‹ De la carcinose herniaireChapitre 8 sur 22 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Opération de hernie. Cancer de l’épiploon dans le sac herniaire.

B. Ciiilds ( Medical Times, août 1857, p. 110).

Vieillard de 68 ans, est amené à l’hôpital pour un étranglement herniaire. Il a longtemps porté un bandage et, depuis quelques années , il ne pouvait réduire sa hernie. Elle était devenue plus volumineuse, douloureuse et il avait vomi ; pas de selles depuis 24 heures.

Le malade peut à peine répondre aux questions. 8a langue est rouge et sèche. La hernie est une hernie scrotale du volume d’un poing et qui présente quelques particularités. D’abord, elle est extrêmement dure, comme s’il y avait du cartilage ; ensuite, elle est irrégulière et noduleuse et certaines parties sont adhérentes aux plans sus-jacents. Au palper, on se rend compte tout de suite qu’elle est complètement irréductible ; il n’y a pas d’impulsion à la toux et pas de gargouillement à la pression. Le testicule était au fond du sac, mais adhère à la masse située au-dessus de lui.

Diagnostic. — Hernie épiploïque irréductible et, le taxis n’ayant pas réussi, dix heures après l’admission on procède à l’intervention.

Sous le chloroforme, il est impossible de diminuer le volume de la hernie. M, Chilcls fait une incision suivant le grand axe de la tumeur et ouvre le sac. On trouve l’anneau inguinal large et libre, mais une grosse masse d’épiploon paraissant saine le traverse pour aller adhérer avec une masse solide située dans le scrotum. Cette masse était prescjue complètement adhérente au sac et au testicule ; et il fallut une dissection minutieuse pour la libérer. L’épiploon ayant été lié en trois pédicules, la masse malade qui était d’une façon évidente cancéreuse fui enlevée. Suture et pansement.

Le malade continua à présenter les mêmes troubles cérébraux et finalement il tomba dans le coma le cinquième jour : il n’avait eu aucun signe de péritonite et avait été à la selle, On pensa qu’il existait une tumeur cérébrale. La masse qu avait été enlevée était constituée par une grosse portion de Y épiploon où s’étaient développés de nombreux noyaux dt squirrhe. On trouvait de petits nodules sur la surface de Sec-

lion cl il est probable qu’il on restait encore dans le reste de l’épiploon.

De toute façon, on devait intervenir et s’assurer de l’état des parties herniées, dans lesquelles on ne pouvait soupçonner l’existence d’un cancer épiploïque ; les symptômes, sauf les cérébraux, étaient ceux d’une hernie étranglée et on devait appliquer la règle : « dans le doute, opérer ».

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