‹ De la caution judicatum solviChapitre 254 sur 273 · INTRODUCTION HISTORIQUE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION HISTORIQUE

L'art de la chasse est aussi ancien que l'humanité- Lorsque l'homme apparut sur la terre, il se trouva dans la nécessité de défendre sa vie contre les attaques des animaux sauvages et aussi de pourvoir à ses besoins les plus impérieux : se procurer de la nourriture etdes vêtements. Créature presque sans défenses naturelles, il semblait fatalement destiné à servir de proie à des milliers d'ennemis ; mais son intelligence lui fournit des armes et ce fut lui qni rendit tout le règne animal tributaire.

Même lorsque l'homme eut abandonné sa vie errante pour mener une vie sédentaire et se livrer aux travaux de l'agriculture et à Télevage des troupeaux, la chasse permit encore de faire preuve de force et d'adresse, à une époque, où l'on ne connaissait guère d'autre distinction que la supériorité physique et au lieu d'être, comme elle l'avait

été à l'origine, une occupation unique, elle devint pour rhomme une distraction qu'il recherchait dans ses instants de loisir,

U était donc tout naturel que, dans les temps anciens, une grande considéretion s'attachât aux chasseurs. Parmi les demi-dieux du paganisme, plusieurs semblent n'avoir été que d'intrépides chasseurs, et la tradition nous a conservé les noms d'Hercule, le vainqueurdu sanglier d'Hérymanthe, de l'Hydre de Lerne et du lion de Némée, de Persée, de Castor et PoUux. Suivant Oppien d'Anazarbe, Castor fut le premier qui sut dresser les chiens à la poursuite des animaux sauvages, Hippolyte inventa les toiles et les rets, Atalante les flèches, Orion imagina les embûches nocturnes.

Toutefois, toutes les religions de l'antiquité ne semblent pas avoir vu la chasse avec une égale faveur. En effet tandis que chez les Grecs, peuple amoureux de vie et de liberté, des autels sont élevés à Apollon et à Diane, les divinités tutélaires de la chasse, le livre de Moïse Ta proscrit ; et la Bible rapporte l'histoire de ce roi de Babylone, Nemrod, qu'elle qualifie de grand chasseur devant l'Eternel et que le seigneur rejeta (Genèse, chap. X, vers 9), Quoiqu'il en soit, il est certain que la chasse a joué un grand rôle chez les Assyriens et chez les Egyptiens. Leurs monuments, patiemment exhumés, et qui nous révèlent d'une façon si

saisissante les mœurs de ces peuples, ne peuvent laisser de doutes à cet égard. (Bas-reliefs du musée des Études, à Naples),

Les Perses, au dire de Strabon (géographie 1. XX) se livraient a ce ^enre d'exercice dès qu'ils pouvaient en supporter les fatigues. Ils y voyaient une préparation aux travaux guerriers- Gyrus, au rapport d'Hérodo^, possédait une telle quantité de chiens que quatre villes étaient exemptes d'impôts à la seule condition de les nourrir. Darius, pour se consoler sans doute des malheurs de son règne, faisait graver sur son. tombeau cette épi taphe : < Jaimais mes amis, je fus excellent cavalier, excellent chasseur ; rien ne m'était impossible. >

Les princes persans faisai^fit construire de vastes parcs dans lesquels ils renfermaient du gibier afin de se livrer à leur plaisir favori. Mais plus tard Artaxercès et ses successeurs dédaignèrent ces exercices virils pour ^'adonner aux plaisirs et à la mollesse, et ce fut là, au dire de Xénophon (Cyropédie liv. 8.), une des causes de la décadence de cet empire.

Les Grecs étaient aussi de passionnés chasseurs. Xénophon, dans sa retraite de Scillonte, compose un traité ^ur la chasse, le cynégétique, et il la recommande comme un exercice très propre à développer les forces des jeunes gens et à les préparer aux fatigues de la guerre. Il remarque qu'en s'y adon-

nant, on s'habitue à souffrir la faim, la soif, le froid, le chaud et à supporter patiemment les longues marches sans se laisser décourager par Tinsuccès. Platon, dans la République (Ghap. VIII) la recommande comme un exercice salutaire. Lycurgue, à Sparte , la prescrit aux adolescents comme aux hommes faits et n'en dispense que ceux qui sont revêtus de fonctions publiques. Plutarque enfin (vie d'Alexandre), raconte qu'Alexandre le Grand, pendant ses expéditions, aimait à se livrer au plaisir de la chasse, parfois même à combattre le lion corps à corps. .

Si delà Grèce nous passons à Rome, nous voyons que la chasse y fut honorée à Tégal de la guerre. Les témoignages de l'histoire et de la littérature abondent pour attester le grand rôle qu'y joqa la chasse et le goût passionné des Romains pour cet exercice. Virgile nous en parle en maints endroits^ Venalu in vigilant pueri, syl vasque fatigant.

Nous savons qu'ils passaient des mois entiers dans les sombres forêts de l'Etrurie, exposés aux intempéries, dédaignant la faim, la soif et oublieux de leurs plus tendres affections. Qui ne se souvient des jolis vers d'Horace.

Manet sub jove frigido Venator, Tenerœ conjugis immemor.

TibuUe, de son côté, nous peint ainsi le désespoir de la belle Sulpicia, abandonnée par Çorynthe, son amant.

0 Pereant sylvee dificiantque canes,

Sed tamen ut lecum liceal, Corynthe, vagari Ipsa ego per montes relia lorla feram, Ipsa ego velocis quœram vestigia cervœ Et demam céleri ferrea vincla cani.

At tu venandi studium concède parenti Et celer in nostros ipse recurre sinus.

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