CONCLUSIONS
L’étiologie des pyothorax, complications du pneumothorax thérapeutique, a été mise au point à Châteaubriant : M. BERNOU a démontré que l’évolution des lésions tuberculeuses dans le moignon mal collabé finissait par entraîner leur ouverture dans la plèvre. Le premier signe décelable de cette ouverture est la perforation pleuro-pulmonaire bruyante ou discrète. La permanence du pyothorax est également régie par la permanence de la perforation. Tout traitement du pyothorax qui ne tient pas compte de l’état de la perforation est hasardeux.
Un pyothorax dont la perforation ne guérit pas, c’est-à-dire tout pyothorax rebelle, ne peut être amélioré que par un traitement direct ou indirect de la perforation.
L’aspiration pleurale peut être considérée comme le traitement indirect de la perforation qu’elle masque, puis guérit souvent seule. Mais seule l’ouverture de la cavité pleurale peut permettre un traitement immédiat de la perforation.
En effet, la perforation n’est que la traduction des lésions pulmonaires drainées dans la plèvre et non
cicatrisées.
Vire
Les pleurectomies faites sans tenir compte de ces lésions donnent des statistiques où la technique en cause a très peu d'influence et où l’état de la plèvre viscérale, antérieur à l'opération, reste l'élément pronostic majeur : c’est dire que l'intervention ainsi
conçue a peu d'intérêt.
Par contre, la pleurectomie est la voie d’accès à toutes les interventions sur la plèvre viscérale et les lésions qu’elle comporte.
M. BERNOU propose de nécroser par eautérisations au cautère au rouge sombre et au crayon de nitrate d’argent toutes les lésions pulmonaires caséeuses visibles, et toutes les bronches infectées qui les drainaient.
Cette intervention se révèle le temps final essentiel d’une pleurectomie. Nous rapportons ici les premiers résultats de cette technique nouvelle appliquée à quelques plaies jusque-là non cicatrisées malgré une technique de pleurectomie satisfaisante et correspondant aux désirs des auteurs les plus récents.
Lorsque la plaie caséeuse peut être débarrassée de toute perforation bronchique, la guérison est assurée.
Les cautérisations peuvent amener ce résultat régulièrement, mais les conditions d’accès large à la lésion qu’elles exigent sont souvent incompatibles avec l’anatomie de l’épaule, car ces lésions siègent souvent sous la ceinture scapulaire au sommet du poumon. Lorsqu’elles.sont possibles, la régularité du succès des cautérisations permet de les proposer
comme temps essentiel du traitement des lésions pulmonaires tuberculeuses drainées accidentellement à la peau, notamment des lésions du pneumothorax extra*pleural perforé. L'avenir montrera s’il est légitime d'ouvrir une lésion tuberculeuse dans le but unique de la cautériser.
Il est trop tôt encore d’ailleurs pour opposer collapsothérapie et intervention directe sur les iésions pulmonaires tuberculeuses. Dans certains cas, bien précisés (drainage direct de lésions pulmonaires vers la plèvre), À. BERNOU a démontré que la thoracoplastie n’était pas toujours suffisante à assurer la guérison du pyothorax. Dans certaines de ses observations que nous présentons maintenant, la thoraco-
plastie n’a même pas été nécessaire.
Les tendances modernes de la chirurgie thoracique montrent d’ailleurs que le traitement de la tuberculose pulmonaire échappe désormais à des préoccupations uniquement collapsothérapiques. L’aspiration endo-cavitaire et l'intervention sur la lésion pulmonaire par marsupialisation que nous rapportons ici prouve qu’il existe des formes anatomopathologiques de la tuberculose pulmonaire qui permettent déjà ce traitement direct chirurgical. L'avenir montrera les rapports de ce traitement et
de la collapsothérapie.
Le Doyen dues L. BAUDON\.
Le Président de la Thèse :
DR TRS TROISIER.