PRÉPARATION DE LA RÉGION
1° Asepsie.
On procède à la toilette du scrotum, de la face interne des cuisses et du périnée ; on se sert pour celà d’eau savonneuse,on enlève ensuite toute trace de savon et on sèche à l’aide d’un linge bien propre.
2% Anesthésie.
Lorsque l’on se trouve en présence d’un animal déjà âgé, vigoureux, dangéreux même, qui est susceptible de s’agiter beaucoup pendant l'opération et
dans un but d'humanité, malgré le point de vue économique auquel se placent les paysans, nous estimons qu’il est préférable de diminuer la somme de souffrances infligée aux animaux en pratiquant à défaut de l’anesthésie générale encore mal connue et coûteuse chez les bovidés, une anesthésie locale à la novocaïne, la stovaine ou la’cocaine.
Des castrations pratiquées après injection de cocaïne par Boisse, ont ainsi donné d’excellents résultats. Ces animaux ne se défendent pas, le testicule se présente dans un état de relâchement complet comme si le crémaster était paralysé, ce qui facilite l'opération.
De plus on limite ainsi les chances d’accidents même avec une main d'œuvre réduite.
Il est nécessaire pour l’obtenir de pratiquer trois injections : une sous cutanée et une dans l'épaisseur | de chaque cordon.
Pour les taureaux la dose est de vingt centigrammes de cocaïne par injection, rendant l’analgésie parfaite et sans amener d'accidents post-anesthé siques.
A. — Injection scrotale sous-cutanée. — Cette injection a pour but d’insensibiliser le tégument,elle se fait sous la peau sur la ligne du raphé médian, au point où aura lieu l’incision des bourses.
On saisit entre le pouce et l'index de la main gauche la peau scrotale et l’on pousse l’anesthésique suivant la méthode de Reclus qui consiste à enfoncer progressivement l'aiguille sous le derme, en
ayant soin d'appuyer peu à peu sur le piston pendant sa marche en avant. On a ainsi une trainée de liquide qui se diffuse bien vite dans une zone périphérique plus que suffisante pour opérer.
B. — Injections dans les cordons testiculaires. Pour la castration par torsion libre, la cocaïnation des cordons doit se faire aussi haut que possible, la torsion ayant lieu sur toute leur longueur.
Ilest indiqué de faire une injection dans ehaque cordon afin d’anesthésier les trois nerfs inguinaux provenant des troisième et quatrième paires lombaires.
On saisit de la main gauche un des cordonstesticulaires et de la droite on enfonce l'aiguille de deux à trois centimètres au centre du cordon, on adapte ensuitele corps de la seringue et l'on pousse l'injection.
On opère de même pour l’autre cordon,
Pour éviter une perte de temps, la ococaination se fait avant la fin de l’asepsie régionale, après le lavage au savon. Les quelques minutes employées aux dernières manœuvres d’une désinfection complète et, à la mise des instruments dans une vanette recouverte d'un linge et placée à portée de la main, permettent à l’anesthésique sa diffusion dans le tissu cellulaire.
TEcHNIQUE OPERATOIRE
Nous considérons comme inutile de faire ce que l’on appelle l’assouplissement des bourses, ces manipulations ont l'inconvénient de faire souffrir l'animal et à rendre les suites inflammatoires de l'opération plus intenses.
Pour faciliter l’énucléation des testicules, on fait la rupture des adhérences. Avee la main gauche, les doigts repliés, on saisit le fond des bourses et de l’autre main, placée sous les testicules les pousse vers le canal inguinal.
Premier temps. — Préhension des testicules.
L'opérateur placé en arrière, faisant face à la région sur laquelle il va opérer, saisit de la main gauche la masse formée par les cordons et maintient ainsi les testicules dans le fond des bourses.
Deuxième temps. — Incision des enveloppes.
« De la droite armée du bistouri convexe tenuen archet, ilincise d’un seul coup le scrotum dans toute son épaisseur au niveau de la ligne médiane entre les deux testicules sur une longueur de dix centimètres environ. Illaisse remonterle testicule droit et amène le gauche par une légère pression en regard de la plaie serotale, puis il incise à coups modérés le sac dartosien et par une pression un peu plus forte exercée sur le testicule amène immédiatement celui-ci en dehors, comme dans Ja
L'Age
castration par les casseaux à testicules couverts. »
Troisième temps. — Enucléation du testicule.
Il saisit alors la glande de la main droite, avec la gauche, il repousse les enveloppes et dégage ainsi le cordon le plus haut possible.
Quatrième temps. — Ablation du testicule. Rupture du cordon.
Maintenant alors le cordon entre le pouce et l'index dela main gauche, il introduit l'extrémité de la bande attenant au linge entre le pouce et le cordon, enroule celle-ci de gauche à droite autour de cette partie de l’organe, la passe de nouveau sous le pouce et fait ainsi plusieurs tours jusqu’à l'épuisement de cette bande ; le cordon est alors bien enserré et la toile recouvrant le testicule le protégera et l’empêchera de glisser entre les mains de l’opérateur au moment de la torsion. « Lâchant alors le cordon et prenant la serviette à deux mains, l'opérateur en réunit toutes les parties et continue à tordre lentement dans le même sens, sans tirer à lui malgré les mouvements désordonnés auxquels se livrent parfois les animaux. Après une dizaine de tours, le cordon se sépare en deux, au niveau du point d’enroulement de la bande, sans une goutte de sang, lafaible hémorragie qui se produit étant absorbée au fur et à mesure par latoile.
On pratique la même manœuvre pour le testicule droit.
On déterge ensuite la plaie, on tire sur le scrotum qui était remonté pendant l'opération, on lave
PT
de nouveau le champ opératoire et l’opération est terminée. Pour un habile praticien, elle a duré environ six minutes.
Si par hasard, durant l'opération, l'animal se couche, l'opérateur n’a qu’à s'arrêter et à attendre le moment favorable pour continuer ».
Nous recommandons pour éviter l'infection ascendante toujours possible, de faire la section du cor-
don dans sa partie moyenne. -