III. — Examen analytique des diverses affections qui
ont été décrites sous le nom de cachexie paludéenne.
Conclusions.
Aperçu historique et nosologique de la cachexie paludéenne.
La dénomination de cachexie paludéenne serait entrée dans le langage médical vers le milieu du xrx'siècle.
« Il était d'usage, dit Dutroulau, dans son Traité des maladies des Européens dans les pays chauds, de ne décrire la cachexie paludéenne que sous le nom d’intoxication lente des märais. Les médecins de l’Algérie ontété les premiers, je crois, à la considérer comme une forme chronique de l’impaludisme ; l’un d’eux, M. Catteloup luia consacréunebonne monographie (1). »
Ce travail parut en effet dans le Recueil de mémoires de médecine militaire sous le titre : « De la cachexie paludéenne en Algérie » (1851).
« Comme il est très logique, dit-il, de désigner sous lenom d’affectionslimniques ou paludéennes les pyrexies intermittentes et la grande majorité des fièvres continues des pays chauds, nous croyons ne pouvoir mieux faire, pour caractériser les états morbides consécutifs,
1. Dutroulau. Traité des maladies des Européens dans les pays chauds, p. 344.
NE Pr
que d’adopter l'expression de cachexiepaludéenne,sans toutefois affirmer que ces pyrexies soient, dans tous les cas, dues à l'agent miasmatique. Dans son acception la plus générale, la cachexie paludéenne est une affection de tout l'organisme dépendant d’un affaiblissement profond du système nerveux, d’une altération du sang, produisant le plus souvent des déterminations morbides locales dans les viscères, le cerveau, le poumon, le foie, la rate, etc... des hémorrhagies passives et des suffusions séreuses, perturbations organiques ayant généralement pour origine l’intoxication miasmatique ou paludéenne (1). »
La même année, dans sa thèse, Causse groupe « tous les accidents consécutifs qui accompagnent les fièvres intermittentes prolongées, suite de l’intoxication miasmatique (2). »
Bientôt après, Haspel publie son livre sur : Les maladies de l'Algérie. Il signale « ces accidents graves et sérieux qui nous révèlent une modification profonde et spécifique de l’économie tout entière sous l’influence du miasme paludéen : c’est la cachexie paludéenne, la plus funeste des maladies constitutionnelles, celle qui désole la population des hôpitaux de l'Algérie (3). »
Dans une thèse soutenue à Paris en 1856 Konce es-
1. Catteloup: De la cachexie paludéenne en Algérie (Recueil de mémoires de médecine etchirurqie militaire. Tome VIII, p.7), année 1851, 2° série.
2. Causse. Thèse de Montpellier (1851) : De la cachexie paludéenne en Afrique. |