Tacite, De mor. German
gèrent, ils apprirent à cultiver le sol qui leur fut concédé, Ces concessions faites aux alliés, leii, reçurent le nom de terres létiques, agri limilanei. La conquête donna aux Francs-Saliens la terre salique et l'Alleu aux Francs-ripuaires.
Les Germains ne connurent pas, cependant, dès leur invasion en Gaule, la propriété privée. La terre ne fut pas répartie entre les individus, mais entre les familles dont elle devint la copropriété. Les modes de transmission se ressentirent de cet état des biens. Le vendeur put se dépouiller de son droit en faveur de l'acheteur, mais l'aliénation n'était pas définitive tant que les héritiers, investis d'une sorte de saisine même du vivant de leur auteur, n'avaient pas consenti.
Pour obtenir ce consentement, le vendeur transmettait à un tiers, en se conformant aux solennités usitées, la terre dont il voulait se dessaisir, ce tiers faisait acte de propriétaire, recevait ses amis sur le bien qui devait être aliéné, ce n'était qu'au bout d'un an et un jour qu'il remettait la possession à l'acquéreur. Ce délai était doûné aux héritiers du vendeur pour faire une sorte d'opposition à la vente; s'ils le laissaient passer sans se plaindre^ ils étaient censés consentir à l'aliénation (1).
Ces formalités trop longues furent, sans doute, vite modifiées et simplifiées. On supprima le délai de douze mois et on exigea le concours des héritiers à la vente. La propriété se transféra par une tradition solennelle {légitima traditio) faite dans le mallum (2), assemblée des