DU DIMANCHE
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c Souviens^oi de sanctifier le jour du repos.
K Six jours tu travailleras, et feras tous tes ouvrages.
« Mais le septième jour est le repos de rÉternel : ce jour-là c tu ne feras aucune œuvre» ni toi, ni ton fils» ni ta fille, « ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni Tétran- « ger qui habite entre tes portes.
« Car en six jours rÉternel à fait le ciel , la terre, la mer, < et tout ce qu'ils contiennent , et il s'est reposé le septième « jour : voilà pourquoi l'Éternel a consacré et béni le jour c du repos. »
Tel est le texte littéral du quatrième paragraphe du premier article de la Charte donnée aux Hébreux par Moïse, et connue sous le nom de D^calogue < .
' Dans nos oatéobismes, la division du Décalogae est différente de celle qui est ici présentée. Selon l'hébreu le premier commandement enseigne YunitéÔB Dieu ; le deuxième défend la fabrication des images ; c'est une loi politique et toute de circonstance. Ces
Il s'agit de pénétrer l'esprit , les motifs et le but de cette loi , ou , pour mieux dire, de cette institution , que Moïse et les prophètes regardèrent toujours comme fondamentale » et à laquelle on ne trouve rien de semblable chez tous les peuples qui ont eu une législation écrite; institution dont les plus célèbres critiques, Grotius, Gunéus, Spencer, dom Calmet, Tabbé de Vence, le P. Berruyer, Bergier, etc., n'ont pas saisi toute la portée; dont Montesquieu n'a point parlé y parce qu'il ne la comprenait pas ; que J.-J. Rousseau semble avoir pressentie , quoique sa pensée en fût encore loin; institution, enfin, dont notre génie moderne, avec toutes ses théories sur le droit politique et civil , avec ses raffinements de constitutions et ses velléités de liberté et d'égalité, n'a jamais atteint la hauteur.
On sait que, dès les premiers temps du Christianisme, la célébration du repos hebdomadaire fut transférée du samedi, ou jour de Saturne, au lendemain, jour du Soleil; et que, dans la pensée des apôtres, il ne devait exister, entre le sabbat mosaïque et le dimanche chrétien , d'autre différence qu^in retard de vingt-quatre heures. Le jour de la solennité fut transféré pour deux raisons : pour honorer la résurrec-
deux commandements ont été confondus en un seul. Le troisième défend de prendre le nom de Dieu en vain; cette défense est en môme temps politique et religieuse, et tout à fait dans les mœurs de l'antiquité. On reconnaît ici cette foi punique, à qui les imprécations et les serments ne coûtent rien; Moïse ordonna que le serment par Jéhovah serait inviolable. Ce précepte est pour nous le deuxième; il commande, dit -on, d'éviter les paroles sales et les jurements. Le quatrième commandement regarde le sabbat. Le dixième (pour nous le septième), concernant la convoitise, a été partagé en deux afin de conserver le nombre 10. C'est, d'une part, la défense de désirer la femme du prochain : de l'autre, la défense de désirer son bœuf ou son âne, etc. Mais dans Moïse cette distinction n'existe pas.
tion du Christ, et pour séparer radicalement lesdeas religions. Du reste , oi la chose ni l'esprit n'étaient changés ; Tobligationet ladestination du précepte restaient les mêmes : l'intention des réformateurs, en cela disciples fidèles de leur maître, ne fut jamais d'abolir l'ancienne loi, mais de la
compléter.
Si donc je parvenais à établir que l'objet du législateur juif, en ce qui concerne la fériation du septième jour, était quadruple; que cet objet, tout à la fois civil, domestique ^ moral et hygiénique , était par conséquent le plus vaste, Je plus universel que pût embrasser la pensée d'un fondateur de nation ; si je montrais ensuite d'après quels principes d'une philosophie inconnue à notre âge fut conçu le quatrième commandement, quelle en était la sanction , quelles devaient en être les conséquences pour la destinée du peuple , j'aurais , je crois , satisfait à toutes les conditions du problème proposé ; et timt en manifestant la sublimité des institutions de Moïse, j'aurais atteint la profondeur de la question que j'examine.
11 est presque inutile d'avertir que j'envisage sous le point de vue purement humain tous les faits relatifs à la religion juive ainsi qu'à la religion chrétienne : on n'est plus aujourd'hui suspect de religiosité, parce que l'on découvre des choses raisonnables dans une religion.
Il est rare qu'une loi puisse être bien entendue et appréciée à sa juste valeur , si Ton se borne à la considérer à part, et indépendamment du système auquel elle se lie : c'est là un principe de critique législative qui n'est contesté par per^ sonne, et ne souffre guère d'exceptions. Gomment se fait-il que cette règle ait été si mal suivie pour les lois de Moïse, que personne encore n'ait songé à en présenter Tensemble? Je n'excepterai pas M. Pastoret lui-môme, dont le travail sur la législation de Moïse semble avoir été composé sous la dictée de rabbins qui auraient voulu se moquer du disciple. Gomment, dis-je , aucun publiciste n'a-t-il seulement essayé de remonter cette machine gouvernementale, d'en faire voir le jeu, de montrer la corrélation des parties avec le tout, et leur exacte proportion entre elles? On s'est livré à. des recherches minutieuses sur les lois de Lycurgue ; on a épuisé pour elles toutes les ressources de l'érudition ; à force de sagacité et de critique, on est parvenu à donner une idée, sinon complète, du moins approchée, de l'état politique des
Lacédémoniens. Le même travail sur Moïse était bien plus facile; la plupart des matériaux existent; et, pour reconstruire rédifice» il ne s'agit que d'en rajuster les fragments dispersés.
Oo aurait peine à croire à une telle insuffisance de la part des commentateurs, si les causes ne s'en trouvaient consignées dans leurs écrits. Selon les rabbins , il ue faut pas chei^ cher aux lois Juives d'autre raison que la volontéautocratique de Dieu , d'autre motif qu'un iic volo sic jubeo absolu » lequel ^'admet ni examen ni cpQtr61e. C'est une impiété de sonder les voies de la Divinité : l'obéissance , pour être méritoire , doit être aveugle ; la soumission à la loi perd tout son prix, dès qu'elle est accompagnée de science. Cette absurde opinion est même si ancienne et si profondément enracinée parmi eux, que lorsqu'un pharisien, fils de pharisien, et disciple du plus habile d'entre les pharisiens, saint Paul, vint proclamer à la face de la nation cet aphorisme hérétique, Rationabile sit obsequium vestrum^ < Que votre obéissance soit raisonnable, » une révolution s'opérait dans la religion.
D'un autre côté, Moïse ne s'est point étudié à élever un monument didactique; il n'a pas voulu faire une théorie. Jamais il ne s'explique sur ses principes. Les besoins du peuple réclamaient un règlement , Moïse rendait un oracle. Une question de droit se présentait à résoudre , il dictait une loi. Mais malgré cette incohérence de rédaction , il ne faut pas s'imaginer que son plan de législation fût aussi décousu que nous apparaît aujourd'hui le recueil de ses décrets, et qu'il n'eût pas sans cesse présente à l'esprit l'idée archétype du système le plus simple et le plus magnifique. Le Décalogue est l'expression réduite et comme la formule la plus générale de cette foule d'ordonnances de détail éparses dans le Pentateuque. Le nombre même des commandements du Décalogue et leur série n'ont rien de fortuit : c'est la genèse des phénomènes moraux, l'échelle des devoirs et des crimes, fondée sur une analyse savante et merveilleusement développée.
COHMANDEHENTg. CaiMES ET DÉUTS. VEHTUS BT DEVOIES.
1er, 5«, 3e, 4e,