‹ De la cautérisation des cavernes pulmonaires et des masses caséuses superficielles comme temps essential des pleurectomiesChapitre 38 sur 82 · L'INDICATION DE NECESSITE ET L'ASPIRATION INTRAPLEURALE · texte numérisé non relu

L'INDICATION DE NECESSITE ET L'ASPIRATION INTRAPLEURALE

L'introduction de l’aspiration intrapleurale a été une révolution de tout premier ordre ; elle tend en effet à ramener le problème au point. où il aurait dû être si le PNO n’avait pas été continué à tort, c’est-àdire à la seule persistance de la lésion pulmonaire initiale. É

Elle a l'avantage :

1° de désinfecter le malade à peu de frais, sans -

choc opératoire initial;

2° d’être possible malgré des perforations pleuropulmonaires évidentes : a) soit qu’elles s’obturent, au moins provisoirement, et quelquefois définitivement; b) soit qu’elles débitent moins d’air que la pompe et qu’elles n’empêchent plus ainsi la réexpansion pulmonaire (1) :

(1) Thèse de Brénugat, 1940.

3° de faire disparaître les thoracos d'indication purement pleurale en ramenant le poumon à la paroi sans résections costales;

4° d’être un facteur de la symphyse providentielle sans laquelle aucun pyothorax ne peut être déclaré guéri;

9° d’avoir même une action pulmonaire, en obturant une perforation dont nous avons vu le rôle sur la permanence .du pyothorax, et en favorisant, la guérison locale pleuro-pulmonaire (diverses théories .sont proposées pour expliquer cette action pulmonaire : signalons le repos imposé au malade, le repos lésionnel, l’hyperémie provoquée ou l’œdème local, etc. Pour certains même l’anoxémie locale (Coryllos).

Il ne faut pas cacher que devant tant de succès on se demandait avec curiosité quel serait l'intérêt futur des pleurectomies.

En fait lindication de nécessité a totalement disparu.

Bien plus encore, il existe de très nombreux cas, plus nombreux encore qu’on ne l’imaginait, où les malades antérieurement guéris sans pleurectomie font une rechute pleuro-pulmonaire. Cette rechute peut prendre les aspects suivants :

1° Perforation tardive sous thoracoplastie ou après abandon d’un pneumo antérieurement efficace. Un pyothorax se constitue dans une poche plus ou moins symphysée.

2° Une symphyse providentielle a interrompu un pyothorax, soit spontanément, soit grâce à une

thoraco ou même à l'aspiration. Une pleurolyse catastrophique à partir d’un petit trajet résiduel, ou à partir d’une petite poche qui paraissait stérilisée, renouvelle le pyothorax (pleurolyse post-symphysaire).

3° Une perforation pleuro-pulmonaire intervenant en plèvre antérieurement parfaitement symphysée, crée un petit pyo-pneumothorax qui décolle peu à peu les plèvres en totalité et aboutit à la fonte caséeuse des parois du pyothorax (pleurite caséeuse pneumolysante de Derscheid et Toussaint).

Dans ces trois cas le recours à l’aspiration est l'indication d’urgence (la pleurectomie était là autrefois une indication d’urgence si choquante qu’elle permettait de laisser porter dans ces cas un pronostic systématiquement défavorable que laspiration a montré exagéré).

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