‹ De La Césarienne ItérativeChapitre 4 sur 14 · FAITS CLINIQUES · texte numérisé non relu

FAITS CLINIQUES

OBSERVATION [ (1) . Opération césarienne itérative 40 heures après le début du travail.” Le 11 septembre 1911 à 11 heures du soir, entre à la

clinique obstétricale la nommée Augustine B..., 21 ans, IL pare, marchande ambulante. La parturiente, qui ignore

l’époque de ses dernières règles, parait cependant être

arrivée au terme normal d’une grossesse ayant évolué sans:incident. Les premières douleurs ont apparu le ff

septembre à 9 heures du matin; le soir de la même jour-

née, rupture spontanée des membranes. Les douleurs continuent régulières et une sage-femme appelée dans la nuit du {1 au 12 trouve que tout va bien. Cependant après une nuit et une nouvelle journée de douleurs inefficaces quoique énergiques, la femme est transportée le

HP ete Delmas. — Réunion obstétricale de Montpellier. Décembre 1911.

A tea

12 à 8 heures du soir à l’hospice de L..-et lon tente sans résultat une application de forceps au détroit supérieur. Cet insuccès décide le médecin à diriger la malade sur la clinique obstétricale de Montpellier où elle arrive 40 heures après le début du travail et près de 30 heures après la rupture des membranes. Dans l'intervalle la femme a élé examinée et louchée par deux personnes différentes. : he :

Malgré la longue durée du travail on est frappé par la persistance des bruits du cœur fœtal normaux comme nombre et d'une remarquable intensité. L'auteur élimine ipso facto l'éventualité d’une basiotripsie malgré que Île fœtus commence à rendre le méconium. D'un autre côté l'état général de la femme serait excellent, n'était une légère excitation nerveuse. Le pouls est un peu rapide: pas de température: le liquide amniotique légèrement teinté en vert ne présente aucune odeur. Bref, si tout dans l'interrogatoire doit faire craindre l'infection de l'œuf, aucun signe clinique ne vient en donner la moindre confirmation. Le palper ne donne aucun renseignement. Le toucher permet de constater une volumineuse bosse séro-sanguine prolongeant un sommet fortement appliqué sur le détroit supérieur et empêchant d'atteindre le promontoire. La dilatation est complète.

Le diagnostic de rétrécissement du bassin suggéré par la longue durée du travail malgré d’énergiques contractions et par l'inspection générale’ de la femme qui porte tous les stigmates apparents d’un rachitisme très aecentué est confirmé par linlerrogatoire. La parturiente raconte que sa première grossesse, qui date de 3 ans, s'est terminée par une césarienne effectuée à l'hôpital de Toulouse treize heures après le début de travail et la rupture des membranes qui furent simultanées. Elle s’est

fe levée le dixième jour après l'opération sans avoir présenté la moindre complication.

Devant une telle éventualité clinique, l’auteur n'ose pas tenter une pubiotomie sur un bassin dont il ignore

la valeur exacte du rétrécissement, qu'il est pour le mo-

ment impossible de mesurer. Une nouvelle application de forceps serait sûrement sans résultat. Il ne reste donc que la voie abdominale. Fera-t-on une césarienne conservatrice classique, une sous-péritonéale où un Porro? Tout, dans l'histoire de la malade, parait pousser à celte dernière intervention. Cependant on lui préfère la césarienne conservalrice, en se basant sur l'absence d’un signe quelconque d'infection et sur le jeune âge de la femme. a

Le 13 septembre, à 2 heures du matin, après une rigoureuse toilette vulvaire et vaginale, la femme est endormie à l’éther goulte à goutte. Après champ opératoire à l’iode et incision abdominale classique, l'utérus est complètement extériorisé el isolé parfaitement sur un lit de compresses. Sur l'organe ainsi extériorisé on délimite avec un nouveau jeu de compresses la seule région qui sera intéressée par lincision, et cette dernière est à son tour légèrement touchée à l’iode. L'incision de l'utérus et l'extraction du fœtus sont effectuées rapidement et sans incident. La cavité utérine détergée au maximum est bourrée avee une longue mèche de gaze imbibée de teinture d'iode. Enfin, la suture utérine faite avec de la soie forte, on retouche la ligne d'incision avec le même antiseptique. L’utérus est replacé dans l'abdomen et recouvert par l'épiploon. Notons en passant qu'on n'a trouvé aucune adhérence conséculive à la première césarienne eb que l'ancienne ligne d'inci-

sion ne présentait aucun aminecissement.

Pendant les suites opératoires il n'y a jamais eu le moindre symplôme péritonéal. Pendant quelques jours les lochies ont été purulentes et fétides et la température est montée à 39 le sixième jour. Des injections et des attouchéments intra-utérins iodés ont eu facilement raison de celle complication. La parot abdominale à suppuré assez abondamment. Vingt jours après l’opéralion, la femme quitte la clinique en parfait état général avec cependant une légère suppuration de la partie inférieure de l’incision abdominale. Elle emmène avec elle un enfant très bien portant.

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