‹ De la certitude dans ses rapports avec la science et la foiChapitre 9 sur 46 · XI) PRÉFACE · texte numérisé non relu

XI) PRÉFACE

qu'à quel point les plans formés pour l'amoindrissement de îa misère générale sont réalisables,ou comment ils sont réalisables; l'œuvredu métaphysicien a donc une grande portée, une si grande , que ceux qui professent un profond dédain pour la métaphysique ont été obligés de l'appeler à leur secours, et faute d'expérience ont montré toute l'inanité de leur doctrine. On doit tenir compte des bonnes intentions, mais faire la guerre aux idées fausses; ce n'est qu'aux idées que le métaphysicien s'adresse, et non aux hommes ou aux intentions : ceci soit dit en passant une fois pour toutes et à l'égard de tous. L'épigraphe qui accompagne le titre de cet ouvrage porte notre excuse et prouve, avec notre indépendance, la sincérité de nos intentions; car nous ne sommes pas philosophe par état, mais par goût, et nous aimons mieux paraître manquer de savoir que de bonne foi. La science a ses secrets, nous avons franchement pris le parti de les lui laisser pour voir, comme tant d'autres, les choses à notre guise: ce qui pourra sinon justifier, au moins expliquer

PREFACE. XIIj

certaine manière d'envisager les phénomènes psychologiques, manière qui n'entre pas dans les habitudes des savants; mais on ne se mêle pas de philosophie pour s'accorder avec tout le monde. Voilà encore pour quelques-uns une dissidence de plus à noter. Cependant, puisqu'ils font entrer toutes les opinions dans leur système, nous les prions d'y faire entrer les nôtres : la paix est notre désir comme le leur, bien que nous ne croyions séparément ni au mouvement ni au repos perpétuels.

Un dernier mot. Nous avons publié assez récemment un ouvrage1 où, certes, nos idées sont assez larges pour qu'on ne nous accuse pas de servir un parti quelconque, et nous avons fait et nous faisons encore dans celui-ci une assez belle part au progrès pour n'être pas taxé de malveillance à son égard ; mais c'est parce que nous croyons avoir aperçu les véritables conditions du progrès, que nous nous opposons de toutes nos forces à ce qu'on travestisse une idée

(1) De la perfectibilité humaine, 1842. Leleux, éditeur.

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