‹ De la certitude dans ses rapports avec la science et la foiChapitre 17 sur 46 · XX VJ INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX VJ INTRODUCTION

pose pour base du système. Il doit paraître nouveau, ouau moins extraordinaired'avancerque l'expérience est une abstraction ; mais ignore-t-on que scientifiquement l'expérience ne peut être qu'individuelle, et que conséquemment elle repose uniquement sur la différence? Or personne ne voudra soutenir qu'il n'y a que des différences dans la nature ; la seule véritable expérience acceptable est dans la spontanéité du genre humain, et dans les modifications de l'opinion qui en sont la suite, parce que cette expérience est la réalité concrète. Mais par exemple, en physique pure et simple, les chimistes n'opèrent que sur les particules de la matière, ils laissent de côté tout ce qui n'appartient pas à la physiologie des corps, tout ce qui est psychique. Et c'est là ce qui constitue l'abstraction proprement dite, ou il n'y a pas d'abstraction. Dans un sens opposé, que fait de plus un psychologue?

La philosophie en est donc encore où en était Descartes; elle rejette tout ce qu'elle ne comprend pas, car autrement elle mentirait à son principe, nous voulons dire au titre de science dont on la décore.

Le matérialisme n'est pas toujours le résultat du sensualisme, comme on le croit, il est la négation de la Providence, c'est le Dieu-Destin, et le Dieu-Destin est toujours au bout de la logique, appliquée rigoureusement à la morale. Or, nous soutenons que ioute philosophie qui, à titre de science, reconnaît

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