INTRODUCTION
Nous avons eu, durant le cours de notre internat à la Maternité de Vaucluse, l'occasion de pratiquer il y a quelqués mois une opéralion césarienng itéralive sous le contrôle et grâce à l'amabilité de notre maitre le docteur Cassin. C’est de cette observation, entièrement personnelle, qu'est partie l’idée première de notre travail.
Nous n'avons pas la-prétention de faire une mise au point définitive de: la question; nous n'avons ni: Fexpérience, n1 l'autorité nécessaire pour cela. Nous voudrions simplement énoncer les idées-qui nous ont été suggérées par les travaux récents fails sur la question en nous appuyant sur le fait clinique que nous avons observé et sur les. dernières observations de césarienne Ilérative dont nous avons eu connaissance.
Si l’opéralion césarienne proprement dite est une. opération obstétricale des plus anciennes, elle donna longtemps des résultats pitoyables au point de vue maternel. 11 faut arriver à une période proche de la
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nôtre pour assister, grâce à l’antisepsie, au triomphe de la césarienne conservatrice sur les césariennes mutilatrices, très en honneur jusqu'alors. L'avènement de l'opération conservatrice a pour conséquence immédiate la possibilité de pratiquer une seconde intervention sur une même femme, enceinte à nouveau. Dès lors, la césarienne itéralive prend la place qui lui est due au milieu des autres manœuvres obstétricales.
Cependant, on retrouve rapportéés dans les anciens auteurs un certain nombre d’hystérotomies répétées. Sans nous attacher au cas de Nancrède, qui aurait opéré six fois de suite la même femme, nous retrouvons des faits plus scientifiquement établis. Baqua (de Nantes), en 1797, est probablement le premier qui réussit à pratiquer la césarienne pour la seconde fois sur un même sujet. Michaëlis, en 1856, aurait opéré quatre fois une même femme. Decænne, en 1852, et OEttler, en 1863, en firent autant. ne
Wiel, Malgaigne et Hasse, en préconisant et en pratiquant les sutures utérines dans la césarienne conservatrice, éclaircissent le pronostic de cette intervention et favorisent ainsi le développement de la césarienne itérative. Il faut cependant arriver à la vulgarisation de l’antisepsie pour voir s'affirmer les succès de la césarlenne conservatrice.
En 1882, simultanément Kehrer à Heidelberg, et Sanger, assistant de Léopold, à Leipzig, publient leurs mémoires sur la conservation de l'utérus après la secon césarienne el sur les avantages que présentent les sutures utérines, donnant ainsi un nouvel élan à la césarienne conservatrice. |
Acceptée d'abord timidement, lhystérotomie trouve
d’ardents défenseurs avec Léopold et Bar et devient dès lors une opération courante que l’on peut répéter sur une même femme.
Léopold, sur 100 césariennes (1882-1896), a opéré onze femmes ? fois, une 3 fois etune 4 fois. À la clinique de Braun, à Vienne, sur 74 opérations deé:1839 x 1896. on à opéré cinq femmes 2 fois et une 3 fois. OEshauser, sur 29 cas de césarienne, opère deux femmes ? fois et deux 3 fois. Chez Zweifel, à Leipzig, sur 53 opérations césariennes, onze le furent 2? fois et quatre 3 fois.
La littérature médicale contient un certain nombre de cas de césarienne répétée plusieurs fois sur un même sujet. Abel cite le cas d'une femme opérée 4 fois. Fruhinsoltz a hystérotomisé une achoudroplasique pour la quatrième fois. Birnbaum en 1884 répéta la césarienne pour la cinquième fois sur la fille Rittgen, qui malheureusement mourut d’une embolie de cinquième jour après lopération. Le professeur Charles (de Liège) a également pratiqué 5 césariennes sur une même femme.
Dans ce rapide historique nous assistons au développement progressif qu'a subi l'emploi de l'itérative dans la thérapeutique obstétricale ; elle n’est plus une opération d'exception, mais est devenue une intervention courante pratiquée par la plupart des accoucheurs. Le nombre des hystérotomies répétées et publiées par leurs auteurs est assez considérable pour se faire une idée de la valeur de la césarienne itérative.
Mérite-t-elle la faveur dont elle est lPobjet? n’a-t-elle pas en certains cas des résultats fâcheux ? quelle est la technique un peu spéciale qu’elle comporte? quelles sont ses indications plus précises que celles de Ia césarienne
or Re ordinaire ? Ce sont là les questions que nous nous sommes posées. | Après avoir énoncé les faits cliniques qui servent de base à ce travail, nous envisagerons successivement ces divers points.