ENS
La périchondrite aclinomycosique sera identifiée par l'examen microscopique, qui révèlera la présence du parasite.
En ce qui concerne la périchondrile goutteuse, des attaques de goutte dans d’autres parties du corps avec dépôts apparents en une ou plusieurs articulations des extrémités feront naître le soupçon de manifestations de même nature dans le larynx.
Les traumatismes de nature variable [introduction de corps étrangers dans le larynx, usage fréquent des sondes œsophagiennes, opérations intra-laryngées pour enlever des polypes (Lennox-Browne), blessures par instruments piquants ou tranchants et par armes à feu] révèleront la périchondrite traumatique.
Quant à la périchondrite observée chez les gens atteints de laryngile catarrhale, alcooliques en général, à l'occasion d’un refroidissement, son tableau symptomatique se rapproche à tel point de la périchondrite tuberculeuse que les antécédents et les recherches de laboratoire seuls pourront éclairer le diagnostic.
Chez les malades atteints d’affections infectieuses (typhoïde, variole, rougeole, érysipèle, grippe), d’inflammations de voisinage (amygdalites, pharyngites), ou de traumatismes laryngés (fractures, strangulation), on ne confondra pas le simple abcès du larynx avec le pseudo-
œdème périchondritique, s’il est intérieur, ou avec un abcès chondropathique, s’il est extérieur. La rapidité de l’évolution est en faveur de l’abcès simple. L'examen du pus ou l'inoculation au cobaye lèvera tous les doutes.
La périchondrite tuberculeuse aiguë sera facilement différenciée d'avec les différentes variétés d’œdèmes œdèmes infectieux; œdèmes brusques qui surviennent le plus souvent & frigore (par exemple, chez les mécaniciens de locomotives) et disparaissent spontanément en trois ou quatre jours; ædème névropathique; œdème des néphrites; œdème du mal de Brigth.
Les abcès chondropathiques prélaryngés, qui font saillie sous la peau de la région cervicale, seront distingués :
Du Zaryngocèle extra-laryngé, tumeur molle, sonore à la percussion, réductible et réapparaissant aussitôt par l'effort ;
Des divers kysles de la région hyo-thyroïdienne par la ponction qui ramènera, dans le cas de kyste, un liquide jaunâtre, visqueux, passant difficilement par l'aiguille de la seringue et contenant quelques paillettes de cholesté-
rine ;
De certains phlegmons circonscrits du cou (phlegmons thyro-hyoiïdiens et péri-laryngo-trachéaux) se traduisant par « une douleur et un empâtement obscurs et des phéno- « mènes généraux intenses » ;
Des diverses affections du corps thyroïde :
Congestions thyroïdiennes, à évolution courte, la tuméfaction se résolvant et s’affaissant complètement, assez vite en général;
T'hyroïdites aiguës, s'accompagnant de frissons, fièvre, céphalée, douleur intense et aboutissant, en 10 à 15 Jours, soit à la résolution, soit à la suppuration ;
Goîtres (forme colloïde et forme kystique en particulier) :
La mobilité de la peau (souvent sillonnée de veines dilatées) sur la tumeur sera en faveur des goitres. La forme en fer à cheval à concavité supérieure révèlera l’existence d’un goître étendu à l'ensemble de la glande. Le goître occupant le lobe médian, goître globuleux de Wôlfler, attirera l'attention par « sa tendance à s'engager « derrière la fourchette sternale comme s’il y était aspiré « pendant l'inspiration pour remonter à l'expiration (goître « ambulant) » (Forgue).
Le procédé qui fournira des résultats décisifs au point de vue du diagnostic sera la ponction exploratrice : ramenant du pus, elle démontrera l'existence de l’abcès chondropathique ;
Cancer du corps thyroïde, caractérisé par les signes cardio-vasculaires (palpitations, tachycardie), sensation de chaleur, bouffées congestives et par l’intensité des douleurs locales ou irradiées, douleurs de la nuque, douleur ressentie vers la mâchoire inférieure, vers les oreilles ou vers la main ;
Tuberculose du corps thyroïde à forme hypertrophique : la différenciation ne pourra, dans ce cas, se faire
que, lors de l’intervention chirurgicale, par la constatation de l’augmentation de volume de la glande, sans altération des cartilages laryngiens ;
Maladie de Basedow : tumeur animée de mouvements pulsatiles, synchrones à la systole cardiaque, donnant, à la palpation, la sensation d’un véritable trill; éré/hisme cardio-vasculaire; exophtalmie; tremblement.
Enfin, les abcès chondropathiques prélaryngés analogues à ceux dont nous citons les observations, seront très difficilement différenciés d’avec l'adénite prélaryngée, due à l’inflammation tuberculeuse du ganglion de Poirier. L'intervention chirurgicale seule permettra de faire le diagnostic en révélant des altérations cartilagineuses dans le premier cas, alors que, dans le second, le squelette du larynx apparaîtra indemne.
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