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Sociétés pour les besoins moraux.
Ces sociétés s’occuperaient spécialement d’instruire et d'améliorer les classes humbles et pauvres,
Elles devraient non seulement répandre les lumières et les bonnes mœurs, mais encore en faire naître et en entretenir le désir et le gout.
Les conseils, les entretiens, les bons livres, une émulation louable , des encouragemens, des récompenses distribuées à propos et avec discernement ; tels sont les moyens principaux qu'elles emploieraient pour atteindre leur but. La connaissance personnelle qu'elles prendraïent des individus, l'intérêt qu’elles leur porteraient, ne pourraient manquer d'éclairer leur bienfaisance, et de la diriger suivant les occasions.
La classe humble et pauvré comprendrait qu'il ne suffit pas de vivre, mais qu'il faut vivre moralement ; que nous sommes tous obligés de respecter en nous la dignité d'homme, d’écouter et de suivre notre conscience ; elle se dégoüterait des vices grossiers et brutaux; elle acquerrait l'habitude et le goût de l’ordre, de l'économie, de la prévoyance, de l'exacte probité ; elle deviendrait moins pauvre à mesure qu’elle serait plus prudente et plus sage.
L'auteur n’a point oublié une classe d'hommes coupables sans doute, mais malheureux; ce sont ceux qui ont été flétris par des peines infamantes et temporaires. Lorsque le terme de leur punition est arrivé, que peuvent-ils devenir? la société les ré-
prouve , les abandonne, les repousse ; souvent ils retombent dans les mêmes fautes ; les associations pour les besoins moraux devraient leur tendre des mains protectrices, leur offrir du travail, des secours dans des maisons où ils seraient recueillis.
Ces mêmes associations auraient aussi à s'occuper des prisonniers et des prisons sous le point de vue moral; on ne peut se dissimuler que nos maisons de détention ne soient des écoles de dépravation et de crime. Quand seront-elles ce qu'elles doivent être : des lieux de pénitence, de repéntir, de retour à l’honnèéteté et à la probité ?
Oh! combien nous avons encore à faire pour l'amélioration de nos semblables , pour la nôtre à nous-mêmes! Nous admirons l’état florissant de nos sciences, de nos arts; mais, sous ce grand éclat, que de tristes réalités! Nous avons la surface, l’extérieur de la civilisation ; levez ce voile brillant, il
cache des misères affreuses, et des mœurs pires que celles des sauvages.
AnT. 3.
Sociétés pour les pauvres invalides.
Ces pauvres sont ceux qui sont attaqués de maladies incurables ; par exemple, les aveugles, les aliénés, les paralytiques ; ce sont encore les vieillards,
surtout ceux qui sont impotens; les enfans orphelins et les enfans trouvés.
Il distingue ces pauvres en trois classes; il en est qui n'ont à attendre le secours d'aucun parent, d'aucun ami : ceux-là sont nécessairement à la charge . de la société, qui doit les faire vivre. Ce serait, dit l'auteur, une prudence abominable que celle qui abandonnerait un enfant trouvé de peur de favoriser le vice.
D'autres pauvres invalides ont des parens ou des amis, mais qui sont incapables de les faire subsister ou de les aider, parce qu'ils sont eux-mêmes dans l'indigence.
Enfin une troisième classe est celle des pauvres non valides, que des personnes naturellement chargées de les soutenir peuvent en effet secourir, aidet, mais d'une manière incofnplète, et en ne leur fournissant qu'une partie de ce qui leur est nécessaire.
L'auteur passe en revue toutes ces classes de pauvres, et montre comment il faut les faire subsister ou du moins les secourir suffisamment ; il est surtout partisan des secours à domicile, et de tout ce qui tend à conserver les liens de famille, en ne séparant point le pauvre invalide de ses parens et de ses amis ; il fait voir que la morale est intéressée à cet accomplissement des devoirs naturels et de famille, d'où il
RAPPORT. 23 résuliera plus de bien-être pour les pauvres invalides, et l'exercice de plus d’une vertu chez ceux qui ea prendront de tendres soins.
Il défend aussi la cause des malheureux petits enfans trouvés, et s'élève contre le système de ceux qui proposent d'anéantir tout d'un coup ce genre d'hospices. « Il faut, dit-il, avant tout, travailler à « diminuer le nombre des enfans trouvés, en taris- «sant les sources de la misère et de l'immoralité. « Tant que les gouvernemens et les institutions « créeront l'indigence, il ne faut pas s'attendre à «voir prospérer aucun bon système de charité. Le « mal sera toujours hors de proportion. » ‘
Toute cette partie de l’ouvrage, qui est relative aux secours dus aux pauvres invalides, est empreinte de La sensibilité d’un homme de bien, véritablement ami de l'humanité. |
Il consacre un chapitre à traiter de ce qu’il appelle Des établissements spéciaux.
C'est-à-dire qu’il voudrait que des asiles différens fussent consacrés spécialement aux différens genres de besoins, de souffrances, de maladies.
H voudrait qu'en vertu d’une économie de toits et de murailles, on n'entassit point ensemble dans les mêmes demeures les âges, les sexes, l’homme qui a toujours mené üne vie irréprochable et celui qui,
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par des délits graves, a mérité la flétrissure, etc. Il y a long-temps qu'on a remarqué combien il est absurde, immoral, dangereux pour la société, de mettre sous les mêmes verroux le simple prévenu, l'accusé, le condamné ; de jeter dans la même prison le scélérat condamné pour vingt crimes atroces, et l’homme de lettres courageux qui, par un excès de zèle, aura fait un mauvais usage de la liberté de la presse ! etc.
Certes, 1l devrait y avoir des prisons spéciales pour les différentes natures de délits, pour les diverses classes de condamnés; comme il devrait y avoir des hospices et des hôpitaux spéciaux pour les différentes natures de maladies, et pour les diverses classes de pauvres que la société doit prendre à sa charge et secourir. Il y a long-temps que cela se dit ; il y a long-temps que la morale, la raison, l'humanité, ont fait entendre ces réclamations; on répond que tout cela est impraticable faute de fonds suffisans ; que ne dit-on tout simplement que les fonds publics sont exclusivement destinés à entretenir l'avidité des . courtisans, la vanité, la représentation, l'oisiveté , les vices des puissans et des riches, et que les dépenses utiles et nécessaires au bien-être physique et moral de la société tout entière sont celles qu'on frappe d’un ajournement éternel :
Notre auteur ajoute des vues sur les ressources de la charité volontaire des particuliers, sur les fonda-
. RAPPORT. " 25 tions existantes qu'il faudrait respecter en les liant au système général de secours qu’il propose, sur les comptes de recettes et de dépenses que les sociétés de bienfaisance devraient publier, sur la manière de former ces sociétés, sur les modifications qu'elles devraient prendre ou recevoir selon les diverses localités, sur la liaison et les rapports qu'il conviendrait d'établir entre elles.
Il recherche enfin quelle serait l'influence probable du système de charité qu’il a proposé et développé sur les mœurs publiques et sur toute l'économie sociale. Je n’ai pas besoin de dire que l’auteur veut prouver que cette influence ne saurait manquer d'être fort avantageuse à la société, d'amener avec le temps l'amélioration des individus, celle des mœurs publiques et des mœurs privées.
Cet ouvrage a 200 pages in-4°, d’une écriture quelquefois très fine et très serrée. e
Jestime qu'il rendrait 350 à 400 pages au moins d'impression in-8°.
Le mérite particulier de ce travail est d’être parfaitement méthodique, bien distribué, ce qui fait qu’on en suit plus facilement la marche, qu'on en saisit mieux l'ensemble.
Je n'ai pu, dans une sèche et froide analyse qui ressemble à une table de matières, donner qu’une idée bien imparfaite de l'ouvrage; je crois devoir
‘ajouter que ‘toutes les questions importantes et difficiles qui naissent du sujet m'ont paru traitées avec précision, avec sagesse, et souvent avec une chaleur d'âme qui mspire de l'estime et presque de l'affection pour l’auteur.
1 n’y a nul doute qu’il n'ait fait beaucoup de recherches sur les établissemens de charité existans en France et chez l'étranger; qu'il n'ait lu et consulté ‘beaucoup d'auteurs et d'ouvrages sur la matière. Il a, presqu’à chaque page de son manuscrit, indiqué par des notes en marge les sources où il a puisé : ce sont des livres où des journaux français, allemands, anglais, etc. On voit qu’il y a recueilli des faits qui appartiennent à presque toutes les nations civilisées , aux États-Unis d'Amérique, à l'Angleterre, à l'Écosse, à l'Allemagne, à la Suisse, etc.
Le style de l'auteur ne manque ni de clarté, ni de correction, à Quelques exceptions près; peut-être pourrait-on désirer qu’il füt plus soigné, qu'il eût plus d'élégance et de mouvement ; mais je n’en pense pas moins que l’auteur a composé un bon ouvrage, ‘ qui répond aux intentions exprimées par l’Académie dans ses programmes, un ouvrage fait pour inspirer la charité, et pour en diriger sagement l'exercice.
$- I". Bat de l’ouvrage, et importance du sujet
IL ya toujours eu, et il y aura toujours des indigens; les causes de la pauvreté abondent dans le monde physique et dans le monde moral. L’iugratitude du sol , les orages, les inondations, les intempéries des climats, frappent de stérilité les travaux sur lesquels les hommes fondaient l’espoir de leur subsistance. Lorsque la nature semble pluslibéralea leur égard, souvent ilsmanquent eux-mêmes des forces et de l'intelligence nécessaires pour profiter de ses dons, ou ils laissent perdre et ils dissipent follement les biens qu’elle leur accorde. À ces causes d'indigence s’ajoutent celles qui naissent de l'état social et des institutions politiques et civiles : l'abus de la fortune et du pouvoir , l'énormité et la mauvaise distribution des impôts, les entravessgpportées aux facultés personnelles de domicile et d'industrie , les génes imposées au commerce, les fluctuations du crédit et de la valeur du numéraire, le lab yrintlkie de la chicane , et tous les vices de lois qui portent
28 INTRODUCTION. le dernier coup aux droits qu’elles devaient protéger. |
De là une misère, dont le spectacle afflige le cœur, qui produit souvent une mendicité excessivement importune, et qui va quelquefois jusqu'à menacer la sécurité générale. L’humanité, la religion, la politique, les intéréts du bien-être et du repos publics, exigent que l’on cherche à la diminuer, que l’on soulage efficacement les malheureux dont elle rend l'existence si pénible, que l'on protége la société contre les dangers auxquels elle l'expose, et que l’on mette fin aux importunités fatigantes dont elle est la cause ou le prétexte. Aussi est-ce là depuis long-temps un des principaux buts des méditations des philanthropes et des efforts des gouvernemens.
Entre les moyens imaginés pour latteindre, celui que l’on désigne par le nom de taxe des pauvres , est tellement flétri dans plusieurs écrits et dans les conversations habituelles, ilest si souvent question de@eaux dans lesquels il a entraîné l'Angleterre , et du profit que les autres peuples doivent faire de ce grand exemple, que ce serait l'entreprise la plus saperflue et la plus iuepte, que de s’attacher à en faire un examen spécial et
INTRODUCTION. 29 détaillé, si des phrases représentaient toujours des pensées , et si une connaissance superficielle de certains résultats pouvait être d’une véritable atilité. Mais , quand on approfondit ce sujet , on est confondu, et nous prions qu'on ne veuille pas condamner cette assertion avant d’en avoir lu les preuves, on est confondu de voir que, out en criant contre la Charité légale, on y donne tête baissée, que tous les moyens que l’on propose pour secourir l’indigence, y conduisent directement ou indirectement, souvent même ne sont que ce mode de charité déguisé sous quelque apparence qui le fait méconnaître; on est confondu de voir que presque tous les peuples de l'Europe raisonnent sur des destinées qu'ils subissent , comme si elles leur étaient étrangères, épuisent Jeur sensibilité à déplorer l’état de l’Angleterre, tandis qu'eux-mêmes s’avancent à grands pas dans la même carrière de misères et de perplexités. On dirait des personnes qui gémissent sur le sort d'un infortuné près de succomber sous les atteintes d'unemaladie mortelle, sans faire aucun retour sur leur propre état, quoiqu'elles s'acheminent au tombeau par la même voie. Ce n’est donc point ici, comme on
pourrait le croire au premier abord, une discussion qui ne concerne que l'Aegleterre, et qui ne doit exciter chez les autres peuples de l’Europe qu'un intérêt de curiosité ou de sympathie; tous sont directement intéressés à étudier à fond la nature, les circonstances, la marche, les causes et les effets de la charité légale; et si dès à présent ils ne font pas de leur situation sous ce rapport l’objet de leur sollicitude , ils compromettnt de la manière la plus grave le sort de leur avenir. Nous sommes, il est vrai, loin de nous flatter de pouvoir personnellement détruire les illusions fatales que l'on se fait sar cet impor tant sujet; mais nous avons groupé dans cet ouvrage plusieurs faits qui, réunis, conduisent à des conséquences que l’on n’apercevait qu'imparfaitement lorsqu'ils étaient isolés; et des hommes, plus capables que nous de porter la conviction dans les esprits , pourront, en les prenant pour base, exercer une salutaire influence.
. Quel que puisse être le soin que nous avons mis à nous préserver de toute erreur dans l’allégué de ces faits, on doit comprendre que, sur une masse de documens recueillis en tant de pays et de tant de manières, dans des écrits im-
INTRODUCTION. 31 primés , dans des archives publiques, par correspoudance, par conversation , sur les lieux mêmes ou à distance , il est impossible qu’il ne s’en soit pas glissé quelques uns qui manquent d’exactitude. Mais , quand sur vingt faits il s’en trouverait un de faux ou d’exagéré , nos conclusions n'en seraient pas moins solides; ceux qui sont moontestables suffraient , à la rigueur , pour les établir. Néanmoins, la généralité des lois qui régissent cette partie de l’économie sociale ressort bien mieux, quand on retrouve dans un grand nombre de pays divers les mêmes résultats, et nous n'avons pas cru devoir renoncer à la mettre en évidence, parce que nous ne pouvions pas recueillir partout des extraits, soit de registres publics, soit de registres particuliers résulièrement tenus.
$. II. Détermination , limitation et division du sujet.
Avant d'entrer dans l'examen de notre sujet, il insporte d'en bien déterminer la nature.
La Charité légale, si l’on s’eutienta l’étymo+ logie du mot, est celle qui s’exerce en vertu de h loi. QGn peut donc considérer comme étant sous ce régime, tous les pays où la loi consacre
au soulagement de l’indigence des deniers levés par l'imposition d’une taxe.
Il est cependant une distinction très importante à laquelle il faut nécessairement avoir égard, celle qui naît de la différence des buts que l'on peut avoir en vue en assistant les pauvres. On peut se proposer ou de leur donner simplement un secours, sans prétendre le proportionner à leurs besoins, ou de leur assurer la portion de leur subsistance qu'ils ne peuvent se procurer eux-mêmes. Nous nommerons taxe incomplète celle qui correspoud au premier de ces buts, et nous désignerons celle qui correspond au second par l'expression impropre mais usitée de taxe des pauvres, ou simplement par le mot de taxe. |
Les pays où l'on destine au soulagement des indigens une part des amendes judiciaires, de l'argent qui se dépense en spectacles et en plaisirs divers, du produit des octrois ; ceux où l’État leur fait un don annuel, sont sous le régime de la taxe incomplète, tant que ces secours ne varient pas avec les degrés de misère, et que l’on ne supplée pas par d’autres impôts à leur insuffsance.
INTRONUCTION. 33 Les pays, au contraire, où la part que les pauvres ont à percevoir sur cès revenus varie avec les exigences des temps, ceux où l’on pourvoit par d'autres mesures lépales aux besoins qu'elle ne peut soulager, ceux où l'on comble par des sommes tirées , soit du trésor public, soit ‘un impôt spécial, le déficit qu’elle a laissé, sont sous le régime de la taxe proprement dite. C’est uniquement ce dernier mode de charité lépale que nous avons en vue dans cet ouvrage, et auquel l’ensemble de nos raisonnemens peut s'appliquer. Ce n’est qu'accidentellement que nous serons dans le cas de parler de la taxe incomplète. Il n'est pas, au reste, toujours facile de distinguer ces deux modes ; unt taxe en faveur des pauvres peut ne se présenter d'abord que sous forme de taxe incomplète. Si néanmoins on est disposé à l’augmenter quand la misère s’accroitra, le pays où elle est établie, est, au fond, sous le régime de la taxe proprement dite.
Quoique nous n’ayons pas examiné la nature et les effets de ce système chez tous les peuples qui l’ont adopté, nous présentons sans crainte les résultats que nous avons obtenus , aux personnes qui voudraient sortir du cercle dans le-
quel nos recherches ont été circonscrites. Nous sommes assuré que, si elles prenaient des renseignemens dans les pays sur lesquels il ne nous en est pas parvenu, elles verraient ces résultats se confirmer, pourvu néanmoins qu'elles ne se bornassent pas à lire des préfaces et à consulter des opinions; car les auteurs qui écrivent sur ce sujet annoncent et concluent souvent tout le contraire de ce que prouvent les documens qu'ils citent; c'est aux faits seuls que nous avons dû avoir égard , et nous sommes en droit de récuser toute autre autorité.
Sans avoir la prétention de faire une statistique complète de la taxe, nous commencerons par indiquer divers pays où le système de {a charité légale existe, et les modes sous lesquels il s’y présente. Ainsi, nous reconnaîtrons le champ dans lequel nous serons appelé à recueillir les faits qui serviront de base à nos raisonnemens , et nous aurons l'occasion de donner quelques notions propres à faciliter l'intelligence de ce qui doit suivre. e
Ces préliminaires étant établis, nous -examinerons les effets qui dérivent directement du principe sur lequel est fondée la charité légale.
Nous étudierons ensuite trois institutions qui peuvent être considérées oomme faisant partie de ce système; le domicile de secours, les établissemens créés pour occuper tous les indigens valides , et la proscription de la mendrcité.
En effet, la charité légale ne peut s'exercer sans que l’on circonscrive la portion de territoire où chaque indigent a droit à l'assistance. Partout où elle existe, il y a donc domicile de secours légalement établi.
Lorsque l'on est obligé de pourvoir aux besoins des indigenus, on est naturellement conduit à forcer au travail ceux qui sont valides, car il ne convient pas de nourrir des paresseux au détriment de personnes actives et industrieuses. On espère d'ailleurs, en occupant les pauvres, s’indewmniser en tout ou en partie des dépenses que l’on fait pour eux.
1l résulte de là que, dans la plupart des pays qui sont sous le régime de la charité légale, on assujettit les indigens valides à l'obligation du travail.
Enfin, si l’on s'impose la tâche de pourvoir aux besoins des pauvres, on veut du moins
n'être pas obsédé parles mendians, ce qui donne lieu à la proscription de la mendicité.
De l'ensemble de ces divers élémens du système , résulte l'influence qu’il exerce sur la prospérité des peuples, influence ‘que nous signalerons rapidement en terminant cette premiére partie de notre travail.
Lorsque nous aurons ainsi envisagé les effets de la charité légale, nous remonterons à ses causes, nous étudierons les motifs qui la font établir, les mesures qui, souvent à l'insu de ceux qui les proposent, y acheminent inévitablement, et l’état de l'opinion à l'égard de ce système , dans les divers pays de l'Europe.
Nous donnerons ensuite un aperçu des devoirs des gouvernemens, sous le rapport de la bienfaisance , devoirs nombreux et importans qu’ils peuvent remplir sans entrer dans une sphère d'activité que l'intérêt même des indigens doit leur interdire.
Si nous ajoutons à ces considérations une esquisse des nioyens qui nous paraissent pouvoir contribuer le plus efficacement au soulagement de la misère et à la diminution de la mendicité, ce n’est point avec la prétention d'approfondir
INTRODUCTION. 37 cæ sujet, mais uniquement parce qu'après avoir développé les tristes résultats de beaucoup de projets et d'entreprises que l’on ne cesse de former pour le bien des pauvres, il importe de ranimer l'espoir des âmes bienfaisantes. L’afiligeant tableau que nous leur offrons pourrait les décourager , il est bon de leur faire entrevoir la route qui peut conduire à l’établissement d'un meilleur ordre de choses.
DE LA