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une Providence, est inconséquente, car la science doit rendre compte de tout, et la Providence, comme le besoin que nous en avons, est un mystère impénétrable.
On n'ignore pas recueil, mais il arrive que, pour parer à cette fâcheuse difficulté, on cherche à dissimuler le côté faible par des arguments en bonne forme; et loin d'avouer qu'on ignore le nœud du mystère, c'est-à-dire qu'on ignore tout, on plâtre à plaisir les endroits où les matériaux manquent absolument. C'est faire la part belle au scepticisme et l'encourager en quelque sorte; car y a-t-il quelque chose de plus attrayant pour l'esprit humain que de renverser des barrières qu'il regardait comme une gêne?
Mais, dit-on, faire entrer les vérités de la foi dans la philosophie, ce n'est plus philosopher, c'est renoncer à la science. Pour ce qui est de renoncer à la science cela est certain, mais non pas pour ce qui concerne la philosophie ; c'est tout le contraire. D'ailleurs, il ne s'agit pas tant des vérités de la foi, que de la foi comme donnée philosophique ; car c'est en vain que l'on voudrait séparer ce qui est inséparable de sa nature. Nous prenons seulement le mot foi dans son acception la plus générale pour dire que si la foi ne peut dominer en souveraine l'intelligence humaine, elle participe au moins de la raison; car c'est un privilège de la raison de croire ce qu'elle ne
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peut savoir, et que, dès lors, la science, ou la méthode, ce qui est la même chose, n'est pas Tunique instrument de toute saine philosophie; en d'autres mots, que la philosophie n'est ni une science ni une méthode, par cela seul qu'elle sert de guide à la science; car embrassant les deux grands moyens de connaître, elle ne peut en exclure aucun sans être incomplète.
On définit la philosophie une méthode, et puis on dit la méthode est le but de la philosophie. N'est-ce pas là une déception? Qu'un ouvrier confectionne un bon instrument à l'aide d'un mauvais, cela se conçoit, mais l'instrument ne peut jamais cesser d'être instrument, et c'est ce qui arriverait si l'on parvenait à découvrir la vérité à l'aide de ce qui n'est pas la vérité, puisque cette vérité serait la fin, et non plus le moyen, c'est-à-dire que la méthode aurait changé de nature, ce qui n'est pas philosophique, car c'est demander un miracle tout aussi grand que l'incarnation divine : il n'est certainement pas dans l'ordre naturel que le semblable engendre son contraire, mais il peut fort bien engendrer un être plus parfait, mieux proportionné que lui, et c'est ce que l'on voit tous les jours même à propos de méthode; une méthode ne peut donc contenir la vérité ni même la faire découvrir. Nous allons donner une idée de la fausseté et des dangers de l'opinion opposée.