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TEMPS RELATIF

La catégorie du temps, comme nous l'avons établi ailleurs, mais en faisant pourtant ici une rectification de termes, comprend : 1° le temps absolu, 2° le temps relatif. Celui-ci se subdivise en P temps relatif subjectif 2° temps relatif objectif

Lorsque je dis si l'action est, a été ou sera faite, mais sans ',5 m'inquiéter de son degré d'accomplissement, je me sers du — - temps absolu aoristiqtie ; si, au contraire, je pense et j'exprime que cette action est, a été ou sera en voie d'accomplissement, que cet accomplissement dure ou durait, le temps absolu est duratif ;%\ enfin je veux dire que l'action s est terminée, qu'elle a eu, ou même aura un plein accomplissement, le temps absolu est parfait, c'esi-k-dire accompli.

Pourquoi un tel temps est-il absolu ? C est qu'il n'exprime pas de relation ni de telle action à telle action, ni dételle personne à telle personne, mais envisagé l'action elle-même dans son isolement. Ce n'est pas le temps proprement dit. et dans son sens usuel, où il suppose toujours un point de comparaison. Aussi le temps par/aù n'aippairiient point seulement au passé, mais aussi bien an futur ; ce n'est, comme nous l'avons expliqué que par une confusion hystérogène et en vertu de certaines \ affinités que ridée du parfait est venue à coïncider à tidée du passé dans beaucoup de langues. Ce temps absolu n'exprime point la relation et est tout-à-fait en dehors de notre sujet.

Le temps relatif est celui qui compare dans le temps deux actions, ou une action et la personne qui parle. Dans la premier cas le ^mps relatif est objectif, dans le second il est subjectif. - Lorsque je dis : fêtais la lorsque vous êtes venu, le verbe : ]'étais exprime deux temps distincts : P d'abord celui relatif au moment où je parle, temps que nous allons examiner toutà-l'heure ; 2** celui relatif à une action, à celle : vous êtes venu. \ Cela est si vrai que si le verbe : ]'étais par rapport au moment ' où je parle est qm passé, il est an présent par rapport au moment foù vous êtes venu. L'imparfait, en effet, est le mélange du passé subjectif avec le présent relatif. C'est une résultante de deux éléments tout-à-fait distincts. Le ternies relatif objectif est tont-àfait dans la sphère de la relation de pensée à pensée ; les deux pensées sont unies ensemble quant au temps. Il est objectif parce que les deux pensées, les deux actions qu'elles contiennent, peuvent et doivent être considérées Tune vis-à-vis de l'autre comme deux objets, sans que la personne qui parle soit pour rien dans ce rapport.

Lorsque je dis : Je viens, ou : je suis venu, le temps exprimé se compte par rapport au moment où je parle. Ce temps est donc bien relatif, puisqu'il a un point de départ en dehors de lui ; et ce point de départ est subjectif puisqu'il est dans la personne de celui qui parle, et dans l'instant de sa parole. Par lui, le rapport s'établit entre une action et une personne, mais aussi entre une action et une autre, celui de la pensée de celui qui parle. Le temps relatif subjectif établit donc bien une relation entre deux pensées, mais une relation subjective.

Nous n avons voulu qu'établir ici ces principes, sans rentrer

dans un sujet que nous avons déjà traité, et en même temps corriger en la modifiant la classification que nous avons établie à ce sujet dans notre travail sur la catégorie du temps. Nous avions appelé temps objectif ce que nous appelons ici temps absolu, à savoir : YaorisHque^ le duratif et le parfait, temps relatif ç,^ que nous appelons ici plus exactement temps relatif objectif : Yimparfait, pltcs-que-parfait, etc. ; enfin temps subjectif ce que nous appelons ici plus complètement temps relatif subjectif, à savoir : le présent, le passé et \^ futur.

Nous avions donné à la classe des temps aoristique, duratif et parfait le nom ^objective, parce qu'on considère dans ces temps l'action isolée comme un objet, sans rapport avec d'autres actions. C'était un tort, puisque la qualification d^objecHve doit se faire par opposition à celle de subjective, et non par opposition à celle de relative. Ce qui est opposé au relatif, c'est Yabsolu, c'est-à-dire l'objet considéré en lui-même.

Au contraire, la classe des temps présent, passé, futur, et celle des temps imparfait, plus-que-pa^rfait, ont ceci de commun qu'elle suppose un point de comparaison pris en dehors de l'action elle-même, dans une autre action, soit celle de l'interlocuteur qui consiste à penser, soit toute auti^e. Donc ces deux classes sont relatives.

Elles se sous-distinguent entre elles, en ce que l'une, celle du présent, du futur etc. ne prend pour point de comparaison que la pensée et la parole de celui qui parle, et par conséquent est subjective, tandis que l'autre a, pour point de comparaison, une autre action indépendante de celui qui parle, et par conséquent par opposition à l'autre situation qui était subjective est objec- Hve, les actions, vis-à-vis les unes des autres cette fois, devant être considérées comme autant d'objets.

Nous avions ici eu le tort de ne pas faire suffisamment ressortir par les termes que le temps subjectif est relatif subjectif et d'appliquer le terme de relatif seulement au relatif objectif.

Nous nous rectifions, et divisons les temps ainsi :

Y^^ temps absolus.

V aoriste, le duratif, le parfait.

2^""^ temps relatif.

A. Temps relatifs subjectifs, liQ présent, le passée le futur.

B. Temps relatifs objectifs.

Vimparfait, plus-queparfait, le futur antérieur, etc.

Cette rectification faite, nous renvoyons à notre travail sur la catégorie des temps, où tout ce qui concerne le temps relatif doit être joint à notre présent travail pour l'étude des relations de pensée à pensée.

On comprend facilement comment le temps peut servir de lien entre deux pensées ; c'est même un des principaux liens. Il joue dans les verbes le même rôle prédominant que \e lieu joue dans le substantif ; de même que le lieu est à la base de la déclinaison^ de même le temps est à la base de la conjugaison.

Deux pensées se comparent le plus facilement et le plus couramment par le temps. Cependant nous verrons que ce n'est pas là leur rapport le plus intime, le plus intrinsèque, que ce dernier est fourni par la catégorie du mode.

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