INTRODUCTION. XXIX
Des philosophes du siècle dernier, et même du commencement de celui-ci , né se proposaient rien moins que de réformer les langues pour se créer une bonne méthode, mais malheureusement ils n'ont rien réformé, parce que la connaissance du moyen supposait celle de la fin, elle supposait la certitude de Torigine de nos connaissances, et c'était justement ce qu'ils cherchaient : « La source de toutes nos erreurs, disaient-ils, est dans les langues; réformez les langues et tout s'expliquera facilement. » Mais cela n'était bon qu'à dire ; on polit les langues, mais on ne les réforme pas.
La perfection d'une langue, comme ils l'entendaient, ne devait être autre chose qu'un instrument de logique tellement puissant, qu'à l'énoncé de chaque terme on put entrevoir toute la série d'idées qu'il comprendrait dans son acception, de telle sorte que la différence d'opinion ne pût naître que d'une faute d'énonciation dont la source serait aussi facile à découvrir qu'une faute de calcul, et que l'erreur ainsi vérifiée, force serait à l'une des parties de donner son assentiment aux raisons de la partie adverse, et c'est ce que l'on accepte encore aujourd'hui dans l'enseignement, c Alors, disait-on, les disputes seraient impossibles. » Le beau idéal de cette perfection était l'algèbre. Telle était, et telle ne pouvait qu'être la dernière conséquence de leur][ système. Néanmoins, ils n'acceptaient pas l'égalité des intel-