LÉSIONS ARTICULAIRES
Lorsque l’ulcération siège à la base de l’aryténoïde, il est de règle que larticulation crico-aryténoïdienne soit envahie. Alors, les surfaces articulaires deviennent rugueuses, prennent une coloration jaune rougeâtre, s'infiltrent de sels calcaires, tant du côté du cricoïde que du côté de l’aryténoide.
Gougenheim et Tissier ont constaté, dans six autopsies consécutives, que « alors que le cartilage aryténoiïde était « profondément atteint, la portion articulaire seule du « cricoide était intéressée dans une profondeur peu consi- « dérable. Sur une coupe, on constatait une légère bande « opaque, jaunâtre, calcaire, de deux à trois millimètres « d'épaisseur environ, au niveau de l'articulation, alors que « le reste du cartilage était normal. Il était évident, dans « ce cas, que la marche du processus s'était faite de l’ary-
« ténoïde au cricoïde : on a signalé la marche inverse bien « plus rare. »
Dans l’intérieur de l'articulation, devenue très mobile, dès que sont détruites les adhérences extra-articulaires, on trouve un pus séreux, mal lié, en plus ou moins grande abondance.
La fait qu'il se produit des adhérences à proximité des articulations a été interprété par quelques auteurs comme une véritable ankylose due à un transsudat plastique endoarticulaire qui, dans la suite, s'organise en cicatrice. (Schrætter, Lennox-Browne.)
Mais des études ultérieures ont prouvé que, le plus souvent, il s’agit d’une pseudo-ankvylose, c’est-à-dire d’une limitation des mouvements de l’articulation déterminée par des brides cicatricielles extra-articulaires. En somme, l’ankylose vraie d’origine tuberculeuse, produite par l’adhérence des deux surfaces articulaires altérées, ne se rencontre presque jamais et l’on peut la considérer comme aussi rare qu'est fréquente la pseudo-ankylose de l’articulation cricoaryténoïdienne de même origine, due notamment à l'infiltration périphérique des tissus circumarticulaires.