CHAPITRE V
Diagnostic.
L'absence de douleur, la présence d’ulcérations du pharynx, l’histoire des manifestations syphilitiques antérieures, la bactérioscopie des curettages, l'effet de la cure spécifique sont les signes d’une ckondro-périchondrite d'origine Ssyphilitique. Dans ce cas, la voix est très enrouée : on l’a qualifiée de voix crapuleuse. Parfois, il y a fétidité de l’haleine.
Les gommes souvent uniques, occupant de préférence l'épiglotte ou les bandes ventriculaires, ne sauraient être confondues avec la tuméfaction du pseudo-œdème. Leur saillie hémisphérique, bien délimitée, est très caractéristique.
L’on connaît les caractères si particuliers des ulcérations syphilitiques profondes, résultant de l'ouverture des gommes : elles ont leurs bords taillés à pic, #ordent les tissus en profondeur et sont auréolées d’un halo rougeûtre, à la différence des ulcérations tuberculeuses qui rongent en surface et sont entourées d’une muqueuse anémiée. La
localisation des ulcérations sur l’épiglotte est un bon signe
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de syphilis. « La syphilis aime lépiglotte », a-t-on dit. Cette dernière peut être trouée en son centre ou échancrée sur son bord libre. Péronne et [Isambert l'ont vue presque complètement détruite. À signaler aussi l’enroulement en avant ou antéflexion de l’épiglotte (Hahnemann) qui coincide souvent avec l’atrophie de la base de la langue signalée chez les syphilitiques par Wirchow.
Dans les cas hybrides (syphilis et tuberculose associées), le larynx présente surtout des caractères tuberculeux graves effaçant ceux de la syphilis qui se révèle surtout par les antécédents.
L’hypertrophie considérable accompagnée d’ossification du squelette cartilagineux du larynx, thyroïde et cricoïde en particulier, tandis que les plans cellulaires prélaryngés s'infiltrent et s’hyperplasient (cancer en cuirasse d'Isambert), l’hypersécrétion de la salive, la fétidité horrible de l’haleine, l’expectoration sanguinolente et les hémorragies, les douleurs très vives, irradiées aux oreilles, à la nuque, dans la moitié de la tête, la rareté de l’envahissement ganglionnaire, l’âge du sujet, enfin l'examen histologique feront penser à la chondro-périchondrite cancéreuse.
La périchondrile consécutive au typhus exanthémalique où à la fièvre lyphoïde, complication grave du laryngo-typhus, se montre à la période de convalescence de ces affections. Elle s'accompagne et dérive d’ulcérations spécifiques en forme de godets sur une base indurée. Dans un dixième des cas, l’épiglotte est prise, d’après Schrætter