POSITION DU PROBLEME
L'école de Châteaubriant montrera le rôle du poumon dans la production des pyothorax puis dans leur persistance rebelle à tout traitement : les lésions pulmonaires superficielles ouvertes sur une plèvre viscérale entretiennent la purulence de la cavité et paralysent toute symphyse. L'évolution de ces lésions pulmonaires commande directement l’évolution du pyothorax. Leur traitement direct ou indirect sera le traitement étiologique du pyothorax. La pleurectomie n’est plus seulement un perfectionnement du drainage seulement, mais la voie d’abord sur les lésions tuberculeuses pulmonaires voisines de la
plèvre.
PAR AT re
CONCEPTION ÉTIOLOGIQUE DES PYOTHORAX à CHATEAUBRIANT
L'étude des pyothorax, complications du pneumothorax thérapeutique, a été complètement renouvelée par les multiples travaux de M. BERNOù sur les perforations pleuro-pulmonaires. Grâce à ces travaux certaines données ont été mises en évidence qui ont précisé l’étiologie, la thérapeutique et la prophylaxie de ces accidents. Nous nous bornerons à en résumer l'essentiel qui déborde le cadre de cette étude et nous signalerons aussitôt les références bibliographiques.
Au cours de l’entretien du pneumothorax thérapeutique, la cavité pleurale peut se trouver extrêmement voisine de lésions pulmonaires en évolution. Si le pneumothorax n’est pas rapidement efficace, si les lésions gagnent la périphérie du moignon pulmonaire, c’est-à-dire la plèvre viscérale, et qu’alors le pneumothorax conservé contre toute raison soit un obstacle, par sa persistance, à la localisation de la réaction pleurale inévitable, en empêchant toute symphyse en face des lésions; nous nous trouverons fatalement un jour en présence d’un syndrome pleuro-pulmonaire tuberculeux ou même quelquefois
infectieux mixte puisque les bronches et les bron-
AR
chioles intéressées ne sont jamais aseptiques. Ce syndrôme comprendra done des signes pulmonaires et des signes pleuraux. Les signes pleuraux seront si violents qu’ils masqueront pour un œil non averti toute symptomatologie pulmonaire proprement dite (À). |
De sorte qu’on assiste à un duel entre l’action thérapeutique du PNO et l’évolution des lésions tuberculeuses.
1° Toute cause augmentant la virulence des lésions tuberculeuses est cause de pyothorax : pneumonie caséeuse si le PNO décolle, anergie transitoire de toutes origines chez un tuberculeux porteur de PNO et non encore stabilisé, surinfection pulmonaire ou bronchique.
2° Tout élément limitant la rétraction pulmonaire élective est également cause de pyothorax. a) Adhérences pleurales qui sont presque toujours en face
(1) Par analogie la complication majeure du PNO sur abcès du poumon est l’apparition fréquente et précoce d’un pyothorax septique. La propagation rapide de l'infection de l’abcès vers la plèvre semble l’étiologie si évidente de ces accidents que les indications du PNO sur abcès sont aujourd’hui réduites aux abcè, situés le plus loin possible de la plèvre et aux pneumothorax libres de toute adhérence. On pourrait se demander alors pourquoi tous les PNOS$ n’auraient pas le pyothorax comme conclusion nécessaire. En fait, le PNO en provoquant la rétraction élective des lésions tuberculeuses pulmonaires a une action thérapeutique plus grande et plus rapide que le pouvoir extensif de ‘ces lésions, même exagéré momentanément par le premier choc du collapsus (Proposition à inverser probablement pour l’abeès du poumon).