III. Caustiques métalliques
1° Chlorure d’antimoine, beurre d’antimoine.
2° Acide arsénieux
Poudre de Rousselot.
Sang dragon...
Cinabre
Arsenic blanc.
I' Cinabre ,.
Sang dragon ...
Arsenic blanc.
Savalte brûlée.
Poudre de Dubois.
Sang dragon...
Cinabre
Arsenic blanc.
60 gr.
60 gr.
60 gr.
3° Nitrate d’argent 4° Chlorure d’or. .
5° Sulfate de cuivre
) Pierre infernale, j Nit. d’argent. . 1 p. j Crayon mitigé... j Nit. de potasse. 2 p.
Pâte de Payan.. .
Chlorure d’or 3 gr.
Eau régale 320
Sulfate de cuivre.... q. s.
Jaune d’ocre q. s.
Acétate de cuivre : peu employé.
6° Sels de mercure
11 0 Trochisque.
2° en solution.
3° en pâte.
Nitrate acide.
Sublimé. 2 p.
Amidon. 4 p.
Farine... 3 p.
Sublimé. 1 p.
Eau q. s.
(1) En chirurgie vétérinaire, le sublimé entre dans les onguents égyptiens de Salleysel, l’onguent de Naples, les onguents de Chabert,
| Chlorure. 1 p.
• Farine.... 2 p.
I Chlorure. \ p.
| Farine.... 3 p.
j Chlorure. 1 p.
) Farine.... 4 p.
I Chlorure. 1 p.
/ Farine.... 1 p.
Le mode d’emploi des caustiques peut se résumer en un certain nombre d’opérations, que nous désignerons sous les noms de cautérisations en surface ou en nappe, de cautérisation en flèches, de cautérisation linéaire, linéo-circulaire, convergente, divergente, en faisceau, etc.
Cautérisation en surface. Elle se pratique avec les caustiques liquides, pulvérulents, les pâtes et les solides.
On se sert généralement d’un pinceau pour étendre les caustiques liquides à la surface des plaies ou badigeonner les muqueuses des cavités naturelles, comme la bouche, le pharynx, le col de l’utérus, etc. C’est le mode d’emploi le plus fréquent des acides chlorhydrique, nitrique, des solutions de nitrate d’argent, du nitrate acide de mercure, etc.
Beaucoup de chirurgiens se servent encore du blaireau pour projeter brusquement et disséminer à la
Lubère, Blaine, Girard, Lelonv, etc. Dans cette classification ne sont pas compris un certain nombre de caustiques, l’acide jaune, l’acide fluorhydrique, etc., employés séparément.
Pâte de Canquoin.
6° Chlorure de zinc
No I.
Pâte de Bonnet. ..
Sétons, ligatures.
surface des parties, les poudres astringentes plutôt que caustiques, l’alun, la poudre de Dupuytren (mélange d’acide arsénieux et de protochlorure de mercure).
Les pâtes caustiques, soit cathérétiques, soit escharotiques, sont étendues avec une spatule sur les régions à cautériser. Si leur application doit être de longue durée, et que l’opérateur ne puisse la surveiller, comme celle du caustique sulfuro-safrané, de la pâte de Vienne, il est indiqué de protéger les arties saines, soit avec des bourdonnets de charpiep soit avec du diachylon.
Lorsqu’on emploie lapâte arsénicalede Rousselotou du frère Corne, ou encore des préparations mercurielles, il faut suivre fidèlement les deux règles suivantes, posées par M.Manec *, sous peine de voir se produire des accidents d’empoisonnement : 1° la couche de pâte ne doit pas dépasser la surface et l’épaisseur d’une pièce de 2 francs (Philipeaux en limite même l’épaisseur et l’étendue à celles d’une pièce de 1 franc); 2° neuf à dix jours doivent exister entre chaque application.
Les cautérisations en surface avec les caustiques solides se font généralement avec les crayons de nitrate d’argent pur ou mitigé, les cristaux de sulfate de cuivre (yeux). Cette petite opération si commune et innocente est souvent mal faite : la plupart des médecins promènent le crayon à la surface de la plaie.
1 Manec, Bulletin de thérapeutique, 1853, février, p. 182.
Qu’en résulte-t-il? Les aspérités de la pierre déchirent les bourgeons charnus, les font saigner, et, ce qui est plus grave, déterminent une assez vive douleur. On évite tous ces inconvénients en touchant légèrement et successivement tous les points de la surface à cautériser, ou, si l’on veut, en cautérisant pour ainsi dire séparément chaque bourg-eon charnu. Cette recommandation trouve surtout sa raison d’être lorsque l’on cautérise la surface d’une muqueuse sensible et délicate, comme les muqueuses oculaire, buccale, etc. On ne doit non plus jamais cautériser les bourg’eons périphériques d’une plaie ou d’un ulcère, pour ne pas détruire la mince pellicule épidermique qui déjà les recouvre (Velpeau).
Pour les applications de potasse et des autres caustiques solides, mais déliquescents, on pratique préalablement dans un morceau de diachylon une ouverture en rapport avec l’étendue et la forme que l’on veut donner à l’eschare, avec cette restriction toutefois qu’il faut bien savoir que l’action du caustique sur le tégument dépassera de près de moitié la grandeur de l’entaille. Ce sparadrap ainsi découpé est appliqué intimement sur la peau, et un ou plusieurs morceaux de potasse sont enchâssés dans l’espace laissé vide. Des bourdonnets de charpie et un bandage approprié fixent solidement l’appareil.
Il faut cinq à six heures pour que l’action de la potasse soit épuisée et que l’eschare atteigne le tissu cellulaire sous-cutané. Alors la profondeur de l’eschare potassique ég*ale environ la moitié de sa lar-
g*eur (Philipeaux). Si Ton ne voulait qu’enlever l’épiderme, quelques minutes d’application suffiraient.
Cautérisation linéaire. Elle ne diffère de la précédente que par la forme étroite et longitudinale que l’on donne à l’eschare. Tous les caustiques dont nous venons d’étudier le mode d’emploi peuvent être utilisés à cet effet. Il n’y a d’exception que pour ceux qui n’attaquent pas l’épiderme, comme le chlorure de zinc, d’étain, le bichlorure de mercure. Mais, l’épiderme détruit par la potasse ou l’ammoniaque, ils peuvent également servir à pratiquer la cautérisation linéaire. Aussi beaucoup de chirurgiens se contentent de dénuder le derme et d’appliquer ensuite une lanière de pâte au chlorure de zinc, dont l’action est plus sûre et plus facile à calculer.
Cautérisation linéo-circulaire. Elle consiste a creuser avec les caustiques une sorte de tranchée à la fois linéaire et circulaire autour des tissus pathologiques, dont on veut amener la chute. Girouard qui, le premier, eut cette idée, commençait par pédiculer autant que possible la tumeur et isolait sa base des tissus sur lesquels elle repose. Il cernait alors le pédicule d’une traînée linéaire de caustique de Vienne, fendait l’eschare, lardait le fond du sillon de pâte de Canquoin, incisait la nouvelle eschare pour répéter la même opération, disséquant ainsi la tumeur avec le caustique comme il l’eût fait avec le bistouri. En
quarante-huit heures au plus, il atteignait la base de la tumeur et en faisait alors l’ablation, en sectionnant les parties encore adhérentes qu’il avait soin de cautériser immédiatement.
Cautérisation en flèches. C’est le procédé de Girouard simplifié quant à la rapidité d’exécution, mais ayant perdu beaucoup sous le rapport de 1a, sécurité. M. Maisonneuve, au lieu de disséquer la tumeur couches par couches avec le caustique, la cerne d’emblée de morceaux durcis de pâte de Canquoin, auxquels il donne le nom de flèches. Quelques détails sur la préparation : on étend cette pâte sous forme de feuilles, épaisses de plusieurs millimètres à 1 centimètre; avant qu’elle ait acquis par la dessiccation la rig’idité du carton, on la découpe en triangles isocèles plus ou moins longs et aigus à leur sommet. C’est à ces petites lanières triangulaires qu’on a donné improprement le nom de flèches. Pour les faire pénétrer profondément au milieu des tissus, M. Maisonneuve fait d’abord une ponction avec un bistouri long et étroit, et la flèche est enfoncée d’autorité dans ce trajet tout préparé. Le nombre, la disposition et la direction des flèches doivent toujours être combinés de façon à amener, en une seule séance, la séparation et l’isolement du tissu morbide; s’il s’agit d’obtenir une eschare linéaire, les flèches sont disposées sur une seule ligne avec le soin de ménager entre chacune d'elles un espace de 2 centimètres environ, espèce de pont que l’action du caustique détruira dans
les vingt-quatre ou trente-six heures qui suivent son application.
Ges flèches sont-elles disposées circulairement de façon à converger par leur sommet et à circonscrire à leur centra une sorte de cône, à base extérieure et à sommet profond, la cautérisation est dite convergente. Lorsqu’on a intérêt à ménager la peau, tout en voulant détruire un produit pathologique placé audessous d’elle, au lieu de faire converger les flèches de la phériphérie au centre, on les fait rayonner en sens contraire, de façon à simuler une sorte de rosace souscutanée; c’est la cautérisation divergente. Elle permet pour ainsi dire d’évider la tumeur, de la fragmenter et de l’énucléer à travers un orifice plus étroit que sa base.
Enfin, quand on larde toute l’épaisseur d’une tumeur, de façon à atteindre et à mortifier d’un seul coup tous ses éléments, on pratique une cautérisation en faisceau.
Cautérisation sous-cutanée. Pour ménager les téguments, on a imaginé de se servir de la seringue de Pravaz, afin d’injecter les caustiques liquides au milieu des tissus morbides.
Nous avons entendu raconter à M. Denonvilliers qu’A. Bérard, dans les dernières années de sa vie, remplissait de caustiques liquides des tubes capillaires en verre qu’il plongeait ensuite dans les tumeurs du sein. En malaxant la mamelle, il brisait ces tubes, et Je caustique se trouvait mis en liberté.
Les injections sous-cutanées d’acide acétique faites, en Angleterre, dans le but de dissoudre les tumeurs, ont suggéré à M. Luton1, de Reims, l’idée d’injections de teinture d’iode et de nitrate d’argent, d’iodure de potassium, etc. dans les tissus morbides.
Plus récemment M . Nélaton, préoccupé de la difficulté d’atteindre certaines tumeurs profondément situées et inabordables, sans des délabrements préalables considérables, songea à les attaquer par l’injection de caustiques les plus puissants, tels que la potasse caustique, l’acide sulfurique, etc. Sur ses conseils, et sous ses yeux, nous fîmes avec des seringues appropriées des injections sous-cutanées de potasse caustique, d’acide sulfurique, de chlorure de zinc. Les résultats les plus inattendus s’ensuivirent. Nous les consignerons sous forme d’appendice à la suite du chapitre suivant sur le mode d’action des agents cautérisants, où leur description trouvera sa place naturelle. Pour le moment, il nous suffît d’indiquer ce nouveau mode d’emploi des caustiques liquides.
Électrolysation. L’histoire de ce procédé de cautérisation, son mode d’emploi, ont été exposés par M. Broca, dans son savant Traité des tumeurs , avec une telle lucidité que nous ne saurions mieux faire que d’y renvoyer le lecteur curieux de connaître la valeur et l’avenir de cette méthode. Ce serait d’ailleurs sortir des bornes de notre sujet, qui implique
2 Luton. Archives de médecine, octobre 4867.
exclusivement la description de la manœuvre opératoire, son mode d’action et ses applications à la cure des maladies chirurgicales. La manœuvre opératoire, la seule dont nous voulions nous occuper pour l’instant, est des plus simples. Elle consiste à implanter dans les tissus à une profondeur variable, et à deux centimètres et demi de distance l’une de l’autre, les deux aiguilles en platine qui terminent les deux fils conducteurs en communication avec une pile de Bunsen (Nélaton) b
Porte-caustique de trousse à crémaillère mobile de Charrière.
— Desmarres pour le canal lacrymal.
— Magne. —
— double de Siebel —
— à trois branches de Duplay pour l’oreille de Vinci.
— Ménière —
— Triquet —
— Blanchet —
— Cazenave (de Bordeaux) pour le larynx.
— Richet —
— Fauvel —
Baleine porte-éponge de Bretonneau, caustique liquide.
— Guéneau de Mussy —
— Trousseau
Porte-caustique à trois branches de Burck Adam.
— Moura-Bourouillou.
Tige en argent flexible porte-coton de Fournié.
— Fauvel.
Porte-caustique à cuvette à gaine de Trousseau.
— grillagé de Sarmento.
— — Manol.
— — Loiseau.
i Nélaton. Aadémie des Sciences, 1867.
Porte -caustique articulé de Leroy.
— couvert par un tube, de Fauvel.
Seringue pour injection caustique de Fournié.
Abaisse-langue injecteur de Guersant.
Insufflateur de poudre de Bretonneau.
— Scharft.
— Guillon.
— ■ Guinier.
— Morand.
— Schapp.
— avec tube de caoutchouc de Fournié.
— avec poire de Richardson —
Porte-caustique grillagé de Charrière, oesophage.
— à cuvette, de Piorry —
— en forme de 3/4 de Follin, ponction.
Pince porte-caustique d’Amussat, hémorroïdes.
— — en queue d’aronde.
— — courbe.
— Barthélemy.
Porte-caustique de Bérard anus.
Pince porte caustique de Nélaton varicocèle.
Porte-caustique de Lallemand droit et courbe voies urinaires. — Ségalas —
— Amussat —
— Barré (de Rouen) —
— Voillemier —
— Dieulafoy (de Toulouse) —
— Delcroix —
— Civiale —
— Pasquier —
— Ducamp —
— Caudemont —
— Leroy d’Etiolles —
— Demarquay —
— liquide de Clerc —
Insufflateur de poudre de Mallez.
Porte-caustique prostatique de Mercier.
— Lallemand.
— Civiale.
Porte-caustique prostatique de Roux de Brignolles.
— pour prostatique chronique de Jarreau.
— de Brinez avec cuvette, maladie des femmes. Sonde porte-caustique de Richet.
— Sims.
Porte-caustique en pâte de Filhos.
— Trousseau.
— Hervé de Chégoin.
— Nonat.
— Costhils.
— Demarquay.
Pince porte-caustique de Savage.
La fermeture et l'ouverture du courantdéterminent une seeousse assez douloureuse dont il faut avertir le patient, dans la crainte qu’un brusque mouvement de sa part ne fasse échapper les aiguilles.
Dix à quinze minutes suffisent pour que l’eschare soit produite (Nélaton) *, et l’étendue en serait à peine accrue par une séance plus prolongée (Broca).
Dix jours environ sont nécessaires pour amener la chute de l’eschare; alors seulement on peut procéder à une seconde opération.
Si l’on avait à traiter de cette façon une tumeur pédiculée, il serait indiqué d’attaquer de préférence son pédicule ou sa base, afin d’en accélérer la mortification.
Appareil instrumental. La nécessité de porter profondément des caustiques au fond de cavités naturelles ou accidentelles d’un accès difficile à la main, a
1 Nélaton. Loc. cit.
— 3fi ~
fait naître une foule d’instruments que l’on désigne sous le nom de porte-caustiques. Nous nous contenterons d’indiquer en note ceux qui sont le plus souvent employés; leur description et la manière de s’en servir nous entraînerait trop loin de notre sujet.