‹ De la Chondro-péricondrite tuberculeuse du LarynxChapitre 21 sur 31 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

Nécrose du Cartilage thyroïde.

Rétrécissement de la Glotte consécutif à la trachéotomie. Ulcération due au séjour de la canule.

(BourGEo!s. — Bulletin de la Société anatomique de Paris, 1870, XLV, 135.)

M... Maria, 26 ans, couturière, a eu des accidents scrofuleux dans son enfance et porte, sur le visage, des traces de scrofulides plus récentes. Sa mère est morte phtisique. Pas de syphilis.

Elle tousse habituellement depuis 3 ans. Au mois de juin 1868, enrouement et laryngite qui persistent depuis plusieurs mois. En novembre, les accès de suffocation débutent. En décembre, elle entre à Necker, service de M. Lasègue. Au bout de peu de jours, la suffocation devient imminente. On fait la trachéotomie. Mais l’æœdème de la glotte persiste. On est obligé de laisser la canule. Elle sort quelque temps après et, pendant le cours de l’année 1860, elle entre à la Pitié. Là, son larynx examiné au laryngoscope ne montre aucune lésion. Elle vient à la Charité (service de M. Pelletan, salle Sainte-Marthe), portant toujours une canule. L’ancienne avait été remplacée par la canule de M. Broca, au moyen de laquelle on espérait l’habituer à respirer par les conduits naturels. Grâce à cet instrument, elle parvenait à parler d'une voix un peu rauque; par conséquent, l’occlusion incomplète de la soupape forçait l'air à passer en petite quantité par le larynx, mais dès qu'on rendait l’occlusion plus complète ou qu'on enlevait tout à fait la canule, la suffocation reparaissait.

La phtisie fait des progrès rapides. On perçoit, à l'auscultation de la poitrine, des râles nombreux et des signes de cavité surtout dans le poumon droit. L’expectoration, un peu fétide et purulente, devient très abondante. La fièvre hectique apparaît et des thromboses se forment dans les membres inférieurs. Mort, le 24 janvier.

Autopsie, — Poumons parsemés de pneumonie caséeuse en masses ramollies. Foie gras.

Le larynx présente un rétrécissement très notable de la glotte résultant d’un retrait cicatriciel des cordes vocales inférieures, surtout celle du côté gauche dont la longueur est de 2 millimètres inférieure à celle de la corde vocale droite. Les ventricules sont intacts. Maïs, au-dessous de la corde vocale la plus courte (la gauche), on voit un petit orifice fistuleux qui permet de glisser un stylet jusque vers le bord supérieur du cartilage thyroïde. Ce cartilage est ossifié et présente à ce niveau un petit foyer contenant des parcelles nécrosées. Un peu plus bas, existe l’ouverture de la trachée donnant passage à la canule. L’orifice cutané est cicatrisé. Audessous de l’orifice interne est une ulcération longue de 25 millimètres, à bords taillés à pic, ayant détruit la muqueuse et les cartilages euxmêmes. Elle occupe la paroi antérieure et correspond à la pointe de la canule qui, ne remplissant pas la cavité trachéale, venait heurter la paroi de ce conduit pendant les efforts de toux.

Cette présentation montre, outre la lésion primitive, les altérations consécutives à la présence prolongée d’une canule : rétrécissement de ia glotte, ulcération de la trachée.

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