‹ De la charité légaleChapitre 39 sur 106 · PARTIE IV. — SECTION I · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SECTION I

Les établissemens agricoles fondés dans le canton de Berne ne sont pas dans un état plus prospère. Ils sont loin de réaliser les espérances qu'ils avaient données. Les ouvriers y travaillent lichement » et seulement lorsqu'ils sont inspectés par l'économe. Ils ne font pas la moitié de l'ouvrage que font les ouvriers ordinaires. En vain , pour sauver la maison de Rüderswyl, qui, dans les premières années, était essentielle: ment industrielle, y avait-on introduit le travail agricole ". Chaque individu y coûtait encore 60 livres (fr. 88, 90) par année, et, après de vains efforts pour la soutenir, cette maison, fondée en mai 1810, a succonrbé en mars 1833, sous le poids de ses dépenses, et -par suite des ‘ désordres dont elle était le théâtre *. À Summiswald , 20 à 25 personnes seulement, sur 220 à 230 que renferme l'établissement, gagnent à peu près leur subsistance. Chaque individu ÿ coûte aunuellement , déduction faite de son travail, Sa 1:,s. (fr. 74, 70). Il est. vrai que le compte des laboureurs les plus actifs présente : Schw. Gem. Ges. , 1825, 8. 125. — Der Gem. Schw.,

1 labrg., 8, 120.

*R.'in.

un avoir annuel de 1. s. 112 (fr. 165,90) 'et un dù de gol.s. (fr. 135, 35), mais il ne faut pas s’y laisser tromper. Pour les encourager, on estime leur ouvrage au-dessus de sa valeur réelle, en sorte que ce n’est guère que sur les registres qu'ils font un bénéfice de L. s. 22 (fr. 32,.60). Le voyageur qui visite cette ferme croit parcourir des-terrains en friche; il n’y découvre que çà et Ja des traces de culture. À Langnau, la dépense pour chaque individu n’est que légèrement inférieuré à ce qu'elle est à Surmmiswald *. On. peut d’ailleurs appliquer. à ces deux maisons tout ce que nous avons dit de la misère, de l’immoralité, de l'arbitraire, des vexations dont plusieurs établissemens de travail indnstriel offrent l’affligeant spectacle. Les mêmes, désordres s'y passent ;. on y. emploie les-:mêmes moyens de répression, le retranchement d'une partic de la nourriture et le cachot. À Langnau, on n'épargne pas même les coups, si nous devons nous en rapporter à ce qui nous a été dit dans le pays. Lorsque, dans le ressort de cette dernière maison , on indigent

* Foyez la note IX à la fin du volume.

PARTIE JV. — SECTION Il. 287 demande à être assisté, on ne se borne pas à le forcer d'entrer dans l'établissement | mais on y place toute sa famille; où met sous séquestre les biens quil peut posséder, et ses créanciers se trouvent ainsi frustrés. de leurs droits. Nous avons vu une mesure semblable appliquée en Angleterre daus les maisons. de travail industriel de Rugby comté de Warwick, et de Saint-Werburgh, comté de Derby, Les mêmes causes produisent les mêmes effets. L'état de ces maisons de Summiswald et de Langnau est si déplorable que l’on s’occupe depuis longtemps des moyens de changer leur organisation. Entre les projets que l'on a formés dans ce but, celui qui semble avoir le plus de faveur repose sur une inçorporation des deux communes , laquelle permettrait d’aflecter le service de chacuve des deux maisons à des classes particulières d'indigens, Mais, comme nous l’avons dit , une mesure de ce genre rencontre naturellement de grands obstacles. Le douloureux spectacle de l'humanité outragée dans .ce qu’elle a de plus saint, ne permet pas aux gens de bien de ce pays d'attendre l’époque où elle pourra s’exécuter. Ils se sont concertés, pour arracher du moins à l'air

pestilentiel de ces gouffres de corruptign les malheureux enfans que l’on y place, et pour fonder en leur faveur un établissement spécial. *

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