‹ De la Chondro-péricondrite tuberculeuse du LarynxChapitre 20 sur 31 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Périchondrite thyroïdienne.

(CALAMIDA. — Archivio ilalian. di otologia, etc, vol. XVI, fasc. I, novembre 1904, page 46.)

La lésion se caractérisait : 1° extérieurement, par une collection fluctuante du volume d’un œuf de poule, située sur la région médiane du cou au niveau de l'angle du thyroïde; 2° intérieurement, par une tuméfaction rouge de toute la moitié gauche du larynx. Depuis 2 ans, la voix était couverte et, depuis un mois seulement, était survenue la grosseur cervicale et un peu de dysphagie. L'abcès ayant été ouvert, il resta une fistule suppurante au fond de laquelle le stylet sentait le cartilage dénudé: un curettage montra qu'il existait une nécrose de toute la lame gauche du thyroïde. Il s'agissait d'une périchondrite tuberculeuse primitive, d’origine vraisemblablement hématogène, car il n'existait pas d’ulcération laryngée.

CBS ERVATIONSANT

Laryngite nécrosique avec perforation étendue du Cartilage thyroïde chez un tuberculeux.

(D' SCHMIDT, aide-major à Versailles. — Pulletin de la Société anatomique de Paris, 1879, page 450.)

Archambaud, artificier au 11° régiment d'artillerie, 41 ans, 23 ans de service, mort le 4 mai 1870, à l'hôpital de Versailles.

Les poumons étaient farcis de tubercules. Vastes cavernes à gauche. Granulations tuberculeuses dans les méninges et le péritoine. Pas d’antécédents syphilitiques.

Ce qui fait l'intérêt de l'observation, ce sont les lésions du larynx. On trouve, en effet, à la hauteur du cartilage thyroïde, entre les muscles sternothyroïdiens, une petite poche purulente de la grosseur d'une noix, assezbien circonscrite, non entourée d’emphysème, communiquant, par un trajet à travers le cartilage thyroïde, avec la cavité du larynx. Vuede l’intérieur, la fistule a la forme d’une fente verticale, commençant au niveau des cordes vocales inférieures pour remonter à 2 centimètres plus haut. Cet orifice est obstrué par des grumeaux purulents et de petits grains durs d'aspect osseux que l’on reconnaît pour être des séquestres. Le reste de la muqueuse a la rougeur de la laryngite, mais, en aucun point, on ne peut distinguer la moindre trace d’ulcération, la plus petite saillie tuberculeuse. Les cordes vocales sont indemnes. Débarrassé du pus et des séquestres, l’orifice fistuleux interne a une forme ovale de 2 centimètres: et demi de haut sur 1 centimètre et demi de large. L’orifice externe est beaucoup plus allongé et atteint le bord supérieur du cartilage.

Rien, pendant la vie, n’avait pu faire supposer ces lésions. L’examen laryngoscopique n’avait permis de rien découvrir. Quant à la voix, elle n'était pas, à la vérité, normale, mais elle ne différait pas de celle d’une laryngite ordinaire et, par moments, dans ses accès de délire que causaient les tubercules méningés, le malade incommodait ses voisins par des chants religieux et notamment le 7'e Deum.

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