‹ De la Chondro-péricondrite tuberculeuse du LarynxChapitre 14 sur 31 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Pronostic.

Le pronostic des chondro-périchondrites tuberculeuses primitives et précoces doit toujours être réservé, eu égard aux dangers d’asphyxie presque constants dus au pseudoœdème. D'ailleurs, quoiqu'il y ait des cas favorables dans lesquels l’abcès se vide spontanément, le pus étant rejeté par la bouche, ou dans lesquels les cartilages nécrosés sont facilement éliminés par la même voie, il peut souvent se produire une rapide rechute par suite de nouvelles suppurations. D'autre part, l’on doit ne jamais perdre de vue la possibilité d'obstruction des voies respiratoires par un séquestre en voie d'élimination et la suffocation qui en résulte.

La maladie est surtout dramatique par la rapidité de son évolution et par les phénomènes d’asphyxie. Toutefois, selon nombre d'auteurs, il serait exagéré de trop s’épouvanter de la dyspnée, attendu qu'après 48 à 60 heures le pseudo-œdème cesse d'augmenter et reste stationnaire durant 3 à 4 jours pour diminuer ensuite lentement.

Enfin, l'affection est grave en tant que maladie infec-

OU

tieuse et l’on peut assister à la mort du sujet quoique la trachéotomie ait été opérée.

Plus favorable est le pronostic lorsque l’abcès chondropathique se développe à l'extérieur du larynx et devient, de ce fait, aisément accessible à la thérapeutique (Observ. XII, XIV). Non seulement, alors, la vie du malade ne se trouve pas menacée, mais la guérison s'obtient généralement dans d’assez bonnes conditions. Néanmoins, il ne faut pas oublier qu’une complication fort désagréable peut survenir et est à redouter dans ces cas relativement bénins, à savoir la fistule externe qui s'établit soit spontanément, soit à la suite de l'intervention chirurgicale, et qui entretient une interminable suppuration (Observ. VIIT).

Quant à la chondro-périchondrite tardive, consécutive aux ulcérations, on peut considérer son pronostic comme intimement lié à celui de la phtisie laryngée à sa période terminale. C’est dire qu'il est des plus sombres. Il se trouve aggravé par ce fait que la maladie a toujours tendance à progresser : les ulcérations ne se cicatrisent pas ou se cicatrisent seulement par endroits en se reproduisant dans les tissus voisins ; la destruction du squelette cartilagineux se poursuit plus ou moins vite et même si, par hasard, une amélioration survient, la tuberculose pulmonaire, généralement coexistante, amène la terminaison fatale.

La myopathie compliquant l’arthrite, les pseudo-ankyloses ou ankyloses vraies de larticulation crico-aryténoidienne assombrissent le pronostic des chondro-périchondrites, car elles peuvent déterminer une dyspnée intense nécessitant la trachéotomie d'urgence.

C’est une très grave complication que l’emphysème sous-cutané du cou, susceptible d’une généralisation plus ou moins étendue, qui se produit, par suite de la perforation d’un cartilage, le plus fréquemment du thyroïde, à travers un trajet fistuleux (Observ. IX et X).

En somme, l'issue la plus favorable est la sténose du larynx, laquelle peut être telle cependant qu’elle ne permet pas au malade de se passer, après plusieurs années, de la canule trachéale.

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