PROVINCES
KOMBKX
NOMS
des
PROYIirCES.
KOIIBRE du
Pé-tchë-li
Kian-sou
Ngane-hoei
Kian-si
Tché-kian.
Fou-kiene
Hou-pé
Hou-nane
Ho-nane .
i4io i356
nos ii84
Ghane-ton
Qiane-si
Chene-si
Kane-sou
Ssé-tchuene
Kouan-ton (Canton).
Kouan-si
Ynne-nane
Kouei-tcheou. . . .
OOTAI*
Il y a donc , à la Chine , vingt-quatre mille sept cent un individus , qu^on introduit cha* que année dans la carrière des lettres ; ce qui suppose le nombre de ceux qui la courent habituellement au moins vingt fois plus grand. Selon ce compte > il y a constamment à la Chine quatre cent quatre-vingt quatorze mille vingt lettres qui ont reçu des grades, et qui , pai* conséquent , ne sont point inscrits parmi les contribuables. Ces lettrés sont chefs de famille , et nous avons supposé que chaque fa« mille étoit composée de cinq bouches , selon ^expression chinoise. En multipliant par cinq
le nombre trouvé des lettrés , nous aurons pour Popuiaiiont celui des bouches deux millions quatre cent ^^ ** ^**'°*' soixante*dix mille cent. Ces deux millions qoa^ tre cent soixantendix mille cent bouches, ajou- '
tées aux cent quarante*trois millions soixante* quinze mille cinq cent quinze , que nous ayons déjà trouvées , donneront cent quarante*cin(} millions cinq cent quarante-cinq mille six cent quinze i45,545,6i5
Après les lettrés viennent les gens de guerre , Tid«s*Tucwi\ Il qui jouissent aussi de 1 exemption ^ et ne sont pas compris parmi les contribuables. Le P. Amiot , par des raisons de prudence qu^o^ doit assez deviner , n'a osé s'adresser à aucun des tribunaux qui tiennent registre de Tétat des troupes entreténues dans Tempire : les recherches d'un étranger, sur un article aussi délicat , seroient capables d'alarmer la politique inquiète et soupçonneuse des Chinois ; mab en procédant comme on l'a fait pour les lettrés , on peut obtenir un point d'ap»proximation qui suffît pour la question pré^ sente. Les détails suivants sont extraits de l'almanach militaire , qu'on imprime aussi à Pé-kin , quatre fois par an. On trouve dans cet almanach les noms, les titres, les lieux de I9 résidence , le nombre de tous les offî-
l8o DE LÀ C^INE. ^IV. V.
Population ^*^^^ ^^ ^^ milicc chinoisc. Ce nombre étant
de fa Chine, eonnu , on peut en conclure celui des soldats.
Les officiers qui commandent toutes )es
troupes d^une province s^appelent ty-tou , et
sont au nombre de dix -neuf 19
D^autres officiers , soumis aux ty-iou , et qui commandent les troupes dans les différentes villes de chaque province , sont distingués psir différents titres :
ison-pin .... 65 foU'Uian ... ; 118 tsane-^tsian . . i63
, / r^oii- ki. .... 374 Officiers du titre de ^ ^^„^^„. . g^g
tou^sée 1^20
tsiene-Uon. ... 16 17 pa-tson 345g
Total lo^^
Outre ces officiers , dont la résidence est fixée dans lesf villes du premier, du second et du troisième ordre , il s*eh trouve encore dans les villes du titre de ouei, qui sont enceintes de murs , mais non fortifiées. Les officiers établis dans ces différentes villes sont :
HISTOIRE KATTTRELIiB. l8l
Icheou-pei • • • . 52
i---"-i - -, - __ Popuration
isiene-tson. . . . aSo ^ '* C\djit^ cheou'pei,. pour la
garde des portes. Sa
Total 354
£n additionnant toutes ces quantités y on aura pour nombre total des officiers , nommés par Tempereur pour commander la milice chinoise 74<7
Remarquons que chacun de ces officiers , outre les soldats qui sont immédiatement sous ses ordres^ entretient encore une foule d^au-* très hommes» qui composent ce qu^on appelle ^on ya^mene ou bureau ; que dans chacun de ces yia-mene , il se trouve des bas-officiers, pour transmettre et &ire exécuter les ordres , des secrétaires et des scribes pour tenir registre de tout , et des gens de seryice , toujours prêts à être employés selon le besoin. Le nom-bre de ces individus est à celui des officiers dontils composent le bureau, au moins commedix est à un. Multiplions, par dix le nombre des officiers , et nous aurons 74» 1 70
Il faut remarquer encore quUl n^est pas feit mention , dans Talmanach militaire , de ces officiers subalternes qu^on appelle à la Chine du nom de ouai-ouei, et qu^on peut comparer,
l8a , DE I*A CHINE. LIV. V.
Population * ^^^ lieutenà»ts» parce que les oum^oueint de u Cbinp. gQjit pas tQU9 Aomméa par l'empereur -, et que le nombre n'en est pas fixé. Les ty-tou ont le drpit 4^élever ail premier grade militaire ceux des soldats qui se sont distingués , ou par quelque belle action , ou par leur constante exactitude à rerti'pïir leurs devoirs. Le nombre de ces officiers ne lious étant pas plus connu que celui deâ soldats qui composent les garnisons des villes, ou qui, d'un bout de l'empire à l'autre , sont disposés de distance en distance sur toutes les grandes roi^es , tant pour la sûreté des voyageurs qiie pour donner des signaux par le moyen du feu ^ lorsque la néeéssité l'exige ; nous: les compterons tous in gloko, et nous supposerons, iiiiivant notre mé« ^bodie d'évâhiatàoh^ qui est toujours esi moins, que le riombore de tous ces honmies est à celui des officiers comme cent est à un.' Cette ëvalualion nous donnera le nomln^e sept cent q^i^nte^n mille sept cent.y qui , joint aux quantitcs pi*ecédentes ^ produira, pour la totalité des officiers, soldats et autres attachés
à la milice chinoise (r)« .^ 8^3,287
Les gens de guerre, sont » à la Chine , cbe&
(r) Okservoii* qn^uti lettre chîûois s'fest ji^oquë de ce calcul è^ K Amtot ^ etk lui «issifi-ant qu'au lièU dd Sa3^âS7> il <^t dû placer ici au moins fiyoooyooov
Population
HISTOIRE NATURELLE. l83
de Ênmlie comme tous les autres individus ^.opuiation qui composent la nation ; il faut donc muUi^ ^ ^ Qhînt. plier leur nombre par cinq , et nous aurons pour le total des bouches qui , par le privilège de la milice, ne sont point comprises dans Pénumération qu*on a faite des contribuables Jiiii5^32&
Ajoutons ce nombre à celui des 6oiicA^5 déjlT trouvées. . . • 1 45,545,615
Nous aurons . . • 149,662, o5o
« Il faut encore , dit ici le P. Amiot. plus Amrtiârticiud.
' . ' JT population nott
» de cinquante millions pour compléter les ôûlnlfr',; ul'p
» deux cents millions et plus que j^ai assignés ^** ' '^
» pour être le nombre des habitants de la
» Chine. Oii les trouverons -nous ? L'auteur
» At% Recherches philosophiques surlesEgyp--
» Uens et les Chinois ( M. Paw ) nous per*
» mettra volontiers , sans doute, de les pren-
» dre parmi ces wleurs qui, selon lui , in/es^
» ientles grandes routes de Vempirejusqu'a4ix
» environs de Canton ; parmi ces troglodytes
» qu'on y trouve en si grand nombre ; parmi
» ces familles errantes qm désertent linté"
» rieur des terres pour aller vU^re aux en^^i--
» rons des vilSs commerçantes , où f appât
» du gain les attire ; parmi ces moines menr
184 DE l'A CHINE. LIV. T.
Popubiion » dianis , ces châtrés et ces esclaçes , BmLCjnels » nous pouvons joindre encore tous ces ctveuy> gles et ces bonzesses qu^il confond fort mal i> à propos avec ces ^malheureuses victimes » que la pauvreté et le libertinage ont li- » vrées à Tinfamie de la prostitution. Et si » tous ces gens-là. ne. suffisent pas, je leur » joindrai cette multitude d'employés aux 7> douanes , qu'on sait être enHrès-grand nom- » bre , et sur-tout les habitants de ces villes ^> flottantes , qui , sur leurs barques ou leurs » radeaux , semblent faire une nation particu- » lière au milieu de la nation. Dans tout ce » que j'ai dit jusqu'à présent , il n'a point été 9 question des habitants de la ville de Pé-kin , » qui sont très - certainement au nombre de » plus 4e deux millions; ni des Mantcheoux » qui vivent parmi les Chinois pour les con- » tenir et les gouverner ; ni des artisans ; ni » des ouvriers en soie , dont le nombre doit » être en proportion, non -seulement des in- » dividus de leur propre pays pour lesquels >v île travaillent , mais encore de ceux des nayns étrangères , qui viennent chaque anfe charger leurs vaisseaux du fruit de leur dustrie ; ni de ces petits commerçants en îtail qui inondent toutes les villes et les
Digitizad by VjOOQIC
HISTOIRE NATURELLS. l85
» bourgades de Tempirc , ni enfin de ce pe- p^^uiatîon » tit peuple qui, ici comme partout ailleurs, ^^^^ cWne. » et plus encore que par-tout ailleurs , com- » pose ce qu^on appelle le gros de la na- » tion. »
Observons ici qu'il se trouve un déficit con- {-Jiaaî.iîSlu sidérable dans les calculs du P. Amiot, qui , en assignant le nombre des contribuables existants dans les différentes provinces de Tempire, ne £ait aucune mention de la province de Fouki'ene. Cette singulière omission n'est ni motivée ni réfléchie : elle ne peut être que l'effet de l'oubli ou de la distraction. Le nombre des contribuables du Fou-kiene, en 1743, époque du dénombrement dont nous venons d'exposer les diverses parties, montoit à • 1,528,607
En multipliant par cinq ce nombre de che& de famille , nous aurons pour le nombre des bouches du Fou-kiene. . . 7,643,o35
Ajoutons ce nombre au total des bouches déjà trouvées. . i49,662,o5o
Nous aurons un nouveau to-
tal de . . . i57,3o5,o85
Cet eut de population étoit celui de l'an- ^;ïif;A*uX née 1743 , date de l'impression du livre Y-ton- ""*
l86 DE LA CHINE. LIV. T.
p . . iciœ; maïs cette population doit s^étre con« ae la Chine, sidérablement accrue depuis cette époque , parce qu^on observe qu^elle continue de faire à la Chine des progrès sensibles ; c^est ce que constate le livre même Y-ton-iché, qui compare les résultats de deux dénombrements, et où il est dit : Dans le dernier dénombrement qui fut /ait, le nombre des contribuables de chaque province était de tant, il a emgmenlé de tant II seroit à désirer que Tannée de ce dernier dénombrement dont on parle eût été désignée : comme elle ne Pa pas été, et que nous savons d'ailleurs que P usage étoit ci-devant d^annoncer chaque année au souverain rétat de la population de son empire , nous pouvons supposer que ce dernier dénombrement fut fait la septième année du règne de Kiene-lon, c^est-à-dire éri 174^*. Mais pour nous restreindre toujours aux évaluations les moins fortes , reculons ce dernier dénombrement le plus loin quUl soit possible , en ne le supposant fait que dans la première année du règne de Kiene-lon, c*est-à-dire en 1736. Voyons ensuite , diaprés les états comparés de VY'ton-tché , quelle étoit la population en 1786, et de quelle quantité elle s'est accrue jusqu'en 1743*
HISTOIRE KATURSLLE. 187
ÉTAT des CONTRIBUABLES en 1736.
AUGMBNTATION
des
C01ITMB17ABI.ES •B 1743.
^ Pé-tché^. . .
1 Kian-sou. . .
1 NgafDe-hoei. .
M Ho-nane. . . .
\ Chane-si. . . • 1 Tché-kian. . .
j Chene-si. . . .
Dans le^ Kane-sou. . .
] Kian-si. . . .
J Hou-nane. » .
J Hou-pë. . . .
M Foor-kiene. . .
■ Kouan-ton. . .
f Kouan-si . . .
1 Yune-nane . .