‹ De La Chondroplastie Dans Les Pertes De Substance Du Crâne Par Projectiles De GuerreChapitre 23 sur 44 · LOGS · texte numérisé non relu

LOGS

plastie. Il est certain néanmoins qu'ils relèvent souvent de lésionsirritatives du cortex ou du déséquilibre encéphalique et qu'alors ils peuvent tirer les plus grands bénéfices de la paroi crànienne.

e) Troubles vaso-moteurs.

Les troubles vaso-moteurs (congestion de la face, bouffées de chaleur, crisesdetachycardie passagères. etc) ne sont pas modifiés notablement par la plastie. Ils ne sont d’ailleurs jamais très incommodants pour les blessés qui les ignorent souvent.

En résumé, au point de vue prothétique, la chondroplastie donne les meilleurs résultats : rapidité de fixation du greffon, protection efficace du cerveau et suppression des mouvements d'expansion au

niveau de la cicatrice, des lésions disgracieuses et

des troubles névropathiques.

Au point de vue thérapeutique on constate une amélioration notable des troubles nerveux relevant de l’irritation des méninges et de l’écorce cérébrale et des symptômes de déséquilibre- céphalo-rachidien.

Quel est l'avenir du grefîffon ?

Toutes les opinions ont été émises :

1° Jl peut s'ossifier : c'est l'opinion de Soubeyran :

« quant à l’avenir du cartilage on peut être rassuré, dit-il ; sur des radiographies faites plusieurs mois après on a pu voir des noyaux d’ossification dans le

greffon cartilagineux ».

2° 7 se résorbe. De Martel, Imbert ont des doutes sur la vitalité des greffons et Dambrin considère que

NE Le ‘

Mai EN

toutes les greffes constituent des corps étrangers.

3° Il vit sans se.modifier. C'est l'opinion de Morestin « le cartilage vit sans se résorber, sans subir de modification appréciable. Les fragments transplantés se greffent réellement, ils vivent de leur vie normale et s'adaptent avec une rapidité extrême à leur nouvelle condition d'existence.

Il est nécessaire pour trancher la question de voir quelle est l’évolution histologique du cartilage greffé et ayant évolué cliniquement sans accident.

Deglos et Villandre ont eut l’occasion d'examiner des greffons multiples implantés depuis % mois. Leurs constatations ont été les suivantes :

A l'examen : les greffons étaient englobés dans une gangue solide de tissu conjonctif mais aucun d'eux ne fusionnait avec les voisins.

Macroscopiquement « ils ne présentaient aucune altération, pas de traces d’ossification et à la coupe ils donnaient l’impression de sortir de la paroi thoracique »).

Microscopiquement : un faible grossissement ne montre que de légères altérations, la disposition des cellules est moins régulière que dans le cartilage normal, il ya moins de cellules filles.

À un fort grossissement on constate que le protoplasma cellulaire est moins net et que les noyaux prennent moins bien le colorant.

Dans la zone périchondrale les cellules manquent assez souvent de capsule. Il y a une tendance à la transformation conjonctive du cartilage par la couche

LR

interne du périchondre dont la couche externe évolue vers la transformation fibreuse.

Néanmoins on trouve dans cétte zone externe des cavités vasculaires contenant des hématies.

Leriche et Villandre ont examiné dans les mêmes conditions deux greffons chondro-cartilagineux ayant évolué de façon cliniquement parfaite.

Leur étude permet de constater que :

1° le greffon est solidement fixé aussi bien par sa face hyalo-cartilagineuse que par sa face périchondrale aux tissus conjonctifs*de la paroi crânienne.

2° la partie du greffon constituée par du cartilage hyolin est en voie de dégénérescence.

Les cellules cartilagineuses sont vacuolaires, les noyaux sont ratatinés, souvent incolorables : les

colorants montrent qu’elles ont subi la dégéné- rescence graisseuse. ee.

La substance fondamentale est également modifiée : |

A son intérieur on voit apparaître des fibrilles

collagénes et elle ne prend plus les colorants que dans la zone péricapsulaire. .

- De plus, sur la ligne de contact avec le tissu conjonctif porte-greffe on voit des cellules conjonctives du type fibroblaste “pénétrer en coins dans le cartilage. Fe = 3° La partie fibro-cartilagineuse du greffon est restée vivante : les cellules semblent s'être multipliées (par amitose) et avoir pénétré dans le cartilage hyalin. | La substance fondamentale est normale.

De ces deux observations il résulte que le tissu fibro-cartilagineux et fibreux du greffon seuls se sont fixés, le tissu hyalo cartilagineux dégénère lentement et est envahi par des éléments conjonctifs jeunes provenant dupérichondre. Ces éléments le résorbent peu à peu, édifient à ses dépens du tissu fibreuxet on aboutit à l’organisation dans la région d’un processus de sclérose. » |

Telle est la conclusion tirée par les auteurs maisil est permis à notre avis d'envisager une solution plus favorable encore. En effet les expériences de Loven, de Stiéda, de Tourneux ont démontré que les cellules cartilagineuses ne jouent qu’un rôle secondaire dans la production de la substance osseuse et que les seuls véritables ostéoblastes sont les éléments qui arrivent avec les vaisseaux. « Le tissu osseux n'est pas dans l’ossification enchondrale une transformation du tissu cartilagineux ; il.se substitue à lui, le remplace mais n’en dérive pas, Il est produit par un tissu conjonctif embryonnaire qui bourgeonne dans le cartilage. » |

« Gegenbauer a même proposé de remplacer l'expression d’ossification enchondrale par celle d'ossification endochondrique quiexprimerait mieux ce fait que l'os se forme dans le cartilage en lui empruntant seulement ses cavités et non ses éléments » (M. Duval).

I s’agit là évidemment d’un tissu vivant dans ses conditions normales. Peut-on en tirer conclusions pour la greffe cartilagineuse ? Elle n’est pas dans des conditions normales :

EUR) pese

Le greflon semble pouvoir jouer dans certains

cas le rôle de conducteur de l’ossification, son adhé-

rence intime aux tissus voisins, la pénétration par cellules ‘eunes périchondrales et surtout la présence de vaisseaux dans la couche active sont en faveur de cette hypothèse.

D'ailleurs sur plusieurs radiographies de chondro- | plastie anciennes nous avons pu constater des zones opaques disséminées a la périphérie de la greffe.

Traduisent-elles une calcification du cartilage ou

des noyaux d'ossification comme l'a prétendu Sou-

beyran ? C'est ce que le temps démontrera.

SPL

Page 1