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BXPRESSION DES TEMPS SUBJECTIFS PAR LA MODIFICATION DU SON

§ 1. — Modification de la voyelle médiane du radical.

Ce procédé s'emploie dans le tamascheq, Taware, Talgonquin, le kotte.

Le tamascheq, comme nous l'avons vu, dérive le présent de Taoriste en changeant Ve radical en a dans la dernière syllabe : i-elkem, i-elkam.

L'aware, du verbe i-ne, aller, forme le présent : u^na, le prétérit : a-na, le futur : i-na; de rekhine, chevaucher, le présent ; rekh-u-na, le prétérit : rekh-a-na, le futur : rekh^ i-na.

L'algonquin n'emploie pas ce procédé précisément pour l'expression des temps, mais pour celle des modes; nous en faisons mention ici, parce que les modes et les temps sont étroitement apparentés dans les langues primitives, et qu'on n'en fait même pas de distinction nette. C'est ce qu'on appelle le changement. Ce changement consiste en nne mutation de la voyelle qui s'opère sur la première syllabe du verbe au participe présent, au suppositif et au positif; il exprime aussi l'habitualité. A se change en iya, et eya; a en ê, e en lye^

t en e, o en iyo ou en we. On voit que ce changement est en réalité un renforcement, une sorte de guna. Exemples : âkku^ siWy il est malade, eyâkkusit, lui qui est malade ; apiWy il est là, epit, étant là; nîpiny c'est Tété, niyepik, quand c'est l'été. Le kotte distingue le prétérit du présent par une modification vocalique : aise, j'oublie, devient : uise,

§ 2. — Modification de la lettre initiale ou finale.

Nous avons vu, en traitant des temps objectifs, le système du somali, de l'irob-saho surtout, lesquels marquent les temps en modifiant la voyelle finale, tantôt du radical, tantôt du pronom personnel préfixé ou suffixe ; nous n'y reviendrons pas. Disons seulement que ce système s'étend aux cas subjectifs eux-mêmes.

Le poul semble bien aussi employer le même procédé ; le présent se termine par l'une des voyelles : a, o, w, l'aoriste par la voyelle ; i, le parfait par cet : i + no, le futur par : ai, l'impératif par : u. Cependant la nature de ce procédé est discutable, on peut y voir un suffixe plutôt qu'une mutation vocalique, se fondant sur ce que la 2* personne de l'impératif ne porte pas de voyelle finale. Il n'en reste pas moins singulier que la formation des temps y soit presque exclusivement vocalique, ce qui semble exclure le mot vide, et la personne de l'impératif peut être le résultat d'un raccourcissement.

Une langue néo-indienne, l'oriya, termine non-seulement ses divers temps, mais aussi ses différentes personnes par des voyelles différentes, modifiant la dernière syllabe dans ce sens. Koru, je fais; koli, je faisais; korihi, je ferai; kore, fais; koronti, je ferais. Elle suit le même système pour différencier les personnes. Indicatif parfait : koli, kolu, kola; pluriel : kolu, kolo, kole.

Le sanscrit, comme nous l'avons vu à propos des temps objectifs, modifie la vocalisation non-seulement de la racine, mais souvent aussi de la désinence personnelle des verbes pour exprimer l'aoriste, le duratif et le parfait. Dans le pre-

— ramier cas la désinence se termine par une consonne, dans le second il s'y joint un i, dans le troisième un a. Cette dififérenciation s'étend indirectement aux temps subjectifs.

L'accadien présente un cas de différenciation du temps par le simple allongement de la voyelle finale. Prétérit : musé, iZ'Sé; présent : mu-sê, iz-sê,

SECTIGS DEUXIÈME

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