‹ De la Césarienne Vaginale: Ses Indications ActuellesChapitre 5 sur 15 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Considérations générales

En publiant en 1858 son traité nouveau de lhystérotomotokie ou enfantement césarien, Rousset avait résolu, au point de vue de la technique, le principal problème de lPobstétrique : la rapide évacuation de l'utérus en cas de danger pour la mère ou l'enfant.

Cette solution très heureuse n'avait pas été jugée satisfaisante par la majorité des accoucheurs pendant longtemps. A l’heure actuelle, bien comprise et à peu sûre au point de vue des résultats, grâce aux progrès immenses qu'a réalisés l’asepsie au siècle dernier, cette opération est pratiquée couramment, pourrait-on dire, dans tous les services obstétricaux. Mais, si la femme est infectée, de graves conséquences peuvent en résulter : la septicémie généralisée, la pyohémie avec leur dénouement fatal. Cette intervention devient alors Popération obstétricale la plus dangereuse, puisqu'elle trans-

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porte les microorganismes pathogènes de l'utérus dans la cavité péritonéale.

Aussi, en 1895, Dührssen proposa, pour vider extemporanément l’utérus, une solution non seulement complète au point de vue technique, mais encore recommandable dans certains cas spéciaux : nous voulons parler de la césarienne vaginale où opération de Dührssen. Rapidement les accoucheurs allemands se rallient à celte opération, l’adoptent sans réserves, la préfèrent à la césarienne classique, en lui attribuant des indications par trop étendues. L’éclampsie, le placenta prævia, les hémorragies, les anomalies du col dues à un cancer, à la présence d'un myome, les bassins aplatis, la faible dilatation, la compression du cordon, les maladies du cœur et du poumon, elc., ne sont qu'une partie des indications envisagées par Dührssen et la plupart des accoucheurs allemands (David, Goffe). Certains d’entre eux ne sont pas aussi favorables à la césarienne vaginale. Ahlfeld, Olshausen, s'ils admettent la nouvelle voie dans Îles utérus cancéreux, lui reprochent dans les autres cas de multiplier les accouchements forcés et s’en tiennent plutôt à la césarienne classique abdominale. En somme, on peut dire qu'un immense engouement s'empara de presque tous les accoucheurs et gynécologues allemands, qui voyaient en cette intervention une solution à toutes les difficultés obstétricales. |

En France, la césarienne vaginale a été peu faite au début en dehors de la clinique Tarnier. Petit à petit elle atüra l'attention des accoucheurs français qui, sans attribuer à ses indications l'extension qu'on leur a donnée en Allemagne, la considèrent, sans méconnaître les risques qu'elle fait courir, comme pouvant être d'un grand secours.

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C'est à Jeannin et Garipuy que revient le mérite d’avoir fait, les premiers, un exposé clair et méthodique de la question, dans la communication qu'ils ont produite devant le Congrès français de gynécologie, d'obstétrique et de pédiatrie, tenu à Toulouse en septembre 1910. Ces auteurs se sont efforcés de mettre en lumière les errements commis Jusqu'à ce jour au point de vue de l'opportunité opératoire. La légitime inquiétude de tout praticien, lorsqu'il s’agit d'entreprendre un accouchement forcé et rapide, l’insuffisance ou l'impossibilité d'application des méthodes habituelles, dans certains cas, Voilà, je crois, plus qu'il n’en faut pour comprendre tout l'intérêt qui s'attache à l'étude critique de cette méthode opératoire, si peu appréciée en France où elle n'avait trouvé jusqu'en 1910 presque aucun accueil.

« Pourquoi la césarienne vaginale était-elle frappée d’un tel ostracisme? En trouve-t-on la justification dans d’exceptionnelles difficultés opératoires? dans des risques capables de compromettre la santé ou même la vie de la femme? dans l'impossibilité d’en fixer les indications ? Pour notre part, nous ne le croyons pas et nous sommes persuadé que‘cette méthode, employée à bon escient et par là même à titre rare, est de nature à rendre de grands services » (Jeannin et Garipuy).

La césarienne vaginale, pour Schwab, est surtout applicable à la grossesse compliquée de cancer. Pour Brindeau (qui a fait la première césarienne vaginale en France), pour Bar, lhystérotomie cervicale, quand la voie haute est contre-indiquée, est supérieure à tous les procédés qui obligent à une dilatation violente et aveugle du col, ils l'utilisent couramment pour vider l'utérus dans l'avortement précipité. Enfin, en Angleterre et en Amérique, elle est en honneur actuellement et y consti-

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