration de (0 gr. 25} chlorhydrosulfate de quinine au début du vingt-cinquième. Atténualion de la fièvre. Rechule en lierce. Diverses nouvelles périodes d’expectation et lraitement occasionnel. Durée totale de l'observation : cing mois et demi. Aucune augmentation du volume de la rate qui reste normale.

.N... Charles.

Vingt-huit ans, né au cap Matifou près Alger. Entre à la prison de la Casbah le 18 juin 1895. |

Tempérament nerveux, très émotif, d’une constitution faible. Amaigri et, pâle.

23 juin : Malaises divers auxquels le malade n’attache pas d'importance. Il ne réclame pas de soins,

30 juin : Ce détenu présentant toujours, au dire du personnel de surveillance, des indispositions variées, des accès de fièvre, on le met en observation suivie.

On constate à 1 heure soir 385.

3 heures —- 3009.

7 heures — 38°.

1er juillet : Il entre à l’infirmerie de la prison.

À partir de ce Jour, la température est prise méthodiquement d’une manière répétée.

Les dimensions de la rate sont : Longueur : 9 em. ; largeur : 7 centimètres.

On constate une fièvre parfaite quotidienne.

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” On aisse venir vingt-cinq accès sans désemparer, avant d’agir thérapeutiquement, espérant toujours qu’il se produirait une

apyrexie spontanée p

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