LA LÉSION EST VISIBLE ET ACCESSIBLE
La forme anatomo-pathologique de la tuberculose pulmonaire en cause semble le grand facteur des difficultés possibles. S'agit-il d’une lésion unique, bien localisée, bien circonserite? Les cautérisations en débarrasseront assez vite le malade. S'agit-il au contraire d’une forme disséminée à nombreux petits foyers ? On perdra beaucoup de temps à attendre qu’ils viennent éclore à la surface de la plèvre pour les cautériser et on ne sera jamais sûr, avant l’épidermisation totale de la plèvre, qu’il n’y en ait pas encore d’inattendus.
Cette éclosion à la surface de la plèvre des cavernes et lésions caséeuses sous-pleurales est un
phénomène assez mystérieux, car on se l’explique mal en période de guérison, d'autant plus que rien ne prouve que ces lésions soient évolutives sous la plèvre avant leur extériorisation. Même si on admet cette dernière affirmation, il faut voir là une preuve de plus que la mise à Pair d’une lésion tuberculeuse pleurale solidarise la paroi et le poumon au point qu’il est impossible d'espérer guérir la plèvre seule ou même quelque temps avant le poumon. (Fait cependant possible par aspiration simple et surtout par aspiration discontinue ; il est vrai qu’il s’agit alors de pyothorax relativement bénins.)
Une radiographie du malade avant le pneumothorax peut donner une idée assez grossière des difficultés possibles. En général, dans ces pyothorax rebelles, on rencontre sur la plèvre viscérale plus de lésions que l’examen radiologique du poumon n’en décelait autrefois. C’est dire qu’il ne faut pas non plus espérer de guérison pulmonaire locale pendant un pyothorax qui ne guérit pas. Quel que soit le silence des lésions pulmonaires sous-jacentes au pyothorax, on les retrouve sur la plèvre si l’on est obligé d’aller jusqu’à la pleurectomie. (Il est bien évident que certaines lésions guéries par le pneumothorax assez longtemps avant sa transformation en pyothorax peuvent très bien disparaître sans traces.)
Cette permanence des lésions pulmonaires n’est d’ailleurs pas le fait du pyothorax puisqu’au contraire c’est elle qui le régit.
Un autre fait curieux qui ressort des observations de Châteaubriant, ce n’est pas l'importance de la
masse casétuse qui importe, car on l’enlève très facilement lorsqu'elle ne disparaît pas seule, mais c’est seulement l'infection de la bronche de drainage, qui paraît toujours remonter bien plus en aval de la lésion pulmonaire qu'on ne l’imaginerait, De là, d’une part l'intérêt des fusées caustiques que donne dans ces bronches le nitrate d'argent loin du plan pathologique superficiel, et d’autre part des considérations étiologiques sur lesquelles nous ne voulons pas nous étendre, car la tuberculose bronchique est encore trop considérée comme rare, sauf par certains auteurs américains.