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Dès les premiers jours il se fait autour du greffon une réaction de défense et il est bientôt noyé dans une gangue de tissu scléreux qui le fixe aux téguménts et au pourtour de l’orifice osseux. Il en résulte un bloc fibro-cartilagineux assez rigide, au bout de quelques mois, pour assurer une protection efficace du cerveau. Nous avons pu voir un blessé plastié depuis quatre mois recevoir sur sa cicatrice un coup violent sans éprouver aucun trouble, aucune douleur. (Obs. I) | |
Chez les blessés ayant présenté une hernie céré-
Fig. 3. D. François : fracture du pariétal, volumineuse hernie céréhrale.
brale, la plastie est une opération nécessaire mais délicate parce qu'ils conservent pendant très long-
Fig. 4, ‘APRÈS CHONDROPLASTIE : cicatrice Solidé $ guérison complète.
temps une tendance marquée aux troubles d’hypertension encéphalique. Il faut dans ce cas contenir le cerveau sans le comprimer, c’ést ce que réalisé parfaitement la chondroplastié.
De plus, le blessé, dont la paroi cräniéenne est restaurée, est délivré d’une crainte, d’une appréhension constante. Il acquiert une impression de confiance, de tranquillité, de sécurité, de solidité: son état moral et sa valeur active sont iramédiatéement renouvelés, ce que n’obtiénnent en aucune facon les appareils de prothèse externe. Ce sont, en quelques jours, de véritables transformations et d'après Morestin ces résultats immédiats ne se modifient pas à la
= Mpo
longue: Ils sont parfaitement stables. Les transplants cartilagineux constituent un matériel de tout
repos. : :
2 Au point de vae thérapeutique.
Comme moyen de prothèse, la chondroplastie donne certainement de beaux résultats, mais dans les accidents tardifs des plaies du crâne, la brèche osseuse n’a qu'une importance secondaire par rapport aux lésions du cerveau et de ses enveloppes : ce sont ces lésions qui constituent la pathologie essentielle des blessés.
Il importe donc de se demander quelle influence. exerce sur elles la chondroplastie.
Cette action a été et est encore très discutée:
P. Marie constate une amélioration sans disparition complète des troubles subjectifs dans un peu plus d’un quart des opérés et se demande « si en présence de ces résultats les neurologistes sont autorisés à recommander aux blessés de se soumettre à la plastie crânienne ».
Auvray pense que « le résultat au point de vue esthétique et de protection est parfait; le résultat sur les troubles subjectifs très incertain, et que d’ailleurs les opérations sont encore trop récentes pour qu'on puisse les juger ».
Pour Sicard « elle protège bien le cerveau maïs ne paraît pas modifier sensiblement la céphalée, les vertiges, l'asthénie ».
Morestin, Gosset, Mauclaire, Leriche, Villandre et nombre d’autres chirurgiens admettent qu'au point
de vue fonctionnel la plastie donne parfois des succès incontestables.
De l'examen de nos blessés, dont quelques-uns ont été suivis pendant deux ans (obs. IV, VI, VID), il ressort que la guérison complète, précoce est rare (elle peut cependant se constater chez des blessés ne présentant que des troubles subjectifs légers). Cruchet. 6 ;
Le plus souvent il se fait une amélioration lente,
progressive de l'état général, les troubles nerveux régressant d'autant plus rapidement que les lésions causales sont moins graves et peuvent être atteintes plus directement par la plastie.
1° Les troubles subjectifs.
On constate parfois dans les jours qui suivent . l'intervention une recrudescence des troubles subjectifs due au traumatisme opératoire. Cette complication, lorsqu'elle n’est pas le fait d’une contre indication passée inaperçue ou négligée, n'est que passagère. | ;
Plus généralement, la plastie est suivie d’un état stationnaire pendant un temps variable suivant les cas, puis lentement la régression des troubles se fait.
La céphalée, souvent aiguë, lancinante avant l'opération, diminue d'intensité et change de caractère : ce n’est plus la douleur spontanée qui apparaît à heures fixes, le matin, le soir ; elle est surtout provoquée par les mouvements brusques, la lumière
intense, le surmenage physique ou intelléctuel et par les variations barométriques auxquelles les blessés restent fort sensibles péndant longtemps.
Puis à mesure que la greffe se consolide, et que se rétablit l'équilibre encéphaliqué, la céphalée s’atténue et finit souvent par disparaître entièrément.
Les pseudo-vertiges, les éblouissements, les bourdonnements d'oreille et l’état d’instabilité de la marche qui accompagne ces troubles suit la même évolution : régression lente, mais progressive. |
Dans trois cas (obs. I, XV, XIX) nous avons vu - disparaître complètement en quelques mois tous les troubles subjectifs, Däns les autres cas, les troubles sont toujours en voie d'amélioration.
Les troubles de la parole se rencontrent rarement après la plastie ; ce sont surtout des troubles du langage. Gomme les troubles de la mémoire, de l’intelligence, ils sont tenaces et ne semblent pas nettement modifiés par la plastie, car après l'intervention on retrouve, toutefois à un degré moindre que chez les blessés non plastiés, ces séquelles mentales rebelles, qui font de certains trépanés de véritables : infirmes intellectuels.
2° troubles de localisation
L'action de la chondroplastie sur les troubles de localisation dépend essentiellement dé leur étiologie. re
a) Lés troubles moteurs par excitation, les contractures localisées, tous lés phénomènes classés sous la dénomination d’« équivalents épileptiques », les crises d’épilepsie jacksonienne vraies s’amendent
léntemént, à condition que lacicatrice ait été soigneu- ‘séméent excisée et que la greffe ne comprime pas le cerveau.
Toutefois, après disparition de ces troubles il persiste chez les blessés ün état asthénique, une fatigabilité musculaire qui leur rend difficile tout effort soutenu. 2e
b) Les troubles moteurs par déficience, parésies ou paralysies (hémiplégies, monoplégies, diplégies) régressent également ét parfois assez vite «en allant de Ja périphérie vers la racine du membre, à la mañière d'un vêtement qu'on retirerait peu à peu » selon l'expression dé Mürard. Mais il est difficile alors de connaître l’action de la plastié car on observe une évolution analogue de ces troubles chez les blessés qui n ont subi aucune intervention réparatrice.
c) troubles sénsitifs
Les troubles de la sensibilité superficielle consécutifs à lirritation de la zône sensitivo-motrice (hypoesthésies diffuses, dysesthésies.., etc) paraissent seuls être améliorés par la plastie crânienne.
d) Troubles sensoriels. |
A côté des troubles subjectifs précédemment décrits, on constaté souvent des lésions de l'appareil oculaire (amaurôse, hémianopsies, inégalité pupillaire, étc), des troubles de l'appareil auditif (hyperacousié douloureuse, surdité passagère. etc), des troubles Jabyrinthiques (vertiges), Ces troubles ont une étiologie complexe qui explique bien la variabilité des résultats Gbtenus sur eux par la chondro-