MODES
La guerre survint — la suffragette anglaise ne songea qu’à servir sOn pays — Ce terrible cauchemar de cinq ans favorisa le mouvement féministe en permettant à la femme de se montrer telle qu’elle était et de donner la mesure de ce qu’elle valait. Aussi en 1918 fût-ce avec un magnifique enthousiasme que le gouvernement accorda aux femmes l'entrée au Parlement en reconnaissance des services rendus à la patrie par la cause féminine (SL. 8 ei 9 Geo 5 ch. 47, 21 novembre 1918).
En même temps qu’elle recevait l’émancipation politique la femme voyait s'ouvrir devant elle l’accès de la profession de solhicitor el de barrister et d’une série de fonctions publiques énumérées dans l’Act du 23 décembre 1919 (9 et 10 Geo 5 ch. 71) sous réserve toutefois par le. gouvernement, de déterminer par un ordre en conseil, les conditions d'admission des femmes dans les services civils de Sa Majesté.
Au dernier Congrès de Genève du 8 juin 1920, organisé par l'Alliance Internationale pour le suffrage des femmes et qui marque une date d’une importance particulière en ce qu’il fut le premier tenu après sept ans d'interruption, on a pu constater avec peine que la France était le seul grand pays qui ne se montrât pas disposé à reconnaître le droit de vote aux femmes. « Nous n’ambitionnons pas, dit la présidente du Congrès Mme Marguerite de Witl Schlumberger, de remplacer les hommes au gouvernement mais nous voulons les aider et prendre notre part
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des droits. » Pourquoi donc refuser plus longtemps aux femmes françaises la possibilité de réaliser un si légitime
désir ?