VIII PREFACE
faiblesse, mais ayant confiance dans le Rien «et dans l'Auteur de tout bien^ Ainsi dans l'ordre intellectuel : reconnaissons les limites <le la pensée humaine, les ignorances, les faiblesses, les grossièretés mêmes de la raison, comme parle quelque part Bossuet, mais maintenons que la pensée est faite pour la vérité, que la vérité existe, et que, si l'on fait ce qu'il faut pour aller à elle, elle ne fuit pas d'une éternelle fuite.
Ainsi, le présent livre met en garde contre les excès du fidcisme en même temps qu'il jiiarque avec force la nécessité des conditions morales requises dans l'ordre des vérités morales, et il est une sorte de traité de nos devoirs à l'égard de la vérité dans cet ordre supérieur. Qui le jugerait un peu fidéiste lui-même, n'y comprendrait, rien l'ayant lu sans doute d'un œil distrait ou prévenu*. €'est la réalité de la pensée qui rend si inviolable, si indispensable le devoir de se mettre en état de la reconnaître et d'y adhérer. Il faut vouloir que la vérité soit
1. Je résume la belle élude de saint Tlioma?, Summa theoL, 2» 2*, q. 133, art. 1 et 2.
2. Cette question de la foi a été reprise d'ailleurs avec un nouvel efiforl de précision dans le chapitre xvi de mon dernier ouvrage, La Vhilosophie €l it Temps fréient.