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CHAPITRE VII

Rapports de la certitude avec la liberté, au point de vue des idées de perfection et d'imperfection.

Les animaux n'ont pas d'idéal, parce qu'ils sont parfaits, parce qu'ils sont tout ce qu'ils peuvent être, qu'ils n'ont nulle idée de leur commencement ni de leur fin , qu'ils ne conçoivent pas d'autre manière d'exister, et que l'immobilité est leur caractère distinctif lorsqu'ils sont livrés à eux-mêmes. A la puissance et à la liberté près, tous ces caractères sont ceux que l'on attribue à la divinité, parce qu'ils ont les caractères distinctifs de la perfection, de la pensée immuable et absolue, la même partout et en toutes choses, la même pour l'homme 5 car l'homme est parfait aussi et d'une perfection absolue à laquelle il ne peut soustraire aucune de ses actions. L'homme n'est, en effet, que ce que Dieu l'a fait, et il ne fait que ce que Dieu a rendu possible; seulement il a un idéal, immense distinction en ce qu'elle lui donne le choix entre plusieurs possibilités, et qu'elle établit la nécessité de la liberté par celle de la science et de la foi; qu'enfin elle ôte à ses actions ce caractère de fatalité que donnent à tout être fini des moyens limités. Car si Dieu est libre dans ses perfections, c'est qu'il est infini dans son essence, et qu'il est lui-même

cet idéal dont l'univers est la manifestât ion sensible. L'univers est parfait, et tout ce qui existe dans l'univers. Il n'y a donc absolument rien de mauvais. Nous ne pouvons dire d'un minéral ou d'une plante qu'ils sont défectueux, comme nous ne pouvons le dire de tout ce qui a vie. Si une plante nous parait défectueuse par rapport à son espèce, c'est que nous sommes inhabiles à saisir l'analogie qui la rattache à un groupe principal ; car de même qu'il n'y a pas de généralité sans différence, il n'y a rien d'isolé dans la nature, il n'y a rien d'anomal absolument. Tout diffère parce que tout ne peut pas occuper la même place dans le même lieu; ce qui constitue la différence ne peut donc être une privation, car la différence est essentielle à l'unité, et l'unité d'existence n'implique aucune privation, mais une suite infinie de relations dans les choses, et toute relation est fondée sur des analogies, c'est-à-dire sur des ressemblances et des différences. Il est de l'essence de l'unité de tout comprendre dans sa généralité. Dieu voit tout séparément, cela est vrai, mais c'est parce que Dieu est tout ce qui est. Les généralités ne sont pas davantage des abstractions que les différences, ou les différences sont tout aussi bien des abstractions que les généralités. On expérimente seulement sur les individus, mais on abstrait les individus des généralités ; généraliser n'est pas toujours abstraire. Autrement il faudrait dire que l'univers est une abstraction qui n'a d'existence qu'en nous, il faudrait dire qu'il n'y a pas de loisgénérales. Ces lois ne seraient à ce compte que vaines et creuses abstractions, pures existences métaphysiques; et c'est ce qui est ar-

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rivé. Feuilletez les livres de l'école sensualiste, vous trouverez en vingt endroits que Dieu est un être métaphysique, et en vingt autres que les êtres métaphysiques sont de pures conceptions de l'entendement sans réalité.. C'est ce fétichisme obligé qui a établi de tout temps la supérioritéderécoledePlaton,quoiquel'idéalisme platonique soit sujet à d'autres inconvénients.

De ce fétichisme philosophique, au fétichisme politique et à l'athéisme, il n'y a pas loin. Dès qu'il n'y a que des un, un, dans la nature, il n'y a plus de raison de s'efforcer à faire convenir l'un avec le multiple, l'individu avec la société. Un peuple n'est plus qu'une abstraction. De là ces idées désordonnées d'émancipation de 1 individu, qui sont le caractère de notre époque. En effet, n'y a-t-il pas que des individus? Avec de pareilles idées, il n'y a aucun ordre à établir ni à espérer, car si l'individu souffre, il a raison de ne vouloir pas souffrir pour la métaphysique.

Il est bon d'avouer, pourtant, que certains raisonneurs, chauds partisans d'une doctrine entièrement opposée, se sont pareillement fourvoyés. C'est un reproche que l'on peut faire hardiment aux de Bonald et aux de Maistre. Impitoyables et arrogants logiciens, ces hommes semblent avoir pris à tâche de dégoûter leurs lecteurs, par une réaction naturelle à l'esprit humain, de tout sentiment d'ordre. Mais heureusement que les extravagances dans lesquelles ils sont tombés sont plus propres à mettre à nu la faiblesse de la logique sur ces matières, qu'à les faire accepter. Cette école a ignoré qu'il n'y avait pas d'idéal sans individualité, comme l'autre qu'il n'y en

avait pas sans généralité. L'une et l'autre ont ignoré surtout qu'il fallait déraisonner dès qu'on voulait trop raisonner; l'une et fautre sont arrivées, dans leurs dernières conséquences et en apparence par des voies opposées, à la négation du libre arbitre. Je dis en apparence, parce qu'en effet toutes deux n'ont été que logiciennes.

Mais, en politique surtout, l'égalité absolue et la différence absolue sont des impostures qu'il ne faut pas hésiter à flétrir du nom qui leur convient. L'identité des contraires, ou la réalisation de l'idéal, est une erreur, mais cette identité que nous ne pouvons découvrir n'en subsiste pas moins objectivement Elle est éternelle et actuelle, par conséquent. Seulement l'homme ne peut la pénétrer. 11 sait que sa destinée est infinie comme son idéal, voilà tout.

Objectivement, l'homme comme rouage d'un tout parfait et infini, estd'une perfection infinie qu'il nepeut comprendre, parce que cette perfection se lie à celle de l'être providentiel ; car sur quoi jugerait-on qu'une seule des œuvres de Dieu est imparfaite, et l'homme par-dessus tout, que nous nous plaisons à proclamer comme son chef-d'œuvre? Nous ne saurions porter ce jugement du moindre insecte, à plus forte raison du roi de la création. Une abeille n'est-elle pas admirablement organisée pour sa destination? Quel est celui qui pourrait trouver quelque chose à reprendre en elle? Elle est donc parfaite et même d'une perfection infinie, quoique finie. Au fond, son imperfection ne vient, dans nos idées, que de ce qu'elle est bornée dans sa nature, qu'elle n'est pas à elle seule tout Tu-

nivers. Mais tout l'univers, tel que nous l'entendons ici, est composé d'existences finies, infinies dans leur perfection. Donc on pourrait dire que la perfection est composée d'imperfection, et l'imperfection de perfection, comme on dit que le fini est composé d'infini et l'infini de fini 5 ce qui veut dire qu'absolument toutes nos idées s'évanouissent dans l'identité des contraires.

Absolument, l'homme est bon si l'on veut, mais d'une bonté d'indifférence qui n'a aucun rapport avec l'équité : deux genres de bonté trop souvent confondus. Tout est parfait en sortant des mains du créateur, dit Rousseau ; l'homme est bon en naissant, c'est la société qui le pervertit. L'homme est bon en sortant des mains du créateur, sans doute; mais cela ne préjuge rien en faveur de l'homme, car il partage cette perfection originelle avec le tigre et la vipère, ce n'est là qu'abuser des mots. Voyez un peu jusqu'à quel point l'artifice du langage peut égarer. Qui se refuserait à croire que tout est bien en sortant du créateur? Ce serait une impiété de nier cela. Donc l'homme est bon. C'est la société qui le pervertit; — la société! Apparemment que Dieu n'a pas su prévoir la société, et que celle-ci est l'œuvre du diable !

Ce que l'on peut dire de plus raisonnable à cet égard, c'est que l'homme, à sa naissance, ne peut être un esprit pervers ni corrompu ; car la perversité suppose l'usage de la raison, la corruption du cœur se mesure sur l'opinion générale ou du plus grand nombre, et ne vient qu'avec l'usage des choses- Ceux donc qui ont dit que l'homme était bon soit à sa naissance, soit même dans le cours de sa vie, et ceux qui, en

bien plus grand nombre, ont dit qu'il était méchant, ne se sont jamais fait des idées bien nettes sur l'origine de leurs impressions; car pour condamner ou pour absoudre ainsi le genre humain d'un trait de plume, où ont-ils puisé leurs idées sur la vertu? On dit d'une chose qu'elle est bonne lorsqu'elle convient à sa destination. On dit pareillement d'un homme qu'il est bon lorsqu'il convient à sa destinée qui est d'être un animal sociable. Or, on dit qu'un homme est bon, relativement à un bien plus grand nombre d'hommes, lorsqu'il préfère l'intérêt de tous au sien propre, ou plutôt en ne le distinguant pas, ou ie moins qu'il est possible, et cela se conçoit; mais on ne conçoit pas que les hommes, pris en masse, soient bons, car ils n'ont plus d'obligations à remplir; on ne conçoit pas davantage qu'ils soient méchants , puisque le plus grand nombre ne peut jamais se nuire à lui-même; mais si l'on songe un instant que nous ne pourrons jamais connaître les dernières limites d'aucune vérité, nous concevrons aussitôt à la vertu, c'est-à-dire au rapport de nos actions avec la société, de quelque manière qu'on l'imagine, des degrés infinis de perfection ou de bien, et nous en concevrons également dans la marche des sociétés. Donc, comparativement les uns aux autres, et comparativement aux temps, les hommes peuvent être plus ou moins bons : comparativement les uns aux autres, c'est-à-dire que, quelles que soient leurs institutions, ils s'y conforment individuellement davantage ; comparativement aux temps et aux lieux, c'est-à-dire qu'ils ont des institutions plus douces, nous ne dirons pas plus équitables, car le

mot équité ne doit jamais s'entendre touchant l'établissement des lois, mais seulement touchant la pratique et l'opinion reçue 5 car l'équité suppose des devoirs déjà définis au moins dans un sens. Mais ce jugement est loin d'être indépendant de l'existence de l'homme et de l'idée du devoir et de l'opinion ; car dire d'une chose qu'elle est juste ou injuste, c'est dire qu'elle s'accorde ou ne s'accorde pas avec une règle à laquelle on la compare, et à quoi comparer la bonté ou la méchanceté de la généralité des hommes, puisque c'est cette généralité qui fonde le devoir selon son plus grand intérêt? Ici l'humanité est une, et, rapportant nécessairement tout à elle, il est difficile d'imaginer de régler sa volonté et son intérêt d'une manière plus éclairée qu'elle ne le fait elle-même.

Les idées de justice ne naissant que des rapports de l'individu avec le plus grand nombre, s'évanouissent lorsqu'on n'envisage que la totalité; toutes les notions du bien et du mal s'abîment dans le gouffre de l'existence universelle. Ainsi toute prétention à une justice abstraite ne vient que de ce que nous transportons nos idées de perfection ou d'imperfection, toutes relatives, au tout absolu, de ce que nous voulons faire prédominer exclusivement le sentiment d'équité gravé dans le cœur de tous les hommes, sur la justice du nombre, l'unité de sympathie sur l'unité de puissance numérique 5 mais l'unité de puissance numérique s'engendre par les lumières, elle s'engendre encore par la sympathie elle-même dans le courage et le dévouement, tout cela ne peut se séparer, et c'est cependant de la séparation qu'on en a fait que sont nés les éter-

nels sophismes de la supériorité du droit sur la force, comme s'il y avait un droit pour les lâches ou les hommes corrompus. L'équité peut seulement ici modérer l'usage du droit du plus fort, mais jamais en paralyser l'exercice. Toute assertion contraire est un étrange ridicule, le droit public est toujours fondé sur l'opinion, et non sur les décisions des fanatiques ; le droit des gens sur la morale, et non sur les recherches des érudits qui, dans tous les temps, serviront d'interprètes à la mauvaise foi.

Pour en revenir à notre objet, un enfant, à sa naissance, quels que soient d'ailleurs ses penchants, ne peut être jugé bon ou méchant, car alors il faudrait dire que le tigre et la vipère sont méchants; il faudrait fonder les idées de bonté et de méchanceté sur des notions arbitraires, indépendamment de tout sentiment d'équité ; il faudrait dire que l'homme est méchant, parce qu'il égorge les moutons et les tigres : accusation qui retomberait directement sur la Providence 5 accusation qui n'est propre qu'à constater la démence de l'accusateur.

Mais l'homme, quoique essentiellement parfait, ne doit néanmoins, en tant qu'homme, cette perfection qu'au sentiment qu'il a d'un idéal , sa perfection est d'avoir un idéal, comme c'est une perfection pour le créateur, et pour les bêtes de n'en point avoir; or, cet idéal lui a été donné pour monter et non pour descendre. Mais le mieux en possibilité suppose le pire, c'est un ordre pour l'homme de s'améliorer, mais cet ordre n'est qu'un devoir et non une sujétion; dès lors il devient responsable de ses actes, il pèche en con-

naissance de cause ; dès lors les idées de perfection doivent concorder avec la pratique de ses devoirs, et ses devoirs eux-mêmes doivent être fondés sur l'opinion dominante, produit tout ensemble d'un sentiment unanime et de l'expérience de l'humanité; et comme toute opinion dominante a son idéal, c'est en s'efforçant d'y atteindre que l'homme s'améliore et se perfectionne, et qu'il juge de sa perfection et de son imperfection; ce n'est qu'en tant qu'être perfectible que l'homme est parfaite et toute perfectibilité repose sur l'expérience du passé.

Or, si l'expérience du passé fait partie intégrante du présent, nulle politique ne peut prévaloir sans cette expérience ; voilà ce qui explique l'insuffisance de tout projet de constitution mis à effet tout d'une pièce , comme une machine destinée à tisser la laine et le coton , et comment il ne faut pas faire toute la part à l'intelligence. La connaissance du cœur humain étant une connaissance d'expérience , ne peut être soumise à la logique d'un système.

La science et la foi du passé sont donc également dans le présent; elles sont donc des principes toujours également puissants; éprouvées, transmises par les siècles à titre d'expérience, elles pénètrent toutes les institutions et composent, par leur mélange, le code des lois divines et humaines ; code qui dispense les humbles de longs raisonnements, et leur tient lieu le plus souvent de raison, qui bride et refrenne les esprits orgueilleux et rebelles par l'imposante autorité du passé.

Cette autorité n'est autre que l'opinion dominante

ou du plus grand nombre, l'opinion commune ou le sens commun traditionnel et actuel.

L'expérience traditionnelle se compose des découvertes de la science et des vérités de la foi acceptées à l'état de dogme, c'est-à-dire de préjugés.

Mais dans cette expérience l'individu entre pour quelque chose : c'est l'expérience acquise. L'expérience acquise est donc le produit des événements par où a passé l'individu , c'est le résumé de toute sa vie, celui des modifications qu'ont amenées, dans son caractère, ses rapports avec le monde extérieur, en un mot, les découvertes qui lui sont propres, et à l'aide desquelles il se forme, à son insu, une sorte de système, pour se diriger ; au lieu que l'expérience traditionnelle forme le système que l'homme trouve établi à sa naissance par un consentement implicite et unanime des générations antérieures , et qu'il doit accepter, sauf à le trouver mauvais, et à exercer son bon sens sur ce qu'il ne comprend pas ou à le modifier autant qu'il est en lui de le faire , si la Providence lui a départi quelque pouvoir, d'une manière qui soit plus en rapport avec les besoins nouveaux; ainsi le doute ou l'esprit philosophique ou de recherche, et la foi et la science ou l'esprit dogmatique se partagent ou envahissent tour à tour les facultés de l'entendement , mettent à contribution les ressources de la raison, et en se tempérant mutuellement, établissent une balance qui est la mesure commune , c'est-à-dire la justice et le droit.

Ce tempérament est à lui seul toute la morale : formé par deux éléments opposés, le doute et l'auto-

rite, il représente l'individu et la société, l'intérêt particulier et l'intérêt général , et sinon la fusion de ces deux éléments, du moins leur accord. Il fait voir comment , d'après la notion du sens commun , les hommes qui, individuellement, sont le plus dépourvus de bon sens, peuvent néanmoins pratiquer la justice, car c'est là qu'est toute la question. Comment, en effet, la sagesse et la vertu peuvent-elles être le partage des plus faibles comme des plus hautes intelligences, si, pour sentir et juger avec quelque perfection, il faut posséder une organisation d'élite?

Mais il y a, venons-nous de dire, pour l'homme, deux manières d'acquérir de l'expérience, par luimême et par la tradition ou le témoignage des siècles. Or, ce témoignage, si on ne veut pas l'accepter dans toute son étendue, on ne peut, sous peine de choquer toutes les lois de la raison , en méconnaître la partie essentielle. Ainsi, la raison universelle, quoique se modifiant plus ou moins à travers l'étamine de la raison individuelle , forme cependant avec elle un tout homogène, qui rend l'individu responsable de ses actions devant Dieu, en ne se conformant pas aux grandes lois qu'il a établies, et devant les hommes en froissant les intérêts du plus grand nombre. Telle est l'opinion.

Mais toute opinion à son idéal. Le sens commun est cet idéal, car, comme nous l'avons vu, on ne peut le saisir plus qu'on ne peut saisir la forme d'un homme en général. Le raisonnement démontre que cette forme existe , mais il ne nous la fait pas voir, et cependant nous en avons le sentiment, nous avons

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aussi le sentiment qu'il existe parmi tous les hommes une commune façon de penser et d'agir. C'est cette réalité substantielle et vague pourtant que nous cherchons toujours à atteindre , et à force de chercher, nous dépassons insensiblement le milieu où elle se trouve ; de sorte qu'il se forme un autre tourbillon et un autre milieu : milieu qui change peu à peu nos goûts, nos habitudes, nos besoins, nos idées, nos sentiments, et nous marque comme d'un signe particulier qui nous fait reconnaître parmi les générations. Nous voudrions atteindre à quelque chose de plus durable que les phénomènes passagers qui nous apparaissent, et nous n'allons que de phénomènes en phénomènes. Ainsi, tout en respectant les lois, et avec le seul amour de l'ordre, le désir de bien faire change, à notre insu, et ces lois et cet ordre. Nous n'avons pas varié dans notre conduite , ni les lois de la morale , mais seulement les conditions d'ordre. Il ne faut donc pas confondre les conditions d'ordre avec les lois de la morale. Les conditions d'ordre sont la réalité apparente et multiple qui est pour nous comme un leurre, et les lois de la morale sont la réalité substantielle, la forme générale qui enveloppe l'infinité, et dont le milieu est partout ; c'est cet éternel idéal vers lequel aspire continuellement la raison, et dont elle se crée des types qu'elle nomme perfection -, mais toute perfection ne peut être qu'un idéal. Il n'y a de réel pour l'homme que Yapparence, ce qui se lie avec les idées de plus et de moins, c'est-à-dire avec les idées de progrès et de décadence ; l'idéal est la certitude.

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